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Fils sans nouvelle réponse

Livre pour la GS de Thierry Venot, ancien rééducateur.

Auteur Message
le : 21/03/2009 09:17
Valette
Auteur du fil
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Voici la présentation, faite par Catmano, de cet excellent travail.





Il y a maintenant deux ans, j’ai découvert un « outil » nouveau pour mes élèves de Grande Section de Maternelle. Un « outil » utile, facile d’emploi et complémentaire de ceux que j’utilisais déjà.

Jusque-là, j’apprenais à mes « Grands » à écrire, en belles (enfin, presque) lettres cursives. Nous commencions l’année par des révisions du programme de graphisme de Moyenne Section, revoyant patiemment les tracés de lignes verticales, horizontales, obliques et les vagues.

La révision du tracé du « pont à l’endroit » nous amenait aux premiers exercices d’écriture, et mes élèves se rendaient compte qu’ils savaient déjà écrire un m et un n, comme leurs aînés de CP et de CE1. Nous faisions quelques exercices d’écoute, cherchant à bien prononcer et bien discriminer le son « MMMM » et le son « NNNNN » dans des mots.

L’année continuait et peu à peu, partant du geste, passant par le tracé, renforçant par l’écoute, mes élèves de GS faisaient leurs premiers pas en lecture.

Tant il est vrai que la lecture et l’écriture procèdent l’un de l’autre — et vice versa.

Certains se passionnaient pour cette activité, les autres s’y appliquaient consciencieusement, jour après jour, avec plaisir.

En fin d’année, les premiers savaient lire. Le simple fait d’apprendre à écrire chaque lettre, de copier des modèles de mots, puis de phrases que nous avions décortiqués et déchiffrés ensemble avait suffi à ce qu’ils « effectuent le transfert », comme on dit, et appliquent à leur vie de tous les jours cette connaissance. Leurs parents me disaient leur acharnement quotidien à déchiffrer tout écrit passant devant leurs yeux, du paquet de céréales du petit déjeuner au livre que leur offrait la tata Janine.

Les autres savaient écrire, mais ne cherchaient pas à lire. A la maison, ils demandaient souvent à leurs parents de leur écrire un modèle qu’ils s’appliquaient à recopier, en tirant la langue. Leur curiosité s’arrêtait là où la maîtresse les avait amenés.

Et puis, il y a donc deux ans, Thierry Venot, un instituteur spécialisé (ces fameux RASED), membre du GRIP, me demanda mon adresse car il voulait m’envoyer une « méthode » qu’il avait créée et expérimentée dans le cadre d’interventions de « prévention » qu’il effectuait avec les GS de son secteur.

Je la lus, je la lui commentai et je pris la décision de la tester sur mes bambins.

Par ailleurs, si je n’avais pas choisi de me rendre à Roncq, en août 2007, aux journées du SLECC, j’avais eu l’occasion d’en voir les vidéos, et l’introduction qu’avait faite Thierry avant de présenter sa méthode m’avait bien plu.

Cela changeait agréablement de l’interprétation toujours psychologisante des difficultés qu’auraient nos petits enfants du siècle à « entrer dans le monde de l’écrit ». Enfin une méthode qui ne laissait pas sur la touche parfois plus de la moitié des effectifs d’une classe, au prétexte que celle-ci avait le malheur de se trouver dans une zone géographiquement défavorisée. Enfin quelqu’un qui osait dire : « Les difficultés sont interprétées comme des problèmes psychologiques alors qu’il s’agit de problèmes de technique d’apprentissage. Le système a tendance à trouver toujours des alibis pour se dédouaner. »

J’adhérais parfaitement à son discours sur les enfants perturbés pour des raisons « sociétales » et croyais comme lui que l’école pouvait apporter des réponses en leur fournissant la structure qui leur manquait grâce à des apprentissages qui constituaient pour eux « une branche à laquelle ils pouvaient s’accrocher ». J’avais déjà pu le vérifier à de nombreuses reprises dans ma classe pour des enfants dont le moins que l’on puisse dire était que, s’ils étaient nés égaux aux autres, pour eux, c’était quand même nettement moins facile de le rester.

