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Titre: PIRLS 2011 confirme la contre performance française en lecture (suite)
Source: Association Lire-Ecrire

La qualité de la lecture

PIRLS 2011 (Suite)

 

La lecture d'un texte peut être superficielle, immédiate, directe, limitée au sens propre. Elle peut aussi être approfondie,  le lecteur se construisant à partir du texte des images mentales, comblant les lacunes textuelles par des hypothèses, mettant en jeu son savoir, son imagination, sa réflexion. La qualité de la lecture peut aussi se définir par la capacité du lecteur à apprécier la qualité littéraire et culturelle du texte.

Pour cerner cette notion de qualité de lecture, l'étude combine plusieurs approches : 

- certains textes sont principalement informatifs, d'autres sont de la fiction narrative 

- certaines questions sont fermées, à choix forcés (QCM), d'autres appellent des réponses écrites et  construites  

        - questions et réponses ont été réparties entre 4 degrés de qualité, de profondeur, de compréhension :

1 - le lecteur se concentre sur les informations explicites et peut les extraire du texte :  "Prélever" coefficient 22
2 - le lecteur fait des inférences simples, déduit des informations d'autres informations non explicites mais résultant directement du texte : "Inférer" coefficient 28
3 - le lecteur interprète et combine idées et informations : "Interpréter" coefficient 37
4 - le lecteur examine et évalue le contenu, le langage et les éléments textuels :"Evaluer" coefficient 13.

Les quatre composantes ont été dans plusieurs comparaisons regroupées deux par deux :

- Prélever et Inférer coefficient 50

- Interpréter et Évaluer coefficient 50

On retrouve les deux degrés de lecture directe ou superficielle, et de lecture approfondie impliquant activement le lecteur.

 

Résultats : qualité de la lecture

 

2011           Prélever et Inférer            Interpréter et Evaluer

France              528                                          512

Finlande            569                                          567

Angleterre         546                                          555

                Allemagne         548                                          536

 

 

Le fait le plus remarquable est l'extrême faiblesse des élèves français en lecture de qualité, dont le score  baisse très significativement dans le temps :

 

France                          2001                  2006              2011

Prélever et Inférer           529                   527                528

Interpréter Evaluer          523                   515                512

 

Il est d'ailleurs signalé que les résultats des élèves français sont d'autant plus faibles que les questions appellent des réponses écrites et étoffées. 

 

 

NOTES

Qualité des réponses

On peut se demander pourquoi les élèves français répondent moins bien lorsque la réponse ne se trouve  pas dans un QCM, et encore moins bien si la réponse doit être convenablement construite car assez longue (quelques lignes);

La première idée qui vient à l'esprit est que les élèves faibles en lecture sont encore plus faibles en écriture (travail mental et calligraphie).

Il y a une autre hypothèse, que l'on peut formuler ainsi :

À propos des QCM, une personne instruite peut penser que l'élève réfléchit d'abord à la question, élabore une réponse, puis choisit et coche la réponse la plus proche dans le choix proposé par le QCM. Dans cette hypothèse,  les scores devraient être voisins en QCM et réponses rédigées.

Mais, le cerveau étant un organe très complexe, on peut imaginer aussi que :

- ayant survolé en mode global la question et les réponses 

- l'élève compare l'idée globale qu'il a des données de la question avec les indices qu'il tire globalement de chaque réponse

- et choisit ainsi par vraisemblance, sans réflexion poussée

Certes, ce processus ne garantit pas que toutes les réponses de l'élève sont correctes, mais il peut donner un score supérieur à des réponses au hasard.

Un tel comportement est d'autant plus vraisemblable que les QCM de PIRLS ressemble plus aux QCM proposés à l'école.

Un tel effet serait accentué si, dans le but d'améliorer les résultats de la France à PIRLS ou PISA, l'enseignement était axé sur des épreuves du type PIRLS ou PISA.

Si par contre l'enseignement français avait pour objectif majeur de développer les aptitudes intellectuelles et la capacité de raisonnement des élèves (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui), ceux-ci réussiraient aussi bien les réponses rédigées que les QCM.

 

A propos des programmes 2008 du primaire

Dans sa note d'information de décembre 2012, la DEPP (Direction Evaluation Prospective Performance) remarque qu'un élève de CM1 en 2011 a étudié en CP sous l'empire des programmes 2002, et en CE1 CE2 et CM1 sous celui des programmes 2008.

Au vu de l'évolution des scores dans PIRLS, on pourrait en conclure que les programmes 2008 sont inefficients, et qu'il convient de les changer, comme tout ce qui a été fait par Xavier Darcos.

Il faut à ce sujet rappeler :

- que, pour nous, l'année cruciale pour la lecture est le CP

- que les programmes 2008 n'ont pas été appliqués immédiatement, et ne le sont pas encore

- que d'ailleurs, en ce qui concerne la grande section de maternelle et le CP, ils comportaient de graves sources de confusion, largement mises à profit par les pédagogistes  auteurs de manuels « conformes aux programmes 2008 ».

Tout cela a été exposé en son temps sur ce site.

 

L'environnement des élèves.

PIRLS comporte de nombreuses questions sur l'environnement des élèves et des enseignants, afin de mettre en évidence des facteurs favorables ou défavorables à l'apprentissage de la lecture.

Deux exemples :

Ressources en lecture à la maison.

« nombreuses » : score moyen des élèves 571 (niveau "élevé")

« quelques-unes » :                                510

« peu nombreuses » :                              448

A l'école, Nombre d'heures par an consacrées

à l'étude de la langue                                moyenne    232 H

à des lectures en rapport avec l'instruction   moyenne     70 H

Curieusement, ces informations sont inexistantes dans 2 pays, dont la France.

Que faut-il en penser ?