La Sagesse du Professeur de français

Cécile REVERET
Editions L’œil neuf – 2009

Ce livre est une petite merveille : petit par ses 96 pages et son format de 20 centimètres sur 10, merveille par sa simplicité et son sérieux.
Professeur de lettres classiques, donc de français, latin et grec, amoureuse de la grammaire, acharnée à transmettre ses savoirs, Cécile Revéret est une battante. Elle nous invite à survoler trente ans de carrière dans le "93" : souvenirs, anecdotes exemplaires, propos d’élèves, forment la trame d’un récit bien vivant. Mais l’auteur ne s’en contente pas : elle veut aussi nous instruire, et elle y parvient.
La toile de fond, c’est la débâcle de l’enseignement, cette tragédie incomprise. Chapitre après chapitre, on voit le savoir se dégrader, chez les enseignants comme chez les élèves, avec la complicité d’une partie de l’Education Nationale.
Dans la débâcle, la battante se fait résistante. Mais l’histoire s’achève mal : lors de sa dernière de carrière, les barbares occupent le collège, et les résistants, si peu nombreux, perdent pied !
C’est ainsi, sans doute, que meurent les civilisations.

Sortie annoncée le 14 octobre

Introduction et extraits:


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La Sagesse du Professeur de français

Cécile Revéret, professeur de Lettres Classiques, a enseigné pendant une trentaine d’années au Collège Jean-Jacques Rousseau du Pré Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis). Elle assure également la formation en grammaire de jeunes enseignants. Elle revisite ici son expérience au long cours, dans un de ces établissements qu’on dit "difficiles"
Extrait:
."J’ai commencé, dès ces années-là, à résister. Et ce ne sont pas les quelques visites de pédagogues en mission qui auraient pu me convertir. Ainsi, on nous a demandé un jour de libérer nos élèves pour écouter une enseignante de lettres, remarquée en haut lieu pour l’originalité de ses cours. Cette dame avait été déchargée d’une partie de ses heures pour aller de ville en ville prêcher la bonne parole. En fait de conseils, elle ne nous en donna qu’un seul.

— Foin des cours de grammaire ou d’orthographe, des études de textes, etc. ! La seule chose qui plaît aux élèves, c’est leur faire écrire un roman policier. C’est ce que je fais moi-même.
— Dans quelle classe ?
— Mais dans toutes les classes : 6e, 5e, 4e, 3e.
— Combien de temps y consacrez-vous ?
— Plusieurs mois.
— Nos élèves ont déjà du mal à écrire une phrase ! Alors un roman !
— Ce qui compte, c’est que ce soit ludique.
— Comment faites-vous pour que tous les élèves participent ? Ont-ils tous assez d’imagination et de talent pour inventer et rédiger une intrigue qui en vaille la peine ?
— Ce n’est pas un problème : ceux qui n’ont pas d’idées et qui ne savent pas rédiger, je leur demande de recopier le texte des autres. Vous savez, faire de la copie, c’est un très bon exercice ! Enfin elle nous demanda comment nous occupions les cours de remédiation. Quand mon tour arriva, je pris ma voix la plus suave pour lui répondre :
— Je fais du Bled.Le haut-le-coeur qu’elle ne put réprimer à la seule évocation du Bled fut un grand moment. Devait-elle manifester son agacement devant un professeur aussi obtus ? Elle choisit un ton de commisération apitoyée."

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