À la rentrée 2007, mes six « zozos » de GS arrivaient dans ma classe, au même niveau que leurs petits camarades des années précédentes. Ils avaient eu les mêmes maîtresses en maternelle : l’une très peu demandeuse en préparation à la lecture (ce pour quoi je la remercie : à 4 ans, ils sont petits, ils n’ont pas forcément les capacités motrices pour apprendre à lire et à écrire et ont tant d’autres choses à apprendre qu’il est dommage de « perdre leur temps » à essayer de mener des apprentissages qui les dépassent), préférant de loin les Arts Visuels à la sauce Art Contemporain ; l’autre toujours prête à se lancer dans le dernier gadget à la mode, adapté à sa manière, qu’elle menait avec constance pendant quelques semaines, puis abandonnait lorsqu’elle se rendait compte que « ça marchait bien avec Pierre, Arthur et Marguerite mais que Djeïzonne, Kimberley et Tijona avaient décidément besoin d’un suivi spécialisé et que l’école ne pouvait rien pour eux ».

Cette année-là, son dada du troisième trimestre avait été le fameux « Phono » de Goigoux et Cèbe. Elle avait abandonné au moment où malgré des séances et des séances de répétition, elle s’était rendu compte que Kéké n’arrivait toujours pas à faire l’exercice de conscience phonémique indispensable à une future approche de l’approche de l’approche du code alphabétique. Un truc tout bête pourtant ! Vous pouvez vous entraîner chez vous, c’est ludique, facile et certainement très utile !

Choisissez un prénom de 3 syllabes : Gré – go –ry par exemple. Amusez-vous à émettre ces 3 syllabes en frappant successivement dans vos mains, sur votre tête, sur vos cuisses. Gré (mains) – go (tête) – ry (cuisses) ! Oui, bravo ! On recommence ! Gré (mains) – go (tête) – ry (cuisses) ! C’est bien ! Un peu plus vite ! Ouiii, parfait ! Maintenant, on complique : nous allons taper successivement la tête, les mains, les cuisses, que faudra-t-il dire ???? Hein ???? Go – gré – ry ! Yeeees ! Allons-y ! Naaaaan ! On a dit « tête –mains – cuisses » ! Go – gré – ry ! Bon sang, Kéké, tête –mains –cuisses, gré, heu non, go, gré – oh zut, je sais plus !

Donc, des élèves normaux, les mêmes que l’année dernière… Et la méthode de Thierry Venot. Une première partie consacrée aux préalables spatio-temporels (avant, après, juste avant, juste après, en premier, en dernier), puis à la conscience syntaxique (notion de phrase et de mot) et enfin aux syllabes (compter, rythmer, classer, repérer) qui ne m’apporteront que la confirmation du bien-fondé de ce que je faisais déjà avec mes GS intégrés dans une classe contenant aussi des CP et des CE1 et de l’horreur que constituait l’exercice de torture mentale et physique qu’imposait ma chère collègue à ses petites têtes blondes et brunes ! Il me semblait aussi que l’on pouvait arriver à un bien meilleur résultat sans em… quiquiner des gosses avec un truc que même les adultes ont de la peine à faire !

Je continue donc mes jeux d’écoute avec les instruments de musique, mes rangements de gauche à droite, mes exercices de repérage. Mes petites GS participent chaque jour à la partie commune de la leçon de grammaire, apprennent à trouver des noms, des verbes, des articles, ils frappent les syllabes et les comptent, entendent parler des lettres, des voyelles, des consonnes, conjuguent à l’oral un verbe au présent, « jouent » à l’occasion des leçons d’orthographe avec les sons des mots.

À la rentrée de Toussaint, je présente à mes six petits élèves les premières fiches consacrées aux voyelles. Ils sont déjà en terrain connu et apprécient beaucoup ces petits exercices clairs, simples, à la fois progressifs et répétitifs. Thierry ne leur demande jamais d’inventer l’eau chaude tout seuls, ni de passer de longs moments à « réfléchir ensemble pour faire émerger une compétence », comme disent les spécialistes des conflits socio-cognitifs et autres carabistouilles. C’est au pied du mur qu’on voit le maçon, alors, au boulot, crayon à la main, on apprend et on s’entraîne !

Sur une première fiche, on entoure les lettres « vedettes » en couleur, sur une seconde, on s’entraîne à les écrire en « lettres attachées », comme les grands, sur les trois ou quatre suivantes, on ouvre grand ses oreilles, on apprend à articuler lentement pour repérer, parmi les mots représentés par des dessins, ceux dans lesquels on entend le son [a], [i], etc. Les trois sens utiles à l’apprentissage de la lecture (la vue, le toucher, l’ouïe) sont toujours associés : on « dit » ce que l’on « écrit », on « écoute » ce que l’on « dit ».

