Voici la préface de la méthode Boscher (édition de 1984). Elle explique comment se servir de la méthode en sept points.

« Il n’est besoin dans les sections enfantines d’autre livre que du syllabaire … Au C.P., l’enfant prend possession de l’instrument sans lequel il pourrait acquérir aucune autre connaissance : il apprend à lire. Les autres exercices auxquels on le soumet n’ont d’autre but que d’entretenir les bonnes habitudes physiques, intellectuelles et morales qu’il a contractées à l’école maternelle. Mais l’enseignement essentiel à cet âge, c’est la lecture : le cours préparatoire est, avant tout, un cours de lecture. »

préface méthode Boscher
La leçon du « on »

Telles sont les précisions que nous donnent les Instructions Officielles de 1923 relatives aux programmes des Écoles primaires élémentaires.

La Méthode Boscher répond à cette conception ; si elle est à la fois une méthode de lecture et d’orthographe, d’écriture et de dessin, ainsi qu’une méthode de calcul et un recueil d’exercices d’élocution et de langage, elle est, avant tout, une méthode de lecture rattachant tous les exercices à la leçon de lecture, centre d’intérêt de la Journée.

La Méthode Boscher est une méthode syllabique, complète, n’éludant aucune difficulté. Elle présente, entre autres avantages, ceux d’apprendre vite à lire, « de renforcer la mémoire visuelle par l’attention accordée à chaque élément des mots et par conséquent de donner à l’orthographe une base solide. Etant donné que dans la langue française la part de conventionnel orthographique est assez grande, il est bon que nous ne reculions pas trop longtemps cet effort de mémoire visuelle par lequel s’acquiert l’orthographe d’usage (M. Maucourant, La Première Etape, Ed. Nathan) ».

Bien que fidèle, pour les raisons ci-dessus, aux principes de la méthode syllabique, la Méthode Boscher est assez souple pour permettre l’emploi des procédés actifs, que l’on croit parfois réservés aux seules méthodes mixtes ou globales.

Nous en indiquons quelques-uns ; chacun pourra s’en inspirer, les modifier ou les compléter en les adaptant à sa classe : en pédagogie il n’y a rien d’absolu et les meilleurs procédés sont ceux qui donnent les résultats les plus rapides et les plus solides avec le plus grand nombre d’élèves.

1° Exercice de révision. – Lettres et sons étudiés aux leçons précédentes (tableau noir ou tableau à glissières, grandes lettres mobiles, livret).

2° Lecture de la gravure. – Exercice d’observation, d’élocution et de langage. Le maitre dirige l’exercice; les propositions sont énoncées et corrigées par les élèves.

3° Exercices de lecture. – Matériel : a) pour l’élève : La Journée des Tout Petits et la collection de lettres mobiles Boscher; b) pour le maitre : craie de couleur; jeux de lecture : grandes lettres mobiles, étiquettes mobiles ( mots et dessins).

Au cours de l’étude de la gravure les mots renfermant le son ou la lettre à étudier (mots qui se trouvent dans les textes de la Journée) sont écrits au tableau noir dans l’ordre de la découverte par les élèves. Le son, rattaché à un dessin, est ensuite isolé, étudié, comparé (u et i ; m et n ; d et t ; b et d ; on et ou, etc. ).

Au cours d’un exercice collectif, des syllabes d’abord, des mots ensuite sont formés puis écrits au tableau noir avec de la craie de couleur ou composés avec de grandes lettres mobiles : exercice individuel identique avec les lettres mobiles Boscher.

Pour l’étude des syllabes : donner les consonnes et faire compléter par les voyelles et réciproquement. Pour celle des mots : donner une syllabe et la faire compléter par une ou plusieurs autres de manière à former des mots.

Faire trouver sur le livre ou sur le tableau un mot donné ; le montrer puis le faire reproduire après l’avoir caché.

Montrer ou distribuer des étiquettes mobiles portant des dessins d ob1ets ou d’animaux ont les enfants écriront les noms ou sous lesquels ils placeront d’autres étiquettes qui portent ces noms. 

L’exercice inverse consiste à faire dessiner – en s’aidant du livret – les objets ou les animaux on les noms sont écrits. Sur une page du cahier, ou mieux sur une feuille volante que l’enfant sera fier de montrer à sa famille, des cases peuvent être préparées à cet effet et les dessins exécutés, puis coloriés. Se servir de l’illustration de La Journée des Tout Petits.

