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Catmano (le retour)

Auteur Message
le : 01/04/2009 21:50
ex-parent
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 77
Gerry,

Ce que vous appelez « centre de redressement », cela existe. Ce sont les Centres Educatifs Fermés, non ? (http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2287059&rubId=4076)

Au delà de ce que vous proposez, je me demande s’il ne faudrait pas décréter un véritable « Plan Marshall » de la sécurité à l’école.

On pourrait ainsi envisager que les établissements, et je pense ici principalement aux collèges et lycées, aient enfin et à nouveau une véritable politique de sécurité à l’intérieur de leurs murs et à l’intérieur des classes. Il faudrait oser demander aux Conseillers Principaux d’Education de redevenir des surveillants généraux, ce qui n’est pas politiquement correct. Il faudrait exiger de l’état qu’il se ré-engage dans ce domaine en nommant un nombre important de surveillants. Il faudrait que l’état exige des établissements des résultats tangibles en termes de diminution d’actes délictueux.

Pour les établissements où la paix ne peut même plus être rétablie par ces moyens « internes », il faudrait admettre la nécessité d’une intervention sur le long terme des forces de l’ordre, en collaboration avec le chef d’établissement et avec l’équipe éducative, chacun s’occupant de son domaine :
- l’ordre aux forces de police,
- l’instruction aux professeurs.

Concernant votre remarque finale sur la responsabilité d’un urbanisme inhumain dans cette violence scolaire, je voudrais dire que je conçois bien, comme vous, la corrélation évidente entre grands ensembles et violence scolaire, entre pauvreté et violence scolaire. Mais, je pense qu’il ne faut pas attendre d’avoir réglé le problème des grands ensembles pour régler le problème de la violence scolaire ; si on attend cela, on attendra longtemps. Non. Nous sommes placés devant une situation dont les causes sont multiples et mal connues alors que les conséquences ne sont que trop connues. Soyons pragmatiques et attaquons-nous simplement et directement au mal sans chercher quelles en sont les causes. Chercher les causes de ce mal, c’est se condamner à l’impuissance.

Par ailleurs, c’est légitime, ce n’est pas facho, de demander qu’une cour de récréation, qu’un couloir de lycée, qu’une salle de classe, que les toilettes du collège soient aussi sûres que la place du village. Il y a des policiers pour la place du village, il en faut aussi pour les 600 élèves d’un collège ou pour les 1000 d’un lycée. Cela paraît de bon sens, non ?

Cordialement,
Philippe

le : 01/04/2009 22:29
Gerry
Inscrit depuis: 21/02/2009
Interventions: 22
C'est peut-être une solution. Ce que vous proposez ne me choque pas. Il pourrait très bien y avoir un représentant référent des forces de l'ordre dans chaque établissement jugé sensible. Avant d'être un pro (je vous cite), je suis un citoyen et un père de famille. Je ne connais pas la banlieue en dehors des clichés montrés à la télé. J'ai enseigné un an en ZEP et je ne peux pas dire qu'il y avait de la violence physique, car il y a différents types de ZEP semble-t-il. En revanche de nombreux parents allaient inscrire leur enfant au collège privé pour éviter l'autre qui était un des pires du département au niveau des évaluations 6ème. Il me paraît primordial que les élèves aillent au collège ou au lycée en se sentant en sécurité et en étant dans de bonnes conditions pour apprendre et je comprenais tout à fait la démarche de ces parents.

En ce qui concerne les centres éducatifs fermés, je ne suis pas spécialiste non plus mais je pense qu'il n'y en a pas suffisamment. En tout cas le système actuel est défaillant sinon nous n'aurions pas cette discussion.

Pour en revenir au primaire et aux écoles "normales", il serait bien que chaque enseignant ait une éthique forte en exigeant des règles de politesse de la part des élèves, ou une encore une tenue face à l'adulte comme le vouvoiement ou la mise en rang... Toutes ces petites choses qui misent bout à bout font d'un enfant une personne civilisée. Mais ces choses là ne s'apprennent pas à l'IUFM.