Vers la fin du premier trimestre, toutes les voyelles sont connues et réellement connues, aussi bien par Pierre que par Kimberley. Et tous ceux qui connaissent mon école peuvent témoigner du fait que mes classes contiennent beaucoup plus de Kimberley et de Djeïzonne que de Pierre et de Marguerite !

Nous avançons tranquillement dans la méthode, après les voyelles, nous passons aux consonnes, en commençant par celles que l’on peut « faire chanter » longtemps. Puis, vers la fin du deuxième trimestre, je présente les premières fiches de lecture-écriture de syllabes. Les enfants continuent à apprécier ces petits exercices très courts auxquels ils ne consacrent jamais plus de dix à quinze minutes dans leur journée de classe. Ils les aiment tellement qu’ils demandent l’autorisation de colorier les dessins pour rester un peu plus longtemps sur leur travail.

Et tout le monde continue à suivre. Et tout le monde casse les pieds et les oreilles des parents avec ses « Ffffff aaaaaa rrrrrr iiiiii nnnnnnn eeeeee ! T’as vu, maman, y’a écrit « farine » ! Je sais lire ! »

Je commence à parler de cette méthode autour de moi. Je propose l’adresse du site où l’on peut en trouver des extraits ( http://www.slecc.fr/sources-slecc/documents-peda/GS/metho... ), des collègues me contactent. Je demande à Thierry l’autorisation de communiquer quelques-unes de ses fiches en attendant que sa méthode soit éditée. Les collègues réclament, il faut bien faire quelque chose, non ?

Et puis, cela se précise, le GRIP va éditer la méthode. Thierry retourne à ses fiches, les perfectionne, change deux ou trois petites broutilles — les exercices d’écriture, par exemple, sont plus explicites, le sens du tracé est clairement indiqué afin d’aider les moins à l’aise de nos collègues, ceux à qui la formation n’a pas jugé bon d’expliquer qu’une lettre se traçait d’une façon et d’une seule si l’on voulait que les élèves gardent une écriture lisible et n’éprouvent pas de fatigue musculaire lorsqu’ils ont à écrire longtemps.

Encore quelques mois de patience, pendant lesquels ma première « fournée » de « méthode Venot » finissait d’apprendre à lire et ça y est ! La méthode va être éditée sous peu. La preuve, c’est que vous pouvez déjà aller admirer la maquette de la couverture sur le site du SLECC (http://www.slecc.fr/ en bas de page) !

Et ça, ça me fait bien plaisir.

Bien sûr, ce n’est pas un grand bouquin qui trônera en tête de gondole dans les librairies et les supermarchés. Thierry n’est pas connu du grand public et personne ne l’invitera sur les plateaux télé pour faire la promo d’un livre qui n’est pas vendeur, sauf dans les écoles maternelles (je conseille néanmoins aux instits de CP ou même à ceux de CE1 qui ont la joie, l’honneur et l’avantage de récupérer des GS/CP Goigoux et Cèbe qui se tapent la tête, les mains et les cuisses mais ne savent toujours pas lire de le commander) ou chez les parents d’enfants de 4 à 6 ans, mais ça, ce n’est pas grave.

Ce qui est plus ennuyeux, c’est qu’il n’est pas assez connu dans les écoles maternelles et que seul le « bouche à oreilles » et le « clavier à site internet » pourront le faire connaître. Alors, j’ajoute ma petite pierre à l’édifice en faisant moi aussi la « promo » du bouquin de Thierry que je remercie au nom de tous les Djeïzonne, Kimberley et Tijona qui, grâce à lui, quitteront la Grande Section à égalité avec Pierre, Marguerite et Arthur.

Mais si nous disposons déjà d’un outil efficace pour démarrer l’apprentissage de la lecture-écriture en GS et d’un autre, efficace lui aussi, pour obtenir des élèves qui quittent le CP en sachant compter et calculer, si nous en avons un troisième dans les tuyaux pour continuer dans cette voie en calcul au CE1, si d’autres sont en cours de gestation, en français et en mathématiques, il nous reste néanmoins une quantité énorme de pain sur la planche.

Alors, je ne saurais trop suggérer à tous ceux qui ont envie de tâter des joies de l’édition de s’atteler à la tâche énorme qu’il nous reste à effectuer. L’école primaire (et sans doute le collège et le lycée, mais je connais moins) a besoin d’outils nouveaux, dans toutes les disciplines, alors lancez-vous ! Merci Thierry et bonne chance à ton bouquin.

Catherine Huby


Voici, hélas comment les inspecteurs, entièrement, pour la plupart, inféodés au "socio-constructivisme", accueillent et soutiennent les géniales initiatives de ceux qui essayent de réintroduire l'instruction dans l'EN en pleine débâcle.

