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Canalacadémie : On apprend mal le calcul à l’école primaire ! avec Pierre Léna, de l’Académie des sciences

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le : 07/06/2009 08:08
Guillaume
Auteur du fil
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 125
Emission de 2007 mais qui vaut toujours le coup d'être écoutée :

http://www.canalacademie.com/On-apprend-mal-le-calcul-a-l-ecole.html

Beaucoup d’enfants entrent aujourd’hui au collège sans maîtriser les automatismes de base du calcul : un constat alarmant ! Le ministère de l’éducation nationale, qui lance un chantier consacré à l’apprentissage du calcul à l’école primaire, a récemment consulté l’Académie des sciences sur la question. Pierre Léna expose les conclusions du rapport auquel il a participé.

Le terme calcul vient du latin « calculus », soit « caillou » : l’histoire raconte en effet que les bergers avaient coutume de comptabiliser leurs moutons en déposant des cailloux dans un pot à l’entrée et la sortie de la bergerie. Avec cette image, on comprend vite que le calcul est indispensable à la vie de tous les jours, et qu’à l’instar de la lecture, il doit être enseigné dès le plus jeune âge !

Cependant, les méthodes d’apprentissage, en fonction des époques, ne cessent d’évoluer. S’il y a quelques décennies, l’apprentissage faisait la part belle à des calculs trigonométriques compliqués, la situation est bien différente aujourd’hui. L’usage de la calculatrice, généralisé dès l’école primaire, a évidemment contribué à changer la donne.

Souvent, on entend les enseignants, les parents aussi, dépités, se plaindre que leurs enfants ne savent plus compter. C’est un jugement très radical, mais la situation est préoccupante. Nombre d’élèves arrivent au collège (entrée en 6ème) sans connaître les tables de multiplication ni avoir saisi la règle de trois, pourtant base des calculs de proportionnalité. Les enfants manquent d’automatismes.

L’acquisition des mécanismes de base dès les classes du primaire conditionne en effet l’apprentissage ultérieur de notions mathématiques plus complexes.

L’Académie des Sciences a été consultée mi-décembre 2006 par le ministre de l’Education Nationale, Gilles de Robien, sur la question. Le groupe de réflexion constitué a rendu son avis le 9 Janvier 2007, avis rendu public par l’Académie lors de la séance du 23 Janvier dernier. Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Demailly, Jean-Pierre Kahan, Yves Meyer, Jean-Christophe Yoccoz et Pierre Léna sont donc parvenus à différentes conclusions sur le sujet.

Les premières conclusions de l’Académie ont mis en exergue plusieurs points essentiels. Le groupe de travail a ainsi mis en évidence combien il est important d’enseigner le calcul en étroit contact avec les autres matières, mais également combien toutes les modalités de calcul - mental, posé, approché ou instrumenté - sont indispensables et complémentaires.

Rencontre avec Pierre Léna

Pierre Léna, astrophysicien, est membre de l’Académie des Sciences. Il en est le délégué à l’Education et à la Formation depuis 2005. Il participe activement également à la Main à la Pâte, qui prône le développement de l’enseignement scientifique.

le : 07/06/2009 08:47
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 563
Guillaume, je frémis d'horreur quand j'entends ou lis le terme "main à la pâte". (Sur le forum du Grand Débat, les enseignants qui critiquaient cette notion l'avait transformée en "Main à la patte"!)
Ayant vu avec stupéfaction la façon dont cette notion est enseignée dans les IUFM pour faire faire soi-disant des sciences nat aux enfants du primaire (notion purement constructiviste), je suis tout-à-fait d'accord avec ce post lu sur Bonnet d'âne.

"Main à la pâte 4/12/07
Nos braves académiciens des sciences (Léna et Brézin) démarrent au quart de tour pour demander plus de main à la pâte, d'expériences, de "séquences questionnantes"

Au secours !

Ma prière du soir : "Oh maître, préserve nous des prix Nobel et des académiciens désœuvrés qui ont des idées sur l'éducation ! (Charpak a institué la main à la pâte)

Ces gens ne peuvent admettre qu'ils ont tort. Je les renvoie à ce que disait Luc Ferry dans son audition devant la commission sur le métier d'enseignant :

"La main à la pâte c'est une catastrophe en vérité parce qu'avec les meilleures intentions du monde, on a encore une fois repassé une couche sur les disciplines d'éveil. Au fond, ce qu'on va valoriser encore c'est le ludique, c'est la découverte joyeuse et amusante des sciences. »

La vérité c'est que cela marche formidablement pendant 6 mois, pendant un an mais après vous vous heurtez à un vrai problème qui est le travail. Cette rénovation pédagogique a été, pardon de le dire, calamiteuse parce qu'elle a oublié une chose , c'est qu'il y avait – bien sûr c'est bien de valoriser l'imagination, la spontanéité, la créativité - mais qu'il y avait toute une part d'héritage et de transmission dans l'éducation notamment en matière de langue, de grammaire et en matière de courtoisie, de politesse."


(Quand vous terminez une lettre et vous écrivez : "Monsieur, Madame, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs", ce n'est pas très créatif, c'est quelque chose qui est totalement patrimonial, totalement de l'ordre de la transmission mais qui suppose comme attitude pour être acquis, le respect et l'humilité.
Donc développons la créativité des enfants dans certains domaines mais pas dans tous. Et donc il y a là quelque chose qui a introduit le ver dans le fruit et qui fait que, aujourd'hui, en gros, 15 % des enfants ne savent pas lire et écrire à l'entrée en sixième – ou en tout cas, 10% à coup sûr – mais surtout 20% ou 25 % de plus ânonnent, déchiffrent et ne comprennent pas le sens de ce qu'ils lisent et donc sont exclus de la lecture par plaisir.
Ce qui fait que vous avez 35 % d'enfants qui, en vérité, sont en situation d'échec scolaire d'entrée de jeu." (Dugong sur Bonnet d’âne)

Anne-Marie.


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