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Lettre d'une maman désespérée (2007)



Mesdames, Messieurs,

Je suis une maman désespérée !
J'ai le sentiment que l'Education Nationale « grève » l'avenir de mes enfants et que je devrais assister, sans rien dire à ce gâchis.
L'école de la République qui devrait permettre de donner, à tous, la meilleure instruction, quel que soit les origines, le milieu social, le niveau intellectuel des parents ; cette école donc, a failli.
Seuls les enfants dont :
la famille connaît parfaitement les rouages du système,
la famille a les moyens intellectuels et/ou financiers,
la famille a le temps de s'occuper,

auront une chance de s'en sortir.

Pourtant, jusque dans les années soixante, la France pouvait s'enorgueillir d'avoir l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde !

L'école va mal. L'ascenseur social n'existe plus. L'échec est massif et précoce. Environ 15% (chiffre officiel) ne maîtrisent pas la lecture à l'entrée en 6ème.
Les enfants n'ont plus de vocabulaire, plus d'orthographe, plus de grammaire, ils écrivent comme ils parlent…

Alors que s'est-il passé ?
Il y a eu « mai 68 » !
L'Homme nouveau, l'Homme du 21ème siècle devait être un homme libre.
Mais quand je lis dans  L'école ou la guerre civile- P. Meirieu & M. Guiraud - Plon, 1997 que
« Le projet est de modifier la société par l'école  »
[Il faut que l'enfant] « prenne peu à peu du pouvoir sur ses parents »
[il doit] « apprendre la résistance aux opinions qu'il entend de tous côtés, y compris aux suggestions ou influences de la famille »

ou dans La machine-école, 2001

(les enfants sont) contraints à se soumettre silencieusement à l'autorité de leurs enseignants;
(les enfants doivent) remettre en cause la soumission aux pouvoirs en place en s'attaquant à l'une de ses principales racines, l'éducation.
(……) la société était rigidifiée parce que l'école poursuivait efficacement un objectif caché : assujettir les jeunes à ceux qui détiennent le pouvoir
Subvertissons les rapports de pouvoir dans la classe pour libérer nos élèves et les futurs citoyens de cette obéissance aveugle aux autorités de toutes sortes qui fait d'eux des esclaves !!
Changer la société pour changer l'école. Changer l'école pour changer la société.

Sachant combien Monsieur Meirieu est influant à l'Education Nationale, je ne m'étonne plus de voir ce qu'est devenue notre société. Bien sûr qu'elle a profondément changé et que l'on peut accuser les parents de ne plus savoir « tenir » leurs enfants, il ne pouvait en être autrement !!!

De plus, un certain nombre de penseurs voulaient rendre notre école plus juste, plus égalitaire. Ils voulaient surtout la rendre plus moderne…

D'où l'arrivée de nouvelles méthodes pédagogiques basées non plus sur la transmission des savoirs mais, sur la construction, par l'enfant, de ses savoirs. L'enfant ne doit plus être passif face à un enseignant qui souhaite lui transmettre ses connaissances mais, construire, déduire lui-même ses savoirs.
D'ailleurs l'école est devenue un « lieu de vie » où l'enfant doit « s'épanouir ». Il faut que tout soit facile et ludique. Du coup, ils ont perdu le goût de l'effort.
Ensuite, les méthodes ont tellement changé, se sont tellement complexifiées ! Elles ne sont plus progressives structurées et structurantes.
Même en ayant un certain cursus scolaire, nous parents,  ne pouvons plus aider nos enfants, ne comprenant pas toujours le raisonnement employé. L'institution insiste d'ailleurs bien pour que nous n'utilisions  pas de techniques passéistes et rétrogrades qui risqueraient de perturber plus encore nos chères têtes blondes.
Non seulement l'Education Nationale nous a spolié de notre autorité parentale mais, elle nous fait passer pour des imbéciles incultes auprès de nos enfants. Ah ! C'est sûr qu'ils doivent être fiers de nous, nos bambins !

Pour ma part, je n'ai plus aucune confiance dans le système. Je pense même qu'il n'y aurait de salut que de retirer mes filles de l'Institution et de faire classe à la maison.

Véronique Abachin
Avril 2007