Ci-dessous une lettre envoyée l'an dernier à mon inspecteur.

Objet : Envoi d’un document et proposition d’un thème d’une animation pédagogique


Monsieur l’Inspecteur

Lors de notre rencontre de décembre, à la mairie de Montargis, mes propos concernant la profession de maître G n’ont, semble-t-il, été ni bien interprétés ni bien compris. Je me permets donc de porter à votre connaissance un texte que j’ai écrit en 2002. Je tiens à préciser que ce document a été rédigé bien avant la polémique actuelle sur l’école et qu’il a fait scandale dans le microcosme feutré du monde de la rééducation. Ce texte a été publié dans son intégralité en 2004 (en qualité de témoignage) dans un ouvrage traitant de l’apprentissage de la lecture. Même si la deuxième partie de ce document, déjà ancien, ne me satisfait plus pleinement, celui-ci reflète toujours ma pensée actuelle.

Je milite depuis de longues années en faveur d’une école publique de qualité pour qu’enfin elle ose mettre les savoirs (c'est-à-dire l’élève !) au centre du système éducatif. J’ai un rôle actif au sein de diverses associations qui défendent les méthodes d’enseignement explicite et plus particulièrement les méthodes d’apprentissage de la lecture par la voie alphabétique ainsi que l’apprentissage des quatre opérations dès le CP. Je me suis, dans cette optique, plus précisément intéressé à la grande section de maternelle. Je pense, en effet, que pour lutter efficacement contre l’illettrisme , de nombreuses connaissances peuvent et doivent être acquises avant l’entrée au CP. La réussite des élèves dépend de la cohérence des progressions proposées dans ces deux classes successives et non sur l’étude de pré-requis aussi hypothétiques qu’alambiqués ni, d’ailleurs, sur une organisation en cycles qui, dans les faits, est plus virtuelle que réelle. Pour tenter de sortir l’école maternelle de « l’obscurantisme » des pratiques actuelles » (l’expression est pesée), je me suis attaché à définir un véritable programme d’entrée dans la «langue écrite». Je suis l’auteur d’une méthode destinée aux élèves de grande section. Cet ouvrage qui s’appuie sur la transmission des savoirs propose un bouleversement radical des pratiques pédagogiques actuelles. il est composé de deux livrets. Le premier est destiné à l’enseignant ; il expose avec précision la conduite des activités ; le second est un fichier d’exercices. Puisque vos deux prédécesseurs n’ont pas jugé mon intervention opportune, cette méthode a fait l’objet de plusieurs exposés en dehors du cadre officiel de l’Education Nationale. Si vous me donnez la possibilité de m’exprimer, sachez que je dispose d’un fichier « power point » qui peut servir de support à cette animation (deux fois trois heures de préférence).
Je n’ai rien à vendre ; je souhaite simplement faire partager mon expérience et mes convictions au plus grand nombre. Ma préoccupation principale est la réussite des élèves dans un système éducatif qui doit absolument relever la tête. Si vous êtes intéressé par ce projet (bien que nul ne soit prophète en son pays), je vous enverrai un exemplaire de mon travail et je me tiendrai à votre disposition pour en discuter avec vous.
A bientôt 52 ans, j’ai l’impression d’être arrivé au bout de ma réflexion, je suis fatigué d’être sans cesse miné par une colère intérieure, fatigué de prêcher dans le désert, fatigué par une forme d’hypocrisie qui travestit l’indifférence en compassion, fatigué de voir l’école laïque maltraitée et ouvertes aux « fantasmes » des « spécialistes » et des « experts autoproclamés ». Je suis conscient que je ne révolutionnerai pas un système enkysté dans des habitudes qui laissent peu de place à une analyse rationnelle des pratiques mais dans un climat dit « de liberté pédagogique » qui, en fait, ouvre la porte à tout et à n’importe quoi, mon objectif est de susciter une prise de conscience et une réflexion sur la pertinence des contenus enseignés en maternelle.
Lors de la réunion des réseaux, l’un de vos conseillers m’a « implicitement » (élégamment ?) suggéré de changer de métier ; et bien, en effet, l’accueil que vous réserverez à mon travail déterminera la suite que je donnerai à ma carrière dans l’enseignement spécialisé. Vous avez donc l’occasion unique de vous débarrasser de moi ; le souhaitez-vous ? Saurez- vous en profiter ?

Veuillez croire, Monsieur l’Inspecteur, à mes sentiments respectueux et dévoués.


