Enseignants ou « animateurs »

La doctrine officielle présente les méthodes dites actives comme le bien absolu, par opposition aux formes anciennes de l’enseignement qui auraient reposé sur la passivité de l’élève. Il s’agit d’une idée fausse, à la limite de la manipulation.

Dire que l’on est passif lorsqu’on fait l’effort d’apprendre – même « par cœur » est manifestement faux. En apprenant, on entraîne son esprit, comme le sportif entretient sa forme physique, ou l’artiste sa mémoire et sa dextérité. 

Pour les doctrinaires de l’Education Nationale, la passivité est présentée comme la soumission à l’autorité : autorité des contenus de l’enseignement, stigmatisés comme visant à reproduire un modèle social oppressif, autorité de l’enseignant. 

Or l’élève du primaire a besoin d’apprendre des choses simples, ni relatives ni contradictoires entre elles. Ces contenus ont donc pour lui l’apparence de l’absolu – et donc de l’autorité -. Cela présente inévitablement un certain danger, qui impose de fortes précautions dans le choix des contenus enseignés.

Dans l’enseignement secondaire, l’adolescent doit être confronté à la relativité des savoirs. Cela se fait naturellement en le mettant en contact avec des personnages historiques notoires, qui ont eu des connaissances et des conceptions différentes les uns et les autres. Certes, ces personnages ont fait, à un moment ou à un autre, autorité dans leur domaine. 

Il existe une méthode classique de manipulation des esprits, sous la forme dite « participative ». Elle consiste à demander aux membres d’un groupe de s’exprimer sur des questions qu’ils ne connaissent pas et dont ils n’ont pas l’expérience. A partir de là, il est très facile pour le meneur de jeu de sélectionner ce qui lui convient pour aboutir aux conclusions qu’il a fixées à l’avance.

L’organisation de tels « débats » entre élèves est une méthode pédagogique officiellement préconisée à l’Education Nationale. Les penseurs de la Nouvelle Education prônent en outre le recours aux techniques de psychologie des groupes, de conduite de groupes – méthodes dont l’application généralisée dans les entreprises entre 1970 et 1980 a montré que, s’agissant d’adultes, elles ne peuvent être positives qu’avec des animateurs extrêmement compétents et scrupuleux, faute de quoi elles présentent des risques de traumatisme pour certains participants.

Tout autre chose est, pour l’enseignant et l’éducateur, de s’appuyer sur les acquis des élèves, et sur leur engagement personnel à obtenir certains résultats. On peut alors parler de méthodes actives, dont la mise en œuvre est extrêmement exigeante.

Le masque

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