Le Figaro du 22 octobre 2009 : "Réformer le lycée ? Sans doute, mais c’est le primaire qui coule !"
Luc Ferry rappelle d’abord quelques vérités qu’il est toujours bon de répéter :
"Ce sont 35 % de nos enfants qui, à des degrés divers, peinent à lire à l’âge de 18 ans". "80 % des enfants qui ratent l’apprentissage de la lecture au CP ne rattrapent jamais leur retard".
A partir de ces constats simples, la pensée de notre philosophe déraille. Il annonce l’échec patent de la "calamiteuse" réforme menée en 2007 (sic). Il incrimine la suppression d’heures dans le primaire, alors qu’il s’agit, pour l’essentiel, d’un transfert. Il reprend tous les poncifs des pédagogistes :
      – la méthode globale a disparu depuis belle lurette
     – il faut faire de l’illettrisme une grande cause nationale (au lieu de demander à l’Education Nationale de respecter sa mission !)
     – Luc Ferry ne voudrait plus voir d’élèves terminant le CE1 sans savoir lire (alors que, comme il le constate lui-même, le problème se situe en CP).
Sa seule proposition consiste à dédoubler le CP en classes de 10 ou 12 élèves, en secondant les maîtres par des "emplois-jeunes" !

Luc Ferry plane au-dessus des réalités, qui sont fort triviales : besoin massif dès la maternelle de moyens spécifiques pour développer l’expression orale des enfants mauvais francophones, impératif de généraliser l’apprentissage alphabétique en Grande Section de Maternelle et en CP.
Des classes de niveau peuvent certes être utiles lorsque, dans un établissement, l’hétérogénéité des élèves est très forte, mais à condition de placer dans les classes les plus faibles, non pas des emplois-jeunes mais des maîtres volontaires parmi les plus expérimentés.

"De grâce, taisez-vous" avons-nous déjà demandé à Luc Ferry et Jack Lang.
Pas de regrets, Monsieur Ferry, tournez la page !

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