Thierry Venot

Que croyez-vous qu’il advint ?

Invité et bien accueilli je fus.
Très intéressé par mes documents l’inspecteur déclara être.
Du café nous bûmes.
De monter en grade il me conseilla. ( !! ??)
De tout et de rien nous discutâmes.
Les difficultés de sa fonction il m’exposa.
Cordialement il me salua.
De me revoir la promesse il fit.

Quelques mois plus tard…

Ma lettre de démission de la fonction de maître spécialisé il reçut !
Cordialement
Thierry

Ecrit par : thierry venot | 20 mars 2009

Anne-Marie.
le : 21/03/2009 16:37
toto
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 333
"« Ffffff aaaaaa rrrrrr iiiiii nnnnnnn eeeeee ! T’as vu, maman, y’a écrit « farine » ! Je sais lire ! »"



Frakkkon a dit qu'il aurait la peau des 'zalphas', on attends encore ...
Thierry ne doit pas se démotiver pour les un ou 2 nânes qui restent ...
icon_smile.gif
le : 23/03/2009 13:39
ex-parent
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 77
Je me permets de recopier ce texte magistral depuis le blog de Brighelli.

Il s'agit d'une réponse de Thierry Venot à Christophe Sibille. J'espère que Thierry Venot ne m'en voudra pas de ce "copier/coller":


La question de Christophe Sibille:

Pour Chevreuil, et Catmano,
Pour moi, il ne s'agit pas de "Champollion vs Thierry Venot", dont je respecte profondément les travaux, (des deux, icon_wink.gif

Simplement, j'ai vu un certain nombre de "cas", dans différents niveaux de classe, (de la PS au CE2) de gamins dans une telle détresse affective qu'aucune technique, en "classe normale", n'aurait pu les en faire sortir avant un travail psy extrêmement spécifique, (le plus marquant, pendant une visite pédagogique après d'un stagiaire qui a eu la chance d'avoir la classe (un CE1) dans laquelle se trouvait un malheureux gamin, qui avait été victime de maltraitances innomables de la part de ses "parents", et qui avait passé son début d'enfance à avoir ses repas dans la gamelle du chien.
Je suis convaincu, oh combien, que c'est en "donnant un sérieux grain à moudre" aux élèves, et non à faire "de l'occupationnel", ou en les "sous-instruisant", qu'on réussit dans la plupart des cas. Mais ceux dont je vous parle sont plus fréquents qu'on ne croit. On fait quoi?

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 mars 2009

La réponse de Thierry Venot:

Salut Christophe

Bien que ton message soit adressé à Chevreuil et Catmano, je me permets d’y répondre. J’ai occupé la fonction de maître G pendant de longues années et, à ce titre, j’avais pour mission d’aider tous ces gamins « cassés » par la vie .Tu as raison, dans certains cas, le traumatisme est si fort que « donner du grain à moudre » ne suffit pas. Pour ces enfants, l’institution a quelques recours : les prises en charge au CMP et au CMPP mais également les maîtres G (qui vont progressivement disparaître). Je me suis montré très critique à l’égard des dérives psychologisantes de ma corporation ; je le suis toujours ; toutefois, la suppression pure et simple de cette fonction, qui faisait le lien entre l’école, les familles et les lieus de soins, me semble dommageable.
Il ne faut pas créer une oppositions factice et caricaturale entre, d’un côté, les instructionnistes dont le seul but serait de faire entrer, avec un marteau et burin, un programme dans la tête des élèves et, de l’autre, les psychologistes qui verraient dans la moindre difficulté scolaire ou comportementale une problématique psy (je sais que tu n’es pas de ceux-là).
J’ai acquis la conviction que la qualité de l’enseignement joue un rôle déterminant dans la construction, voire la reconstruction, de la personnalité. Le constructivisme est une forme de lâcheté vis-à-vis d’enfants qui n’ont pas la disponibilité psychologique pour ce rapport au savoir. Je ne suis pas suffisamment crédule pour penser que l’instruction et les programmes suffiront, à eux seuls, à nous sortir de l’impasse actuelle mais je pense qu’ils sont des pièces essentielles du puzzle. Nous ne sommes pas aveugles, il serait stupide de nier les problèmes de société ... Les enfants qui arrivent le matin avec deux heures de dessins animés dans les yeux … Ceux qui, dès cinq ans, ont la télé et la console de jeux dans la chambre (pour construire seuls leurs savoirs ?)… Ceux qui arrivent le ventre vide ou encore ceux qui ne savent pas ce que signifie… s’asseoir autour d’une table pour prendre un repas commun !

