La polémique entre les partisans et adversaires de la théorie du genre, établie depuis un certain temps, s’est enflammée récemment avec la Manif pour Tous et avec la Journée de Retrait de l’Ecole « pour l’interdiction de la théorie du genre à l’école », lancée par Farida Belghoul. Nous avons présenté Farida Belghoul  sur notre site lors de la création de l’association REID qui voulait prendre en charge les grands adolescents de plus de 16 ans terminant leurs études sans savoir lire et écrire couramment.  

Le journaliste Luc Cedelle, spécialiste de l’éducation au journal Le Monde, a publié le 24 janvier une chronique intitulée « Le catéchisme antipédago, le gender et la nouvelle droite soralo-dieudonniste ». Il attaque violemment Farida Belghoul.

On pourrait s’étonner de ce rapprochement entre pédagogie et théorie du genre. Il est pourtant bien fondé, car les partisans du pédagogisme et ceux du gender appartiennent à la même famille progressiste qui détient le pouvoir à l’Education Nationale depuis plus de 40 ans. Farida Belghoul  a établi d’ailleurs un parallèle entre la promotion du constructivisme et celle de la théorie du genre. 

Mêmes objectifs :
– de même que l’enfant doit construire son savoir, maintenant l’école va l’aider à construire sa sexualité ;
– dans les deux cas, le fondement idéologique est le même : changer les mentalités (Peillon) pour changer la société à terme, en agissant maintenant sur les enfants et adolescents ;
– cela implique d’abord la rupture avec la famille : pour éviter la « reproduction sociale », il faut casser l’imprégnation de la culture traditionnelle.  

Pour le constructivisme, les circonstances ont été favorables aux progressistes : le constructivisme ne s’est établi que progressivement, et, un jour, avec leur premier enfant, les parents instruits ont constaté qu’ils ne comprenaient plus rien à ce qui était enseigné ; d’autres, moins instruits, en tiraient la conclusion que le niveau de leurs enfants était extrêmement élevé.    La polémique n’a été déclenchée qu’en 2005–2006 avec des déclarations de Gilles de Robien sur les méthodes de lecture , alors que la cause originelle, la Loi Jospin de 1989 établissant le constructivisme en doctrine pédagogique de l’Education Nationale, était passée dans l’indifférence générale.  

Rien n’est terminé car, 25 ans après, le constructivisme règne en maître au collège comme à l’école, avec les résultats que l’on sait. Cela doit faire réfléchir ceux qui espèrent que cette affaire de théorie du genre finira dans l’oubli, et qui croient qu’une digne résistance passive suffira pour gagner.    Aujourd’hui, il s’agit « d’arracher l’enfant à tous les déterminismes, familial, technique, social, intellectuel» , ce qui revient à arracher l’enfant à sa famille, processus violent et douloureux pour l’enfant et ses parents (mais c’est le prix à payer).    

Mêmes procédés :  
Le parallèle entre constructivisme et théorie du genre est aussi net dans les procédés de l’Education Nationale pour contrer les opposants, en grands spécialistes de la désinformation avec les moyens de l’État :
–  prétendre que les opposants ne parlent de rien : à Gilles de Robien on a assené que la méthode globale n’était plus utilisée, alors que le départ global était omniprésent, et qu’il est encore majoritaire aujourd’hui. De même, on vient de nous déclarer que la théorie du genre n’existait pas !
– détourner le sens des mots : en 2007 une opération (réussie) a consisté à faire croire que les manuels mixtes étaient « syllabiques » ; aujourd’hui  – diffamer les opposants plutôt que d’apporter la preuve qu’ils se trompent : il y a 10 ans, il avait été dit que notre fondateur, Gilbert Sibieude, était affilié au FN. Aujourd’hui on taxe les partisans de la famille d’homophobes ou même d’extrêmistes. Tous ces  arguments sont apparemment inusables ! De même que de la calomnie il reste toujours quelque chose, la désinformation réussie rend la vérité inaudible. Ne l’oublions pas.  

Le rapport TEYCHENNÉ – juin 2013  

Ce rapport est entièrement consacré à la lutte contre l’homophobie – plus généralement LGBT-phobie.    

Ce rapport, qui se place dans le cadre de l’éducation à la sexualité, ne distingue pas clairement les divers publics selon leur âge. Il ne distingue pas non plus :
– d’une part ce que pourrait être l’instruction ou l’information : savoir qu’il existe des personnes LGBT (et plus) et connaître les préjugés à leur égard
– d’autre part l’éducation du respect à la tolérance conformément au principe : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît  »   

Cependant le rapport apporte quelques confirmations utiles :
– dans le primaire, l’homophobie n’est pas opérante entre les élèves ; il s’agit plutôt de clichés, d’imitation des adultes, ou d’automatismes ; certains observateurs s’émeuvent de l’augmentation des insultes comme « Pédé », simplement due au fait qu’il est beaucoup question d’homosexualité dans la société civile.
– au collège, le rapport souligne un cap dangereux autour de 15 ans, où les tentatives de suicide sont beaucoup plus nombreuses chez les homosexuels que chez les autres adolescents ;  Enfin, le rapport souligne (p.12) : « le rôle de la famille est prépondérant pour l’équilibre psychologique des jeunes LGBT ». C’est une des rares allusions à la famille :  pas de propositions concrètes pour les relations entre l’école et les parents des jeunes LGBT ou des jeunes ouvertement homophobes.

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