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le : 09/03/2009 16:28
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Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 274
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Revoilà le cirque...
Anne-Marie, les textes sont imbuvables, mais le résultat est là.
j'enrage de voir dans la presse de ce jour (O.F)
" On se prépare à la semaine du cirque.
Voilà un chouette de projet d'école....
Grâce à la collaboration de Géant (casino),le chapiteau du cirque Métropole sera planté sur son parking. Afin de les préparer au spectacle qu'ils donneront le 19 mars les élèves de l'école....ont passé en revue les métiers du cirque.
2 spectacles: le 17 par les gens du cirque, le 19 par les enfants de l'école.
10 euros les 2 spectacles."
Promotion du cirque et de ses métiers.
C'est beaucoup plus drôle que d'apprendre les tables de multiplication ou le passé simple.
Ensuite on pourra suivre la filière métiers du cirque en fac, ce qui vous conduira aux métiers d'intermittents du spectacle.
J'ai une petite nièce dans ce cas : pas tellement le genre clown, je la voyais plutôt devenir une brillante littéraire...bof
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le : 09/03/2009 17:04
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marcha
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 59
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Oui les enfants sont scolarisés, ils ne descendent plus dans la mine : c'est déjà un énorme progrès.
Mais hélas à l'école il y a des années où ils ne font pas grand chose : ils n'apprennent rien.
Je suis prudente, je ne généralise pas. Tout dépend sur quels enseignants les enfants tombent : nous sommes bien d'accord là-dessus.
Cette année je me fais un souci d'encre pour ma fille qui est en 5ème : elle est bonne élève, elle est travailleuse quand on lui donne du travail MAIS cette année elle n'a pratiquement rien à faire.
En math le prof fait 2 interros par trimestre, jamais d'exercices à chercher à la maison, jamais de devoir maison à chercher, pas de cours, il faut juste écouter les explications orales du prof : tant pis pour ceux qui ont une mémoire graphique. Personnellement j'ai besoin d'écrire pour m'approprier les choses.
En anglais cela fait plusieurs séances qu'on lui passe le même film en ....français !!!!
Alors j'essaie de rattrapper les choses à la maison mais franchement il y a des week-end où je n'ai pas le courage : RAS LE BOL !!!
Etant enseignante, je vois le métier devenir de plus en plus difficile. Cette année j'ai une classe particulièrement difficile à tout point de vue : discipline, et désintérêt total pour apprendre quoi que ce soit. J'ai essayé de déployer des trésors de patience, de fiches conseils, d'explications, de dialogue "Pourquoi êtes-vous au lycée?" bonne question certains ne savent pas très bien ce qu'ils y font, ils poursuivent leur cursus de classe en classe.....
J'ai fait venir d'anciens élèves pour leur montrer des exemples de ce qu'il est possible de faire après leur bac : cette année tout ça ne va pas du tout.
Que faire?
Peut-on donner à manger à des gens qui n'ont pas faim? plus ou moins soutenus par des parents dépassés : 'Je ne peux pas lui interdire l'ordinateur, il a 17 ans vous savez c'est pas facile !!'
La semaine dernière il y en a un qui était en train de me marquer que 5 cm = 500 m !!!! Je suis intervenue pour lui dire que sa transformation me chagrinait alors il a essayé de rectifier....
A chaque fois que je fais des exercices en classe, je refais le tableau de conversion pour leur expliquer comment on transforme les unités tout en leur expliquant également comment utiliser les puissances de 10 (parce que lorsqu'un condensateur a une capacité de 47 nanofarad, il vaut mieux savoir utiliser les puissances de 10 pour transformer le résultat en farad ).
Les jeunes que j'ai en face de moi refusent tout effort intellectuel !!!
Mais s'ils ont eu le même style de professeurs que ma fille au collège, je comprends qu'au lycée, cela coince......
Ils n'ont aucune curiosité intellectuelle, c'est très grave !!!
Si nos jeunes n'ont aucune curiosité intellectuelle, j'ai bien peur que nous régressions.