En dix huit années dans cette fonction, j’ai été confronté à des cas très lourds.

Un gamin de moyenne section est signalé par une enseignante ; il ne parle pas, ne bouge pas ne joue pas, ne communique pas. Le mot autisme est (trop) rapidement lâché. Je rencontre les la famille, un jeune couple charmant. Première étape, faire prendre conscience aux parents que le comportement de leur fils pose problème car, selon eux, leur gamin se porte très bien (il a bon appétit et dort bien !). Au fil de l’entretien, les choses se précisent. Ce jeune couple a récemment acheté un café restaurant ; les deux parents travaillent toute la journée pour essayer de rentabiliser leur affaire. Pendant ce temps, le gamin reste la journée entière à l’étage dans une absence totale de stimulation. La mère ne monte voir son gamin que pour changer la couche débordante et lui faire ingurgiter rapidement un repas. En fait, ces (très jeunes) parents n’ont aucune idée de ce que doit être l’éducation d’un enfant. Ce ne sont pas des parents indignes ; ils aiment leur fils mais ne savent pas : « Comment ça s’élèvent ces petites bêtes là ». Je me suis occupé de ce « petit animal » pendant deux ans. Il a fallu tout reconstruire en coopération avec la famille qui avait, enfin, pris conscience du problème. Il a fallu lui apprendre à parler, à communiquer, à jouer, à grimper à une échelle, à sauter de la hauteur d’une marche, à jouer avec des camarades…. Le gamin s’en est bien sorti mais ce ne fut pas une mince affaire.

Une instit m’appelle (en pleurs). Un gamin de sa classe a été surpris dans les toilettes en train de sucer ses camarades (la zigounette, bien sûr). D’après l’atsem, ce n’est pas la première fois mais celle-ci avait préféré se taire afin d’éviter un scandale dans le village. Les parents du gamin sont séparés. Je rencontre le papa qui soupçonne fortement de maltraitance son ex-épouse et le beau-père de son fils. La maman ne répond pas à ma demande de rendez vous. Je rencontre le gamin qui se contente de noircir sa feuille de dessin jusqu’à la percer. Les soupçons se précisent et, finalement, un signalement est fait au procureur. Une enquête de gendarmerie est menée. Le gamin n’était pas abusé sexuellement mais il assistait passivement aux « parties fines » organisées par son beau-père et sa mère dans l’appartement familial (il construit ses savoirs !). Le gamin fut confié à son père et déménagea.

Un gamin de moyenne section se tape la tête contre la porte de la classe pendant des heures ; il insulte son institutrice et hurle si elle tente d’intervenir ! La maîtresse est découragée ; ni elle, ni moi n’avons de prise sur le gamin. Certains jours les crises s’estompent. Le gamin ne participe à aucune activité de la classe. La rencontre avec la famille ne mène à aucune piste sérieuse, les parents décrivent leur fils comme un enfant rebelle, difficile à élever. L’année passe avec des hauts et des bas. A la rentrée suivante … même scénario ! Jusqu’à ce que… je prenne ce gamin avec ses camarades pour attaquer la première page du premier chapitre de la fameuse méthode proposée par votre serviteur. Pendant les séances, le gamin devient attentif, poli, il lève la main pour participer et ne s’exprime que quand je lui donne la parole ; il prend du plaisir à apprendre. Au fil des semaines, il se révèle être le meilleur élément de cette classe de grande section. En fin d’année il fait partie de ceux qui savent vraiment lire ; il est radieux et heureux de venir en classe. Les parents sont stupéfaits par le changement d’attitude de leur fils. Ce cas extrême peut paraître caricatural; il est pourtant rigoureusement exact*
Alors ? « Élexir du docteur Venot » ? « Miracle de l’instruction » ? « Effet maître » ? Honnêtement je n’ai toujours rien compris à ce changement d’attitude. Cette histoire aurait, d’ailleurs, pu évoluer tout autrement. Je ne suis pas professeur en Sciences de l’Éducation, c’est pourquoi je me garderai de faire une interprétation hasardeuse de cette métamorphose (c’est pourtant tentant) ; je laisse cela aux « spécialistes ». Pour moi, l’essentiel, c’est que ce gamin soit sorti d’affaire (meilleur élément du CP l’an dernier).

