Programmes 2008 du primaire

Si les « fondamentaux » sont le français, l’arithmétique et la géométrie, l’histoire et la géographie suivent immédiatement dans l’ordre d’importance, et pas seulement parce qu’elles permettent aux élèves de « se repérer dans le temps et dans l’espace », selon le jargon à la mode, mais surtout parce que cela les familiarise avec le pays dans lequel ils vivent, et associe des images fortes au mot « France ».

Ensuite, à condition de faire l’objet de la transmission de connaissances structurées, précises et mémorisées, cela leur donne les bases qu’ils pourront élargir progressivement, par l’école et hors de l’école.

Parmi ces connaissances, certaines devraient être sues « par cœur » à la fin du CM2, d’autres devraient pouvoir être retrouvées par l’élève dans un manuel d’histoire ou dans un atlas.

CP – CE1

Les programmes sont succincts. En histoire, connaître quelques dates et personnages de l’histoire de France, et prendre conscience de l’évolution des modes de vie. Pour respecter la nécessité pédagogique de la répétition, nous espérons que des dates et les personnages en question se raccorderont au programme de CE2 – CM2.

Sans doute les maîtres pourront-ils placer sur l’échelle du temps les événements qui intéressent directement les enfants : leur naissance, celles de leurs parents et grands-parents, etc…

En géographie, nous approuvons la mention relative aux représentations simples de l’espace familier. Il est toutefois étonnant que l’énumération des formes usuelles de représentation de l’espace ne mentionne pas les plans, d’un usage courant dans le monde proche, dont la relation avec la géométrie est évidente, et qui se prêtent aux travaux pratiques.

CE2 – CM2

Passons sur le fait d’avoir inclus l’histoire et la géographie dans un chapitre intitulé « Culture humaniste ». Ces deux disciplines sont ainsi ennoblies par une filiation idéale  (3)

Histoire

Nous approuvons le choix explicite de six époques qui devront être traitées dans l’ordre chronologique, et l’objectif que les élèves apprennent quelques grands repères. Nous notons qu’il s’agit pour l’essentiel de l’histoire de France.

Nous désapprouvons l’absence de progression annuelle, qui risque de conduire à des situations telles que tous les élèves d’une classe de CM2 n’aient pas appris les mêmes choses au cours des années précédentes.

Géographie

Le programme comporte une idée de progression annuelle, mais ce n’est qu’une proposition.

Nous regrettons l’imprécision de la rédaction, qui ne permet pas de distinguer ce qui relève de l’information (facilité par les aides pédagogiques modernes) et ce qui relève de l’instruction, c’est-à-dire des savoirs structurés à transmettre. C’est le cas de l’expression « étude des cartes » figurant dans 4 des 6 chapitres du programme.  (4)

Après un premier chapitre raisonnablement consacré aux réalités géographiques locales, quatre des cinq restants associent soit la France et l’Europe, soit la France et le monde. De même, dans le second palier du socle : compétences attendues à la fin du CM2, quelques mentions sont relatives à la géographie, mais le mot France n’y figure pas.

Or, si l’on veut dispenser un enseignement raisonné, qui apprenne à l’élève à rapprocher les différentes caractéristiques d’un territoire (géographie physique, population, économie, etc…), les deux territoires les plus pertinents sont ici d’une part la région où vit l’élève (qui n’est pas la région administrative comme le laisse supposer la teneur du premier chapitre), d’autre part la France. L’Europe et le monde ne peuvent faire l’objet que d’une information.

La comparaison des principales caractéristiques des deux territoires est en rapport direct avec les grandeurs étudiées en mathématique.

Nous désapprouvons les références répétées au développement durable, à la pollution, aux risques et préventions. Ce sont des questions d’actualité, qui concernent les citoyens adultes, et qui suscitent des controverses. Elles n’ont pas leur place à l’école primaire.

(3) La culture humaniste est la « compétence 5 » du fameux socle. On notera avec regret qu’il n’en est pas question en maternelle, et que pour CP et CE1 elle ne figure pas dans l’exposé des programmes ; mais elle apparaît dans le « premier palier pour la maîtrise du socle commun ». C’est un exercice obligé, réservé aux experts.

(4) L’étude des cartes peut avoir plusieurs significations :
– examiner une carte, la décrire de façon claire et dans un ordre raisonnable, oralement ou par écrit
– trouver sur une carte une information, une localisation
– renseigner une carte muette
– tracer de mémoire une carte
– etc…

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