Dans un livre récent, Bernard Kuntz, président du SNALC, et Philippe Meirieu, bien connu dans les milieux pédagogistes, débattent de l’avenir du collège unique.
Les arguments échangés portent sur deux aspects différents de la question : la conception du collège unique, tel qu’il devait être ou devrait être d’une part, la réalité d’autre part.
La réalité est indéfendable, et P.Meirieu lui-même n’essaie pas de la défendre. "Nous avons démocratisé l’accès au collège, mais nous n’avons pas démocratisé la réussite au collège"
"Aujourd’hui, le brevet n’a aucune valeur pédagogique"
"Le système d’évaluation est absurde"
(Du fait de la carte scolaire qui renforce l’exclusion de certains quartiers) "Certains collèges sont devenus des barils de nitroglycérine"
Au chapitre des réalités, B.Kuntz rappelle les mauvais résultats du collège, le faible taux de réussite des enfants d’ouvriers, le taux de chômage des 15-24 ans, les 130.000 jeunes quittant le système sans un bagage minimum.
"On peut dire que, grâce au collège, l’avenir du RSA est assuré"
La responsabilité est partagée avec le primaire, mais rien d’efficace n’est fait pour les enfants en échec à la fin du primaire.
Quant au concept de collège unique les deux protagonistes se rejoignent pour en souligner les ambigüités, "ses bases contradictoires, voire conflictuelles" (B. Kuntz)
"Notre collège est ainsi, en quelque sorte, philosophiquement rattaché à l’école primaire et institutionnellement rattaché au lycée (P. Meirieu)
Pour ce dernier, un collège français est "un projet de société avant d’être un projet scolaire".
Ainsi, sans surprise, B. Kuntz veut en finir avec le collège unique au nom de la transmission des savoirs, nécessairement disciplinaire, et P. Meirieu veut conserver le collège unique, pour favoriser la socialisation des élèves et la culture commune.

Faut-il en finir avec le collège unique ?
Bernard Kuntz – Philippe Meirieu Ed Magnard 2009

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