Argumentaire de la brochure explicative de l’ARLE

Origine et conséquences des réformes récentes ?

L’évolution de la société et des mœurs sert depuis quinze ans de prétexte à une innovation effrénée qui transforme l’école en un laboratoire d’expérimentation. Les réformes scolaires à répétition entravent l’acquisition des connaissances de base. La mission élémentaire de l’école primaire – apprendre à lire, à écrire et à compter – n’est pas efficacement assurée.

L’idéologie qui inspire la Rénovation de l’enseignement primaire est remise en question depuis longtemps. Elle consiste à inviter l’élève à découvrir et à "construire" les connaissances par lui-même et en interaction avec ses camarades. Les plus récentes études confirment les doutes émis sur cette méthode.

Force est de constater que les apprentissages se font toujours davantage par d’autres biais : parents aptes à permettre à leurs enfants de travailler à domicile, leçons particulières, répétiteurs, achat de matériel didactique, écoles privées. Voilà qui aggrave les inégalités.

Que défend notre initiative ?

L’initiative "Pour le maintien des notes à l’école primaire" émane d’instituteurs et d’enseignants genevois qui travaillent chaque jour avec les élèves sur le terrain. Elle est simple et claire. Elle prône une école qui instruise avant d’éduquer. Les maîtres y transmettent des connaissances pas à pas, des plus simples aux plus complexes. Elle vise avant tout à préserver des procédures qu’elle juge essentielles dans le contrôle des acquisitions.

Que demande-t-elle ?

– Une évaluation chiffrée : L’initiative maintient les notes de 1 à 6 sur les travaux dès la 3e primaire. C’est un code compréhensible par tous les parents, utilisé dans la plupart des cantons suisses. C’est la pratique au Cycle d’orientation, au Collège de Genève et dans les filières d’apprentissage.

– Une évaluation continue : L’initiative préconise de noter régulièrement les travaux des élèves tout au long de l’année. Le maître les commente et les fait signer par les parents. Ils sont ainsi tenus au courant en permanence du niveau réel de leurs enfants.

– Une évaluation certificative : L’initiative entend par là que ces mêmes travaux, portant sur les matières travaillées en classe, impliquent l’établissement de moyennes. Les notes certifient que l’élève a acquis les connaissances fixées par les programmes annuels.

– Une échéance annuelle : L’initiative fixe dans la loi une durée raisonnable : une année par degré scolaire. Les élèves qui rencontrent des difficultés doivent être pris en charge au plus vite. Inutile d’attendre deux ans avant de leur donner l’occasion de combler leurs lacunes.

La promotion est fondée sur des résultats fiables jugés suffisants. Redoubler doit rester une mesure exceptionnelle. L’élève a ainsi la possibilité de reprendre confiance en lui et de rattraper son retard. Précisons que cette mesure intervient seulement en cas de faiblesse généralisée dans toutes les disciplines. Quand le redoublement doit être envisagé, la décision est prise suite à la consultation de toutes les parties concernées, élèves, parents, enseignants et inspecteur.

L’évaluation en 3 adjectifs : explications

1. Evaluation continue :

Il s’agit de maintenir des travaux notés tout au long de l’année. Ces travaux donnent lieu à des moyennes trimestrielles (par exemple, avec 3 travaux de maths, un en géométrie, un autre en calcul mental et un troisième sur des problèmes, on obtient une moyenne de maths qui atteste d’un certain niveau atteint. De même, en français, les notes d’orthographe, de vocabulaire, de conjugaison et de grammaire donnent lieu à la moyenne de français 2).

Ces travaux sont non seulement notés mais commentés par le maître. Ils sont systématiquement remis aux parents, qui en prennent connaissance et les signent.

Ainsi les parents sont tenus au courant de l’évolution scolaire de leurs enfants entre deux carnets trimestriels comme cela a toujours été fait dans les écoles qui n’étaient pas en « rénovation » jusqu’à juin 2005.

Cette évaluation continue est interdite par le nouveau règlement du DIP actuellement en vigueur.

2. Evaluation chiffrée :

C’est évidemment un code de 1 à 6 qui est maintenu, simple, clair, compréhensible par tous les parents (même et surtout pour les non francophones).

Dans le nouveau règlement du DIP, l’évaluation chiffrée, non comparable à celle que nous proposons puisque non issue de moyennes, n’apparaît qu’en fin de cycles (en fin de 4P et 6P).

3. Evaluation certificative :

A l’aide de tests réguliers sur les matières travaillées en classe pendant une période déterminée, on évalue un état des connaissances, un niveau atteint à un certain moment en fonction d’objectifs cantonaux de connaissances et de compétences fixés dans des programmes et des plans d’étude annuels. 

Le redoublement : explications

Si, selon les termes de notre initiative, « Le passage d’un degré à l’autre n’est pas automatique », cela ne signifie en aucun cas que le redoublement, lui, est automatique. En cas de moyennes annuelles insuffisantes selon les normes réglementaires de promotion, le cas de l’élève est naturellement discuté. Dans toutes les écoles, en rénovation ou non, c’est à la suite de réunions des maîtres entre eux, de la rencontre avec les parents et avec l’accord de l’inspecteur, que le redoublement est décidé. De nombreux paramètres sont retenus pour que la décision soit prise pour le bien de l’enfant.

 

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