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Pour en finir avec les méthodes mixtes

Auteur Message
le: 21/09/2008 10:08
FPleo
Auteur du fil
Inscrit depuis: 09/06/2008
Interventions: 79
Deux témoignages à l'attention des enseignants et parents qui croient encore dans la valeur des méthodes mixtes (tirés du forum Leo Lea) :

D'un enseignant à une enseignante qui se voit contrainte d'utiliser Ribambelle :
« Bonjour Céline, tu es libre de choisir la méthode que tu veux, et tu n'as pas à te soucier des pressions extérieures, seul l'intérêt des enfants compte !
Pour avoir commencé par une méthode mixte lors de ma 1ère année en CP, et changé ensuite pour Léo et Léa, je peux te garantir qu'aucune pression au monde ne pourra me faire revenir vers une méthode mixte aujourd'hui. Les différences sont vraiment trop grandes.
La vitesse avec laquelle les enfants progressent, et surtout le niveau qu'ils ont en fin d'année grâce à Léo et Léa (comparé à une méthode mixte), aussi bien en code qu'en compréhension compenseront à mes yeux toutes les pressions du monde, d'où qu'elles viennent. »

Une enseignante :
« Institutrice en CP, ayant aussi beaucoup travaillé en grande section, j'ai été très intéressée par votre méthode syllabique et phonétique Léo et Léa. Méthode que notre école a choisi d'adopter l'année prochaine. Avec ma collègue de CP, nous constatons que nos meilleurs lecteurs sont des enfants qui ont déjà appris à lire avant le CP avec une méthode B A BA, avec l'aide de leur maman. Cela, bien sûr, nous interpelle et nous pose la question de savoir pour qui nous enseignons. La majorité de nos élèves rencontrent beaucoup de difficultés pour apprendre à lire et finissent l'année scolaire en étant très fatigués des gros efforts d'acquisitions que réclament nos méthodes actuelles. Est-ce bien normal pour des enfants de cet âge ? »
le: 23/09/2008 09:11
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 286

La méthode globale démolie

Lire sur l'accueil du site:
"Des neurologues ont d’ailleurs prouvé que si nous avions l’impression de “reconnaître” globalement les mots quand on lit, c’est simplement parce que notre cerveau nous trompe:"la méthode syllabique est tellement intégrée qu’on ne réalise plus qu’on l’applique encore. C’est d’ailleurs cette habitude qui nous permet de lire LoCOmoTiVe, même écrit bizarrement."

Les québécois seraient-ils plus avancés que nous dans l'évidence ?
Il est indispensable de passer par l'étape syllabique lente avant de pouvoir lire globalement et rapidement.
On a voulu court-circuiter cette étape absolument indispensable du déchiffrage syllabique. Même les lecteurs très habiles et rapides l'utilisent au ralenti en face de mots inconnus.
La lecture par comparaisson avec d'autres mots appris globalement est complètement inefficace, déstabilisante et génératrice de pseudo dyslexie.
C'est une utopie très dommageable pour les enfants de penser qu'ils vont apprendre à lire à partir d'un stock de mots.



le: 23/09/2008 21:15
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 688
"Il est indispensable de passer par l'étape syllabique lente avant de pouvoir lire globalement et rapidement."(Mamoune).

Madame Wettstein-Badour est très claire sur ce sujet : "Si la lecture acquise devenait globale, comme certains n'hésitent pas à l'affirmer, on retrouverait chez le lecteur entraîné une forte stimulation de l'hémisphère droit, ce qui n'est jamais le cas".

Elle dit plus loin : "Au risque de déplaire à beaucoup de pédagogues qui affirment le contraire, des travaux récents ont montré que les meilleurs lecteurs sont ceux qui lisent "lettre à lettre" et utilisent le moins le contexte pour découvrir le sens des mots.

Si j'ose une analogie avec les instrumentistes, les bons déchiffreurs sont ceux qui, connaissant parfaitement le nom et la place des notes sur la portée, sont capables de lire à toute vitesse une note après l'autre.
Mon mari, violoncelliste, après mûre réflexion, m'affirme être sûr qu'il ne déchiffre pas globalement.

J'ai entendu un professeur de neurologie du collège de France (M. Buser) dire que quand on lisait un texte difficile, on lisait lettre par lettre, et quand c'était facile, on lisait globalement.
Au risque de paraître prétentieuse, cela m'avait paru farfelu, et je me range à 100 % aux idées de Mme W.Badour.
Anne-Marie.


Pièce jointe
Wettstein-Badour le cerveau cet inconnu.pdf (Type: application/pdf, Taille: 1.69 MO) — 1466 téléchargements
le: 23/09/2008 21:30
toto
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 342
"Si j'ose une analogie avec les instrumentistes, les bons déchiffreurs sont ceux qui, connaissant parfaitement le nom et la place des notes sur la portée, sont capables de lire à toute vitesse une note après l'autre.
Mon mari, violoncelliste, après mûre réflexion, m'affirme être sûr qu'il ne déchiffre pas globalement."


Il ne déchiffre pas non plus 'syllabiquement' .

