Maria Montessori est née en 1870. Elle s’est surtout occupée d’enfants en difficulté et de milieux sociaux défavorisés. Ces enfants dont elle sentait bien qu’ils réussiraient mieux si elle encourageait leurs efforts plutôt que de pointer leurs erreurs.

Ce regard sur l’élève, de nombreux maîtres le portent, sans rien savoir de Montessori. Alors, comment expliquer le succès de cette enseignante du 19è siècle dont tout le monde parle aujourd’hui ? Faut-il succomber à cet effet de mode ? Peut-on y voir autre chose qu’une juteuse affaire commerciale ?

Les périodes sensibles de l’enfant, de 0 à 6 ans

Maria Montessori fut un jour fascinée par l’activité d’un enfant. Bien qu’habituellement agité, il était concentré sur une même tâche depuis plus d’une heure. Il commençait et recommençait en quête de succès. Elle découvre ainsi les périodes sensibles de l’enfant. Ces années pendant lesquelles il aura un attrait et une facilité pour intégrer quelque chose. Le langage, l’ordre, les perceptions sensibles, les mouvements, etc.

Pour Maria Montessori, les 6 premières années de la vie de l’enfant sont essentielles. Et les neurosciences le confirment. A la naissance, l’enfant possède un cerveau et toutes les potentialités qui vont avec, avec une plasticité étonnante. L’architecture de son cerveau se développe alors à une vitesse phénoménale sous l’effet de ses interactions avec son environnement.

C’est l’âge des expériences multiples. Tout est découverte. Tout est occasion d’apprendre. Si l’enfant a la possibilité de s’intéresser à ce qui lui plaît, sa motivation entraîne un apprentissage immédiat. Face à une tâche, l’enfant va la recommencer jusqu’à la réussir et en avoir une bonne maîtrise. Pas besoin de le pousser : il veut faire tout seul.

C’est aussi l’âge du mimétisme et il serait bien ingénu de croire que l’enfant va tout apprendre seul. S’il réussit à posséder le langage, ce n’est pas parce qu’il l’a trouvé en lui-même, mais parce qu’il l’entend de ses parents et de ses proches. L’enseignement explicite est aussi essentiel que le fait de laisser l’enfant faire ses expériences. Si l’enfant n’arrive pas à surmonter un obstacle, il serait bien cruel de le laisser là : je lui montre comment faire. S’il ne comprend pas quelque chose, je lui explique. S’il m’imite ou m’écoute, il va réussir et s’en trouver heureux. Si c’est trop tôt pour lui, cela viendra plus tard, mais je n’aurais pas laissé passer l’occasion de le faire grandir.

La tenue du crayon

Prenons ce simple exemple. L’enfant va rapidement vouloir tenir un crayon pour dessiner ou faire semblant d’écrire. Il est rare qu’il le tienne bien du premier coup. Nous lui laissons faire ses expériences. Il doit apprendre à dessiner. Mais ne laissons pas passer le moment où il sera capable de bien tenir son crayon. Si nous laissons faire, de mauvaises habitudes s’installeront qu’il sera difficile de corriger ultérieurement.

Montessori, un état d’esprit à cultiver

Maria Montessori n’est pas qu’un effet de mode. C’est un état d’esprit qu’il est intéressant de cultiver pour accompagner au mieux l’enfant dans ses apprentissages. A son rythme, en ne ratant pas les grandes étapes, en mettant à profit les périodes sensibles, en lui proposant diverses expériences. De ce point de vue, une sortie en forêt est une activité Montessori, à condition de laisser l’enfant jouer à l’explorateur, en partageant les découvertes et en les nommant.

Accompagner en Montessori, ce n’est pas simplement observer l’enfant faire seul, c’est l’observer pour pouvoir le guider à partir de là où il se trouve. C’est le rejoindre avant de l’entraîner. Tout un art qui peut porter d’innombrables fruits et développer chez l’enfant une grande confiance en lui. Oui cela vaut vraiment la peine de s’intéresser à Montessori !

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