Chers amis,

Lorsque nous ne comprenons pas la logique de ce que fait un enfant en classe, lorsqu’un enfant perd pied sans que l’enseignant ne réagisse, lorsqu’il semble évident que tel enseignant manque du bon sens et de la psychologie les plus élémentaires, et lorsque les mots adressés aux parents contiennent des fautes d’orthographe, difficile de ne pas se poser des questions sur la compétence des maîtres. Nous avons dans la mémoire collective le maître du village, respecté et érudit, auquel on avait recours pour régler les affaires importantes. De l’eau a coulé sous les ponts depuis.

La tentation serait d’en rester à un tel constat, de penser l’avenir sombre et de se décourager. Mais, ce serait une analyse erronée, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce qu’il existe de nombreux enseignants de grande qualité dans notre système éducatif, qui font ce qu’il faut et qui le font bien. Ensuite, parce que si certains maîtres ne semblent pas à la hauteur, rien n’interdit qu’ils ne le deviennent. Ils vivent leur métier avec passion, mais ils ont à gérer des conditions de travail difficiles, coincés entre une administration qui ne les laisse pas travailler en paix en les assommant de circulaires et d’exigences administratives, des conseillers pédagogiques et des inspecteurs qui pour certains semblent prendre un grand plaisir à les déstabiliser lorsqu’ils font du bon travail, et des parents qui ont de plus en plus de mal à faire confiance au système éducatif et en deviennent nerveux. Il faut bien reconnaître qu’ils ont peu de temps pour prendre du recul et réfléchir sereinement à ce qu’ils font.

Ces enseignants sont en première ligne. L’amélioration de l’enseignement de la lecture ne pourra se faire sans eux. Et si aujourd’hui, certains ont tant de mal, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont reçu aucune formation valable à ce sujet. Pire, ils ont été convaincus du caractère essentiel de certaines pratiques pédagogiques et se croient professionnels lorsqu’ils les mettent en œuvre. Notre travail est d’arriver à les convaincre qu’ils ont été mal orientés, que l’efficacité de ce qu’ils font n’a jamais été prouvée par une quelconque étude. Ce sont les formateurs qu’ils ont eus qui furent particulièrement incompétents. Eux n’ont fait que recevoir un héritage qui leur rend la tâche d’enseigner pénible, souvent décourageante, alors qu’en renonçant à ces pratiques, en travaillant autrement, ils retrouveraient vite le plaisir d’enseigner et une réelle efficacité.

Pour cela, nous engagerons en 2012 un dialogue constructif avec les professeurs des écoles. A travers le collectif Permis de Lire !, nous souhaitons susciter un vrai débat, pas un débat d’experts mais un débat entre des hommes et des femmes au contact des réalités d’aujourd’hui. C’est aux maîtres d’évoluer ensemble vers des résultats que nous pouvons espérer exceptionnels. En effet, il n’y a aucune raison de douter de la capacité des enseignants d’apprendre à lire à tous leurs élèves à condition de les aider à aller vers les meilleures pratiques pédagogiques connues à ce jour.

Concrètement, nous publierons en janvier une lettre ouverte pour engager une réflexion avec les enseignants du primaire. Au mois de mai, nous proposerons une journée de travail à Paris ouverte aux professeurs et directeurs des écoles. Notre objectif est de faire se rencontrer des enseignants qui obtiennent d’excellents résultats avec ceux qui souhaitent profiter de leur expérience et s’améliorer.

Nous travaillons aussi sur un projet de plate-forme internet présentant les bonnes pratiques, par de courtes vidéos de maîtres expérimentés en situation de classe.

Notre objectif est clair : faire reculer les méthodes de lecture inadaptées dès la prochaine rentrée scolaire en invitant les enseignants à user au mieux de leur liberté pédagogique, et en les aidant à faire les bons choix.
Vous comprenez que tous ces projets ont un coût. Par votre soutien à quelques jours de Noël, vous nous donnerez l’impulsion nécessaire pour initier nos actions. Nous avons reçu 5 500 euros de dons depuis notre premier courriel. Il nous manque encore 9 500 euros. Nous comptons sur vous. Les enseignants ont vraiment besoin d’être soutenus et aidés pour améliorer leurs résultats.

Vous pouvez réaliser un don en ligne ou nous adresser un chèque par voie postale.

Vous pourrez déduire 66% de ce don de votre impôt à payer en 2012. Ainsi, un don de 90 euros ne vous coûtera en réalité que 30 euros.

Avec nos sincères remerciements.
Frédéric PRAT
Président de Lire-Écrire
Membre du bureau de Permis de Lire !www.permisdelire.fr
Pour faire un don en ligne : cliquez ici Pour faire un don par chèque : imprimez ce formulaire Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement, prenez, s’il vous plait, quelques instants pour signer le manifeste de Permis de Lire ! et le diffuser autour de vous. C’est très important !

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