Lecture des mots imprimés sur le livret: toujours veiller à la prononciation qui doit être ,distincte et correcte. Donner le sens de ces mots par la composition de propositions ou phrases courtes énoncées et rectifiées par les élèves eux-mêmes, exercice auquel ils s’intéressent très vite.

Composition de mots et de propositions avec les lettres mobiles individuelles. Cet exercice permet aux élèves de travailler seuls. Il doit toujours être contrôlé. Ne pas donner trop de lettres à la fois.

Faire lire beaucoup de mots : c’est en lisant qu’on apprend à lire.

Pour les exercices de révision, à la fin de la journée, employer concurremment le livret, les tableaux muraux et les lettres mobiles Boscher. Le livret servira à la lecture individuelle et aux répétitions dans la famille.

Avant d’arriver à la fin de la Méthode, habituer l’élève à lire les mots sans les syllaber. Et pour donner satisfaction à son impatience de lire des histoires, passer aux morceaux de lecture des 14 dernières pages dès que possible tout en continuant l’étude des difficultés faisant l’objet des dernières leçons de la Méthode.

4° Écriture. – L’écriture n’étant qu’une autre manière de représenter les lettres et les mots, chaque leçon de lecture sera suivie d’un exercice d’écriture, de copie, ou de dictée.

L’écriture est analytique et son apprentissage va de pair avec celui de la lecture.

Comme les habitudes contractées au C.P. peuvent suivre l’élève durant toute sa scolarité, exiger qu’il forme bien les lettres, veiller à son attitude ainsi qu’à .la tenue du porte-plume et du cahier.

Sur l’avis presque unanime des Directeurs et Directrices d’Ecole Normale, des Inspecteurs Primaires et des Instituteurs ou Institutrices consultés, nous avons adopté l’écriture droite ; plus naturelle chez l’enfant que l’écriture penchée, se rapprochant aussi davantage de l’écriture imprimée, c’est également celle qui expose le moins l’élève aux attitudes vicieuses et qui convient le mieux à l’emploi du stylographe.

5° Orthographe. – Chaque Journée doit comporter un ou deux exercices de dictée.

Des phrases sont dictées, composées avec les mots lus, en collaboration avec les élèves. De ces phrases ne jamais faire écrire, sur le cahier ou sur l’ardoise, que les mots dont l’enfant connait l’orthographe; arriver très vite à pouvoir donner en dictée des phrases entières. Toujours contrôler ( Procédé Lamartinière).

6° Calcul. – Conformément aux Instructions Officielles, les exercices de calcul de La Journée des Tout Petits, ont pour but de donner à l’enfant l’idée de quantité et de lui apprendre à pratiquer les 4 opérations, principalement l’addition et la soustraction, sur les 100 premiers nombres.

Les opérations indiquées devront toujours, avant d’être effectuées, être concrétisées et traduites dans des questions ou petits problèmes, les calculs devant s’appuyer sur les faits.

L’apprentissage de la lecture ne devant durer que 3 ou 4 mois, nous avons dû nous borner, dans La Journée des Tout Petits, à l’étude des 60 premiers nombres.

Appliquer la même méthode pour celle des nombres de 60 à 100.

7° Autres Enseignements. – Pour chaque Journée, l’image et parfois un ou plusieurs mots des textes de lecture fourniront des sujets d’observation, d’élocution et de langage, ainsi que des exercices de dessin, de modelage et de travail manuel.

La Méthode Boscher embrasse donc tous les enseignements du C.P.; elle donne au maitre les éléments de toutes les leçons de chaque Journée; elle est pour l’enfant un instrument précieux qui lui permet très vite de se débrouiller et de continuer à travailler seul avec profit lorsqu’on ne peut s’occuper de lui.

Elle donne des résultats rapides, complets et durables : les nombreuses attestations reçues des maitres qui l’emploient le prouvent et « seule l’expérience compte en pédagogie » ( l).

Les illustrations claires et gaies, nombreuses et variées, réalisées par M. F. Garnier qui sait toujours allier les préoccupations de l’éducateur à la fantaisie de l’artiste, font de ce livret un véritable album.

Ainsi la Méthode Boscher ou La Journée des Tout Petits est bien le livre unique des petites classes ; il convient à tous les C.P., surtout dans les écoles à classe unique et quand l’effectif est élevé; tout en diminuant la lourde tâche du maitre, il donne à l’élève le goût de l’étude en lui rendant le travail facile et joyeux.

V. Boscher (institutrice) – M.J. Carre-Chapron, J. Chapron (instituteur)

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