Les résultats de nore système éducatif : évolutions – comparaisons

Face à cette profonde transformation du monde que peut-on dire des résultats de notre système éducatif ? Pour les apprécier, on peut se situer dans le temps : les résultats du système par rapport à lui-même ; ou dans l’espace : son niveau de compétitivité par rapport à ses concurrents.
Mesuré sur la durée, le niveau monte. Encore faut-il préciser la portée de cette affirmation. « Le niveau monte » signifie que le niveau de formation de l’ensemble d’une classe d’âge est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’était il y a trente ans. Plusieurs indicateurs l’attestent, comme le nombre des sorties sans diplôme du système de formation : ils étaient plus de deux cent mille au début des années soixante-dix — le quart d’une génération — ils ne sont plus que soixante mille aujourd’hui -moins de 10 %. Les résultats aux tests des armées sont plus probants encore. En effet, leur exploitation a permis de mettre en évidence que le niveau moyen des conscrits a progressé de 25 % environ en une génération.
En revanche « le niveau monte » ne signifie pas qu’à chaque étape de leur scolarité (fin de primaire, CAP-BEP, baccalauréat…) les élèves d’aujourd’hui surpassent leurs homologues d’hier en termes de connaissances scolaires. Les évaluations pratiquées depuis une vingtaine d’années font état d’une quasi-stagnation. Il n’y a pas à s’en étonner : les Etats-Unis ont connu une période longue — du milieu des années soixante au milieu des années quatre-vingt — de dégradation du niveau constaté à la sortie de l’enseignement secondaire confirmant ainsi qu’un grand système éducatif pouvait régresser.

Les enseignements que l’on peut tirer des résultats des évaluations internationales sont plus contrastés. La France n’est pas en mauvaise position, mais nous devons renoncer à une autosatisfaction qui serait loin d’être justifiée : nous n’avons plus — si cela a jamais été — le meilleur système éducatif du monde. En réalité les tests pratiqués, notamment en mathématiques et en sciences sur les élèves de 13 ans, un âge où les cartes sont déjà largement distribuées, font apparaître quelques grands points de repère :

•  Les pays d’Asie : Singapour, Corée du Sud, Taïwan, Japon…, viennent systématiquement en tête. Les écarts qui les séparent des pays occidentaux sont significatifs et représentent même plusieurs dizaines de points avec les Etats-Unis ;

•  En Europe, les « petits pays » (Suisse, Slovénie, Hongrie…) sont plus performants que les grands (Allemagne, Grande-Bretagne, France…) et, au sein de ces derniers, la France réalise de meilleurs scores que ses voisins en mathématiques, mais moins bons en sciences. Au total, elle se situe dans une honnête moyenne ;

•  L’enseignement secondaire américain est stabilisé à un niveau bas et se situe invariablement aux derniers rangs des pays développés.

Il ne s’agit que de la mesure des performances scolaires. Si elles ne permettent pas de prévoir de manière univoque les futurs niveaux de productivité, elles permettent d’en préjuger et d’entrevoir d’où seront issus, au XXIème siècle, les scientifiques et les ingénieurs de haut niveau.
  

Jean-Pierre BOISIVON Professeur émérite à l’Université Paris II Panthéon-Assas Délégué général de l’Institut de l’Entreprise

Extrait d’une Conférence prononcée le 26 mars 2001 à l’Académie des Sciences Morales et Politiques www.asmp.fr

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