En résumé : Il serait caricatural et réducteur de penser qu’un enseignement structuré puisse, à lui seul, répondre aux maux de la société et à tous les traumatismes individuels. Les programmes et le type de méthode choisi sont des réponses à la crise de l’école ; elles sont centrales car ce sont les seules que nous puissions véritablement contrôler. Je reste persuadé que l’impact de ces réponses va, surtout pour les enfants les plus fragiles, bien au delà de la simple qualité de l’enseignement.
Cordialement
Thierry.


*J’oubliais ces cas aussi rigoureusement exacts que ceux cités ci-dessus :

Un écolier malvoyant retrouve la vue en ouvrant la première page de la méthode « De l’écoute des sons à la lecture ». Le petit garçon se confie aux journalistes : « j’ai senti comme un courant d’air qui ma traversé d’un seul coup et, aussitôt, j’ai pu lire mon livre sans mes grosses lunettes, je suis trop content. »
Un élève de grande section voit les numéros gagnants du loto dans le CD d’exercices de la méthode « De l’écoute des sons à la lecture ».Le petit Victor s’explique « j’ai été ébloui par un flash lumineux avec beaucoup de numéros dedans. J’ai appelé papa et je lui les ai dicté tous les numéros ; papa a joué au loto avec ; maintenant il est riche mon papa ! »
Guérison spectaculaire de la varicelle dans une école maternelle. Catherine Huby institutrice à Saint- Pantaléon- les- vignes est encore sous le choc : « Les petits boutons ont disparu comme par enchantement en l’espace d’une seconde. Habituellement je ne suis pas crédule mais là, j’avoue que je suis encore bouleversée par ce que j’ai vu ! ». La petite miraculée raconte : « J’ai touché le livre de Monsieur Venot ; ça m’a fait comme si une petite souris me chatouillait partout sur la peau et d’un seul coup, tous les boutons vilains ont disparu, je suis toute belle maintenant »
Et encore…
Incroyable ! Après avoir lu de « l’écoute des sons à la lecture », l’IEN Pierre Frackowiak a invité Jean Paul Brighelli à une soirée « moules frites » dans son fief nordiste. Après une soirée bien arrosée, les deux compères sont sortis du restaurant « bras dessus, bras dessous » et ont annoncé la co-écriture d’un ouvrage sur les méfaits du pédagogisme : « De l’écoute des cons à l’imposture »

Les témoignages se multiplient mais je crois que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui !
Dépêchez-vous d’acheter mon bouquin ; il n’y a que 250 exemplaires !
Ecrit par : thierry venot | 23 mars 2009
le : 23/03/2009 20:55
toto
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 333
Thierry V bientôt béatifié ? icon_smile.gif

Par contre, l'õt "cas", toujours aussi détestable ! banghead.gif

[Cette intervention a été corrigée 1 fois, en dernier le 23.03.2009 à 21:00.]
le : 24/03/2009 18:02
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 272
Où peut-on acheter le livre de Thierry Venot ?
L'encre est chère on ne peut pas tout imprimer soi-même...
le : 24/03/2009 21:02
Valette
Auteur du fil
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 659
Toto, Thierry est un sacré blagueur !
Quel travail il a fait toutes ces années.

Mamoune, je vous le dirai dès que je le saurai : il n'est pas encore disponible.

J'ai demandé au webmestre de le mettre dans les événements.

Anne-Marie.
le : 24/03/2009 21:04
Tomi
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 854
Foucambert, Goigoux, Charmeux... ont bien "enfarinés" les profs en formation !!!!


En allant sur "slecc.fr" on touve la présentation du livre de Thierry Vénot pour la GS.

Son livre est intitulé :


"De l'écoute des sons à la lecture".


Le titre du livre est sobre et compréhensif. C'est de très bon augure !!!! On ne trouve pas de vocabulaire inutilement compliqué qui n'apporte rien!

Affaire à suivre !

Tomi

PS

Je recopie ce qu'on a plus haut sur le post sur l'auteur :

Lors de la réunion des réseaux, l’un de vos conseillers m’a « implicitement » (élégamment ?) suggéré de changer de métier ; et bien, en effet, l’accueil que vous réserverez à mon travail déterminera la suite que je donnerai à ma carrière dans l’enseignement spécialisé. Vous avez donc l’occasion unique de vous débarrasser de moi ; le souhaitez-vous ? Saurez- vous en profiter ?

Veuillez croire, Monsieur l’Inspecteur, à mes sentiments respectueux et dévoués.


Thierry Venot

Que croyez-vous qu’il advint ?

