Méthodes mixtes ou à départ global

Il est difficile de formuler une définition des méthodes mixtes en termes positifs. Elles ne sont ni purement globales, ni purement alphabétiques. Elles veulent associer l’intérêt pour l’approche globale et la nécessité reconnue d’apprendre la maîtrise du "code" alphabétique à partir des lettres et des sons, simples puis complexes.

Les méthodes mixtes procèdent d’un "départ global". Il s’agit de faire reconnaître et apprendre la correspondance entre lettres et sons à partir de mots qui alors ne sont connus que de façon globale. On utilise pour faciliter la mémorisation des "mots repères", "mots outils", etc…
La difficulté à concilier deux méthodes fondamentalement opposées a conduit à la multiplication des manuels, et a aussi obligé nombre d’enseignants à construire leur propre méthode.
Il existe donc dans la pratique beaucoup de variantes des méthodes mixtes. Outre leur filiation "globale", leur véritable point commun est de se trouver en contradiction avec la méthode alphabétique.
Il y a une relation de cause à effet entre l’approche globale des méthodes mixtes et des troubles majeurs observés chez les enfants, comme le prouve notamment l’épidémie de fausse dyslexie de ces dernières années.

Sans doute l’approche globale n’est-elle pas la seule cause d’échec. On sait que les effets ne sont pas les mêmes sur tous les enfants : faiblesse en lecture, dysorthographie; nous verrons pourquoi.
Certains auteurs avancent que seulement 30 à 35 % des enfants pourraient effectivement apprendre quelle que soit la méthode. Quant aux autres, si l’on prend en compte les taux d’illettrés, de mauvais lecteurs incapables de suivre utilement des études secondaires, de ceux qui, poursuivant leurs études, montrent de graves déficiences dans l’expression écrite, on retrouve les victimes des méthodes mixtes qui n’ont pas eu la chance d’un rattrapage lorsque c’était encore possible.

Les méthodes mixtes doivent être absolument proscrites.
Il suffirait d’ailleurs de stopper la désinformation officielle à l’égard des méthodes alphabétiques, de lever les interdits sournois qui la frappent, pour que beaucoup d’enseignants s’y rallient, avec le sentiment d’être libérés de la contrainte d’avoir à concilier sans cesse deux approches incompatibles : celle que leur impose le système et celle qu’exigerait d’eux le désir de donner aux enfants ce dont ils ont besoin.

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