Dans les couloirs ils se tapent dessus(c'est pour rire madame !) drôle de jeux !!
J'essaye de les tirer vers le haut mais cette année je m'épuise. C'est la première fois que je me retrouve face à une classe entière ayant cette attitude!!!
Et là en tant qu'enseignants, nous sommes désarmés.
Marcha
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le : 10/03/2009 08:27
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ex-parent
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 77
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Je compatis à votre constat, Marcha. Mais, faites bien attention car vos propos pourraient être déformés. Vous dites « Les jeunes que j’ai en face de moi refusent tout effort intellectuel […] Ils n’ont aucune curiosité intellectuelle. » Certains pourrait saisir la balle au bond et rétorquer que puisque les élèves ont manifestement changé, il faut adapter la pédagogie à ces nouveaux publics.
Si les élèves ont changé, c’est parce que la société a changé, soit ! Mais, c’est aussi parce que l’école a démissionné bien trop facilement de son rôle de gardienne des savoirs, de la raison et de toutes ces sortes de choses, au nom d’une modernité et d’un égalitarisme mal compris.
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le : 10/03/2009 10:09
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Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 274
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" elle est bonne élève, elle est travailleuse quand on lui donne du travail MAIS cette année elle n'a pratiquement rien à faire.
Les jeunes que j'ai en face de moi refusent tout effort intellectuel !!!
"
Marcha c'est un grave problème que vous soulevez.
On n'habitue absolument pas les élèves à quelque effort (intellectuel) que ce soit.
Les enfants qui sont le plus pénalisés sont les enfants qui ont peu de moyens, et les plus doués.
Ceux qui sont en difficuté dès le CP entreront dans la spirale infernale de la remédiation, qui n'est souvent qu'un rabâchage de mauvaises méthodes.
Ceux qui ont des facilités prennent l'habitude de ne rien faire.
Un élève très doué, qui réussit sans problème en primaire et au collège, est complètement désemparé devant un effort à fournir au lycée, il ne comprend pas pourquoi il ne réussit plus sans travailler.
Un élève de seconde dans ce cas disait à ses parents :
" Mais il va falloir que je travaille comme çà toute ma vie? "
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le : 14/03/2009 15:25
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denis
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 27
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"Denis, c'est peut-être la 1ère fois qu'on voit l'école se transformer en descenseur social"
Sans vouloir vous blesser Mamoune, on sait cela depuis Bourdieu, soit depuis cinquante ans. Ce n'est pas la première fois qu'on sait que l'école reproduit les déterminismes sociaux (ce qui d'ailleurs n'est nullement contradictoire avec une augmentation globale du niveau). Il n'y a jamais eu "d'ascenceur social" général. L'idée d'une école autrefois meilleure est en l'absence de démonstration, une affirmation, voire un mythe. L'école n'est certainement ni meilleure ni moins bonne qu'avant. A la rigueur, je serais prêt à considérer que le niveau en orthographe a globalement baissé au profit de la compréhension, mais on se lancerait dans des interprétations de données profondément insuffisantes, du coup, je préfère m'abstenir et rester dans une attitude sceptique face à l'absence de preuves scientifiques et à la profusion de témoignages subjectifs bien trop emprunts de colère et d'indignation. L'époque est dure, et la peur et le colère nous conduisent à mon avis, à nous tromper de "cibles", et à célébrer une école qui n'a jamais existé. Il n'y aura pas de "lendemains qui chantent", et il n'y a jamais eu non plus "d'âge d'or". Le premier comme le second appartiennent à deux opposés, progressisme et conservatisme, qui s'affrontent et véhiculent leurs propres fictions. Libérons-nous de ces idéologies ! Conservons sang froid,mesure,détermination !
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le : 15/03/2009 21:17
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Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 274
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Quand on parle d'un " descenseur " je suppose qu'on évoque la descente (si on peut parler d'échelle sociale).
Ce qui veut dire que non seulement la société n'aide pas les plus défavorisés, mais elle ne reproduit pas non plus les déterminismes sociaux.
