Les nouvelles évaluations nationales de CM2 ont été réalisées en janvier. Elles portent sur le français et les mathématiques, avec pour le français 3 séquences de 45 minutes pour un total de 19 exercices, pour les mathématiques 3 séquences d’environ 30 minutes et 19 exercices. La notation se fait sur 63 critères élémentaires en français et 37 en maths, chaque critère étant noté 0 ou 1.
L’important à nos yeux est que les questions portant sur des connaissances précises, des savoirs acquis par l’élève, ce que, pour notre part, nous approuvons totalement.
Ces évaluations ont donné lieu à une nouvelle polémique entre le Ministère, certains enseignants et certains parents.
Comme on pouvait s’y attendre, des critiques ont été fondées sur le fait que la vérification de simples connaissances était une régression par rapport aux "évaluations diagnostiques" antérieures, axées sur les "compétences" qui seules permettraient aux élèves de construire leurs savoirs.
On a aussi largement souligné tous les mauvais usages qui pourraient être faits de la publication des notes, c’est-à-dire des mauvaises notes attendues : discrédit jeté sur les élèves, les enseignants, les écoles, l’Education Nationale tout entière.
Après avoir réclamé le report des évaluations, au prétexte que les élèves n’étaient pas prêts, on a fait remarquer que certaines questions pouvaient porter sur des matières non encore abordées en CM2 à ce  moment de l’année scolaire. Ce à quoi le Ministre aurait répondu que janvier avait été choisi pour éviter toute confusion avec un examen d’entrée en 6ème (Précédemment, il avait été dit qu’après les évaluations, des mesures de soutien pourraient être prises en faveur des élèves présentant des graves lacunes).
On a critiqué la notation par 0 ou 1, au motif qu’elle supprime toute latitude d’appréciation de l’instituteur. Il a aussi été dit que des questions étaient trop difficiles.
Beaucoup plus grave à nos yeux : des instituteurs ont déclaré qu’ils prépareraient leurs élèves (en leur fournissant à l’avance les réponses), d’autres, incités par des syndicats, ont affirmé qu’ils ne poseraient pas toutes les questions. (Voir à ce sujet une Lettre aux parents émanant du SNUIPP)
Nous n’examinerons pas ici toutes ces critiques qui sont plus ou moins fondées. Les évaluations de CM2 feront l’objet d’un dossier que nous publierons dans quelques semaines.
Ce qui est certain, c’est que la polémique aurait pu être, sinon évitée –car les critiques procèdent pour une part du rejet de principe de tout changement – du moins fortement amortie auprès du public et des médias. Il aurait suffi, pour cela, que le Ministre prenne une mesure et énonce par avance quelques évidences.
 •  Une mesure : placer l’évaluation en fin de CM2, comme la préfiguration d’un futur examen de fin d’études primaires, dont nous préconisons la création.
 •  Quelques évidences :
 – Beaucoup d’élèves ne sachant pas lire, écrire, et compter couramment à l’entrée en 6ème, on s’attend, au niveau national à de mauvais résultats.
 –  Quoique probablement faibles, les résultats serviront de base de comparaison pour mesurer les progrès qui restent à accomplir dans les années à venir
 
 – Ces résultats, découlant largement de l’enseignement dispensé aux élèves depuis la maternelle, ne permettent pas de porter une appréciation sur les élèves, ni sur les enseignants, ni sur les écoles. De ce fait, ils ne seront publiés par le Ministère qu’au niveau national, ou par secteur géographique comportant plusieurs établissements.

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