Il déchiffre 'machinalement', àmha, parce qu'il s'est énormément exercé avant (du simple vers le complexe) icon_smile.gif .

Il faudrait "s'amuser" à lui modifier 'discrètement' les portées qu'il a l'habitude de jouer, pour voir/rigoler si il 'voit' l'arnaque ... (fond/forme)

icon_smile.gif
le: 24/09/2008 00:22
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 286
On est peut-être un peu focalisé sur les mots : global ou syllabique.
Quand je lis très vite des mots connus, je lis probablement presque toutes les lettres.
S'il y a des fautes d'orthographe je m'en aperçois dans presque tous les cas.
Certaines m'échappent parfois parce que je n'avais pas tout vu .
donc on ne peut pas dire que je lis 100% des lettres.
Il faut que je relise plus lentement si on me signale que j'ai laissé passer une faute évidente.
Quoi qu'il en soit, je suis presque sûre que ma lecture rapide découpe en syllabes parce que j'ai appris à lire de cette façon.
Je peux lire très vite et aussi "en diagonale".
Dans ce dernier cas je ne lis pas tous les mots.

Pour déchiffrer la musique, on se réfère à ce qu'on a appris dans une clé donnée.
Le violoniste connaît la clé de sol, il lit toutes les notes rapidement dans cette clé..
Si vous lui faites lire une portée en clé de fa, (la clé principale du violoncelle), il sera obligé de réfléchir: les notes n'ont plus le même nom pour la même position. Il n'a pas acquis la même maîtrise de la lecture dans cette clé.
Les pianistes apprennent les 2 clés mais le déchiffrage leur est en général plus difficile car ils ont davantage de notes à lire dans les 2 clés simultanément.
le: 24/09/2008 23:06
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 688
J'ai à la maison un pianiste concertiste, je lui poserai la question demain.
Anne-Marie.
le: 25/09/2008 11:18
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 688
Mon ami concertiste a répondu à ma question, après avoir brillamment interprété une étude de Chopin.
"Comment déchiffres-tu ?".
Il "balaye" à toute vitesse en partant du bas. Bien sûr, il est aussi à l'aise en clé de fa qu'en clé de sol !
Lors d'un stage de musique d'une semaine, j'ai fait une petite enquête sur ce problème.
Pour bien déchiffrer, il faut ANTICIPER, et donc connaître parfaitement non seulement les notes, mais la mesure,et les clés, cela va sans dire. Bien des instrumentistes ont l'impression de ne pas progresser en huit jours, car évidemment, leur compétence en déchiffrage n'a pas progressé en huit jours,s'ils n'ont pas été capables de progresser pendant l'année.
Il faut acquérir un automatisme comparable à celui des lecteurs experts.
Ce qui fait que tant d'enfants échappent à l'apprentissage de la lecture, c'est que les stupides méthodes mixtes ne leur permettent pas d'acquérir cet automatisme, et qu'ils doivent faire un effort épuisant pour déchiffrer la moindre consigne.
(Lisez le petit texte de Madame Wettstein-Badour que j'ai mis en pièce jointe, il est vraiment passionnant.)


(Au violoncelle, il faut connaître trois clés : la clé de fa, la plus importante, la clé d'ut quatrième, et la clé de sol. De nombreux violoncellistes amateurs sont gênés par la clé de sol, ce qui n'est pas le cas pour mon mari, qui a commencé par cinq ou six ans de piano.)

Anne-Marie.
le: 25/09/2008 21:57
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 286
Merci Anne-Marie pour ces précisions musicales.
Il faudrait questionner aussi les chefs d'orchestre qui eux, ont encore plus de notes à lire que les pianistes !
J'ai remarqué que peu de pianistes se débrouillent avec le déchiffrage d'une partition de musique de chambre.
Beaucoup escamotent certaines notes.
Sans doute parce qu'ils n'arrivent pas à les lire assez vite.
Je me demande ce que va donner la nouvelle façon d'étudier le solfège.
La méthode globale sévit aussi. Les élèves n'apprennent plus guère la lecture de notes.
le: 26/09/2008 09:36
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 688
Ma fille a été pendant quelques années professeur de piano, et elle a eu essentiellement des élèves...d'un conservatoire qui n'avaient quasiment rien appris en deux ou trois ans de conservatoire.

Les chefs d'orchestre sont des musiciens très doués, (les hommes ne naissent pas égaux entre eux, "Certains sont plus égaux que d'autres", Orwell) et la plupart du temps, ils connaissent quasiment par coeur leur partition.
(Mon mari a vu Seijii Ozawa diriger par coeur une création, ce qui est particulièrement difficile !. Très souvent, on voit bien qu'ils tournent les pages en ayant à peine jeté un coup d'oeil.)

Sur la page d'une partition de chef, il y a cinq ou six mesures seulement, et toutes les parties instrumentales de haut en bas. Cela fait un paquet de notes, et de clés!

J'ai un ami qui a mis au point une technique pour améliorer la vitesse de déchiffrage, quelques minutes par jour, j'essaierai de lui extorquer.
Anne-Marie.