Jean Paul Brighelli commente le livre de Cécile Révéret. Pour Cécile Révéret, la dernière année aura été une année de trop. « Je ne pensais pas que cette fin de carrière serait si triste ». Le collège, devenu « ambition / réussite » pour camoufler le fait qu’il n’a pas d’ambition, et guère de réussite, accueille désormais une majorité d’enfants pré-détruits, violents, et vulgaires — de cette vulgarité répétitive née d’un tout petit nombre de monosyllabes inlassablement ânonnés. Le quotidien des profs, désormais, ce sont les rapports rédigés dans l’instant, pour ne pas oublier les termes exacts de l’injure (« vieille pute » ou « sale pute » ?) dont les a gratifiés un enfant auquel on a renoncé à apprendre les rudiments de base de la civilisation — la politesse, le goût du travail, et la patience.

Mais j’aime à penser que tout n’est pas perdu. Qu’après avoir remis partiellement sur les rails les programmes du Primaire, un ministre intelligent s’occupera du Collège (mais une réforme de fond du « collège unique » supprime moins de postes qu’un lifting du lycée, nous le savons tous — et les économies de bouts de chandelles sont devenus la règle, rue de Grenelle). Qu’après Cécile, il y en aura d’autres pour enseigner Homère — et Shakespeare — en banlieue, et ailleurs.

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