Comparatif des programmes des candidats 

Nous nous limitons aux propositions concernant l’enseignement (dit “éducation”) figurant dans les programmes écrits consultables au 20 mars sur les sites des candidats. Nous ne voulons, ni ne pouvons, prendre en compte toutes les déclarations orales.

Les programmes des candidats comportent beaucoup de généralités ; on n’y sent pas l’impact des réalités déplaisantes de notre enseignement primaire et secondaire, que la majorité des candidats semble ignorer.
L’une des raisons est peut-être que dans les sondages d’opinion, la primauté revient au chômage, au pouvoir d’achat et à la protection sociale ; l’enseignement vient bien après. Les conseillers en com’ ont dû déconseiller aux candidats d’évoquer un désastre national qui obère l’avenir de la France bien plus que les difficultés économiques et sociales ; car ces dernières peuvent être résolues en 10 ans – il suffit de faire ce qu’ont fait les autres pays développés – alors que pour l’enseignement, il faudra 30 ou 40 ans pour rétablir la seule place digne de la France : au premier rang. Nos futurs concurrents, asiatiques et autres, galopent.

Certaines idées semblent communes, ce qui est en soi une bonne chose :

– l’autonomie, terme déjà galvaudé par Najat Vallaud Belkacem et dont la définition précise n’est jamais donnée ;
– le développement de l’enseignement professionnel ;
– l’importance des premières années des enfants, de la naissance à 7 ans.

Par contre, d’autres questions essentielles sont ignorées :

– l’impératif de la diversité des parcours scolaires, et donc de mettre à sa juste place, sans plus, l’enseignement général ;
– le sort des élèves fragiles et décrocheurs ;
– l’énorme chantier de la formation et du perfectionnement des enseignants, tant pour la maîtrise des disciplines académiques, que dans les pratiques du métier.

On notera enfin la discrétion des candidats au sujet de l’enseignement privé. La plupart des candidats ferment les yeux sur le dynamisme de l’enseignement privé et l’attraction qu’il exerce : demandes d’inscriptions du privé sous contrat artificiellement bloquées, création de près de cent écoles hors contrat chaque année malgré d’énormes difficultés financières, acceptation de l’hypothèse d’un passage dans le privé par près du quart des enseignants du public, d’après un récent sondage.
Beaucoup de propositions ne concernent visiblement que l’enseignement public.

Or, la liberté réelle de l’enseignement privé, et l’établissement d’une concurrence efficace et stimulante avec l’Education nationale, supposent remplies deux conditions essentielles :
– d’une part, l’instauration d’un système d’examens obligatoires dans le public comme dans le privé, examens contrôlés par une autorité indépendante de l’Education nationale ; de tels examens ne peuvent reposer que sur des objectifs en termes de transmission des savoirs, objectifs qui devraient être fixés par le Parlement.
– d’autre part, un financement par élève du privé égal à celui du public ; ce financement devrait être fortement accru, d’une part en faveur des petits enfants jusqu’au CP inclus, d’autre part en faveur des enfants de parents économiquement faibles.

ANALYSES

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