Autrement dit, pardonnez moi cette expression triviale :
même les "fils de bourges" ne s'en sortent pas.
Si je me souviens bien, l'auteur de cette expression signalait que si autrefois le fils d'ouvrier devenait cadre , aujourd'hui on aurait l'inverse.
Le fils ouvrier étant malgré tout plus diplômé que son père.
Mais que valent les diplômes actuels ?
Je ne suis pas persuadée qu'ils soient un critère d'instruction.
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le : 14/06/2009 12:52
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denis
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 27
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Mamoune, je ne sais d'où vous tirez vos affirmations, mais les enquêtes sociologiques récentes montrent que l'école reproduit bel et bien les déterminismes sociaux. (les cadres font des cadres, les ouvriers des ouvriers). Et il est absolument faux que dans un temps ancien les ouvriers globalement faisaient des cadres.
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le : 14/06/2009 22:09
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Valette
Auteur du fil
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 662
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"Mamoune, je ne sais d'où vous tirez vos affirmations, mais les enquêtes sociologiques récentes montrent que l'école reproduit bel et bien les déterminismes sociaux."
Refrain connu : des chiffres !
Mon mari et moi qui avons été dans des facultés (médecine et pharmacie) avons eu d'éminents professeurs qui étaient issus de milieux pauvres ou ouvriers.
Un des grands-pères de mon mari était ouvrier pâtissier, dispensé de service militaire et soutien de famille : il s'est élevé lui-même, ayant reçu l'excellente instruction de l'école, et a pu être directeur d'hôpital. Un de mes grands-pères, petit paysan normand pauvre, patoisan, a pu être un très grand savant du 20 ème siècle, grâce à son instituteur, qui est venu voir son père en lui disant " Il faut vous saigner aux quatre veines, il faut que le petit fasse des études."
Dans les prépa aux grandes écoles, il y avait il y a trente ans 25 % de fils d'ouvriers et d'employés. De nos jours, quelques %.
J'ai une amie laborantine dont la fille a fait l'ENA : silence gêné quand elle a annoncé que son père était cheminot : elle était la seule à être de milieu non cadre sup, enseignant ou profession libérale.
Mais je ne suis pas sûre de vous convaincre : lisez une dizaine de livres, comme ceux de Liliane Lurçat, celui tout récent de Nathalie Bulle, celui d'Elizabeth Altschull, ceux de JP Brighelli, Maurice Maschino, étudiez attentivement les excellents livres de calcul de Pascal Dupré.
Mais lisez aussi pour comparer le livre du maître de Mika, de Gérard Chauveau, 228 pages de conneries indigestes, pour expliquer une des plus mauvaises méthodes : les enfants échouent directement au mieux chez l'orthophoniste, au pire chez les psychologues, ou les 40 services de ces truands qui sont pédo-psychiatres et se font du beurre sur le dos des familles prises en otages pour leurs savantes recherches sur le vivant. (Au moins, en médecine et en pharmacie, on utilise des cobayes des souris, des singes, et on a assez d'ennuis avec la SPA.)Et les livres comme les "albums"pour apprendre à lire" d'Alain Prinsaud. Et les méthodes de ce faux-cul de Bentolila : quel fric, il se fait, celui-là !
Si vous avez des questions, j'ai une bibliothèque bien fournie, je peux mettre en pièce jointe n'importe quel document à l'appui de ce que je dis.
Mais je sais qu'on ne convainc...que ceux qui sont de votre avis.
J'ai une douloureuse et "récurente" expérience familiale de tout ce que l'école actuelle peut avoir de nocif et même destructeur sur les enfants, en dernier avec un petit-fils de 9 ans, depuis plus de trente ans !
Anne-Marie.
PS : j'oubliais : les livres de Michel Leroux, Paul-marie Conti, "La débâcle de l'école", collectif, ceux de Marc Le Bris...etc etc.
Qui veut s'informer honnêtement, s'il n'a pas lui-même l'expérience de la débâcle de l'école (ce qui semble être votre cas, Denis) n'a que l'embarras du choix.
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