Invité et bien accueilli je fus.
Très intéressé par mes documents l’inspecteur déclara être.
Du café nous bûmes.
De monter en grade il me conseilla. ( !! ??)
De tout et de rien nous discutâmes.
Les difficultés de sa fonction il m’exposa.
Cordialement il me salua.
De me revoir la promesse il fit.

Quelques mois plus tard…

Ma lettre de démission de la fonction de maître spécialisé il reçut !
Cordialement
Thierry
le : 25/03/2009 16:37
Tomi
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 854
LE BEAU PARENT !!!!

Thierry Vénot explique que les difficultés d'un élève peuvent aussi s'expliquer par l' attitude d'un beau-parent (Exhibitionisme ou pire). Au début du fil, dans le copier coller d'Anne-Marie on trouve un cas relaté . Beaucoup de difficultés surviennent dans des familles recomposées. Même quand le beau-parent n'est pas pervers les relations sont souvent difficiles entre un enfant et son beau-parent. Même dans une famille classique les relations ne sont pas toujours faciles entre un enfant et l'un de ses parents ou les deux. On présente en exemple la famille recomposée de David Douillet. Cette famille recomposéee semble plutôt harmonieuse. C'est loin d'être toujours le cas... Cela existe et les exemples positifs doivent être mis en avant. Les premiers à souffrir de mésentante des adultes sont les enfants. Des remédiations sont nécessaires.

Pour ma part parmi les deux élèves qui avaient le plus de difficultés pour la lecture, j'ai fini par apprendre de l' Institutrice de l'un d'eux qu'il avait eu un beau parent pervers. L'autre avait des parents normaux et un frère qui n'avait pas de difficultés majeures dans sa scolarité; il avait eu quand-même une mauvaise méthode de Lecture qui lui avait mis les neurones à l'envers. Il avait un seul handicap lourd.

Etre informé permet de mieux comprendre les raisons d'un dessin ambigu fait spontanément par un enfant.

Très triste humanité trop souvent !



REVENONS AU LIVRE DE THIERRY VENOT :

Il complétera bien ce qu'on peut trouver chez Oppa-Montessori pour la GS, Classe Capitale.
Mamoune aller à "slecc.fr" Vous aurez beaucoup d'information sur cette méthode pour GS.


Tomi
le : 25/03/2009 17:25
Tomi
Inscrit depuis: 03/06/2008
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Thierry Vénot anciennement était dans un réseu Rased. L'éducateur doit aussi très souvent éduquer les parents quand c'est encore possible !

Il faut aider les parents à se responsabiliser et les conseiller. Ce sont normalement les premiers éducateurs!

L'Etat ne peut tout faire dans tout les domaines !

A Roncq (août 2007) Thierry Vénot a exposé sa Méthode pour GS. C'était Hyper intéressant ! Le Cours Préparatoire a été artificiellement séparé de ce qui est devenu la GS.Cela s'est fait à l'époque de Jules Ferry quand l'instruction est devenue obligatoire à partir de l'âge de 6 ans. Les enfants avaient entre 5 et 6 ans en CP, avec de bonnes méthodes d'apprentissage de la Lecture seulement quand les parents avaient les moyens d'en acheter. Depuis Trente ans environ on a souvent une coupure artificielle entre la GS (ex Jardin d'enfant) et le CP comme si l'èlève n'était pas un même individu en GS et CP.

Depuis 2 ans je dénonce la bêtise d'apprendre l'écriture en Capitales en GS.
Ceux qui savent écrire en Minuscules Cursives savent écrire ipso facto en Capitales. Le contraire est totalement faux; il faut recommencer. Les Instituteurs et Institutrices de GS refilent le Mistigri à ceux de CP !!!!

DEUX ECRITURES, en début de CP, suffisent. Il faut privilégier l'Alphabet en Minuscules Cursives (Lire et Ecrire) et l'Alphabet en Minuscules d'Imprimerie(Lire) comme dans le Boscher. En aucun Cas il faut rajouter l'Alphabet en Capitales. Cela fait Trois Alphabets et les Gosses, très très souvent mélangent tout. Trois fois 26 Lettres soit "72 CARACTERES" suffisent à des petites têtes !!!! .

En GS il faut apprendre aux Gamins à écrire une grande partie de l'Alphabet ou la Totalité quand c'est possible ! Ne pas le faire relève d'une politique de Gribouille !!!!! Il faut recommencer !



AGE EN CP :

Anne-Marie, auteur du fil, nous donne le témoignage qu'il était possible de faire un CP à 5 ans pour certains et certaines. Le formatage généralisé ne le rend guère possible.

Tomi



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