Enfin, toujours concernant le primaire. Dans les cas rares où un enfant pose de gros problèmes les enseignants sont complètement désarmés. Dans le privé, on vire l'élève mais dans le public on est obligé de le garder même s'il pourrit littéralement la vie de la classe. Les parents du bambin sont les seuls à prendre la décision finale et s'ils ne veulent pas que leur enfant quitte l'école, il y restera. Dans mon quotidien, c'est une des limites du système.
le : 04/04/2009 21:44
ex-parent
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 77
Vous parlez d’un représentant « référent » des forces de l’ordre. Eh bien, cela existe déjà, semble-t-il. Et nous en avons vu un (une en fait) dans un reportage au journal de France 2 récemment. Il y avait aussi un surveillant taillé en athlète. Et tout cela semblait être très bien vécu aussi bien par les élèves que par les collègues enseignants. Et surtout, cela semblait avoir calmé le jeu dans ce collège ( ou lycée?) difficile. Vous voyez qu’on peut quand on veut.
le : 05/04/2009 09:13
toto
Auteur du fil
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 320
"Par ailleurs, c’est légitime, ce n’est pas facho, de demander qu’une cour de récréation, qu’un couloir de lycée, qu’une salle de classe, que les toilettes du collège soient aussi sûres que la place du village. Il y a des policiers pour la place du village, il en faut aussi pour les 600 élèves d’un collège ou pour les 1000 d’un lycée. Cela paraît de bon sens, non ?

Cordialement,
Philippe"

Je pense qu'il faudrait d'abord commencer par "rééduquer" ou "virer" tous les 'r2d2' du système !

A quoi ça sert de mettre des flics dans l'école, si certains profs enseignent la haine du "flic" ?
Vous les connaissez ces profs/'totonaumes', qui sur certains sites de la toile traitent tout le monde de facho à tort et à travers ?
...Appellent à la violence, dès qu'ils ont un pet coincé ds l'fion icon_redface.gif ...

c po gogné, àmha ...

La solution, àmha, serait de faire un check up COMPLET de toute la population française !
Je pense qu'il suffirait, déjà, de faire rembourser par la sécurité sociale les méthodes de lecture "Alphas" et "L&L", ainsi que les formations qui vont avec.

Faire un appel comme celui du "18 joints" ( icon_redface.gif ) mais pour la "lecture"
Il y a tellement de 'lacunes' en lecture en France, qu'on ne pourra pas avancer 'korrectement' avant d'avoir réglé le souci...


Combien, ici, viennent lire le site mais n'osent pas y écrire tellement leur 'orthographe' est pourrie ?

Combien cachent leur défaut par honte ?
Alors que la honte, elle est sur ces connards de profs qui pendant des années ont cru qu'il suffissaient de plonger le bébé dans l'eau pour qu'il apprenne à nager ... icon_eek.gif banghead.gif

[Cette intervention a été corrigée 1 fois, en dernier le 05.04.2009 à 09:16.]
le : 06/04/2009 12:08
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 238
Les sales pauvres gosses, puis les truands, souffrent souvent d'un "illetrisme fondamental".
J'ai retenu l'expression hier soir à la TV .
C'était dans un téléfilm policier qui se passe ...à Oxford.
le : 06/04/2009 12:19
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 238
Erreur, c'était "illetrisme fonctionnel".
Encore plus parlant. Ouf ce n'est pas congénital.

Il y a aussi la grammaire structurelle issue de la réforme farfelue qui a démoli toute structure dans le cerveau des enfants.
Ne pas confondre avec la grammaire structurante qui a évidemment pour but de remettre les cerveaux à l'endroit.
Un enseignant à la retraite me disait hier qu'il avait claqué la porte de la session de remise à niveau des profs, quand cette grammaire stucturelle est apparue.
le : 06/04/2009 17:02
marcha
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 43
Je suis en grande partie d'accord avec les propositions de Gerry.

Cela fait un moment que nous nous disons avec mon mari qu'il faudrait apprendre à certains parents à devenir parents.

Dire non à la télé dans la chambre.

Dire non aux jeux sur Internet à toute heure de la journée et ...de la nuit: j'ai des élèves de 1ère et terminale qui sont de véritables zombis le matin car ils ont joué en réseau jusqu'à une heure du matin, deux heures du matin...
Les exercices que j'ai donnés ? Pas faits évidemment ! Sitôt rentrés, sitôt branchés......

Dire non en tant que parents, cela n'est pas toujours facile: il est bien plus facile de laisser filer.....

Dès qu'ils sont petits, il faut établir les règles.

La plupart des jeunes que je côtoie dans mes classes manquent totalement de limites. Que peut-on faire ? que n'a-t-on pas le droit de faire ? Et pourtant ils ont des cours d'ECJS (Education Citoyenne Juridique Sociale).....

Marcha
le : 08/04/2009 10:38
Valette
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 566
Pas facile d'essayer d'ajouter quelques petites idées à toutes ces réflexions...
Donc dans le désordre.
1) La violence.
Les jeunes qui ne peuvent pas s'exprimer avec des mots tapent, c'est bien connu depuis longtemps. Il n'y a qu'à regarder la jupe, ou entre les murs.
2) Je connais assez bien comment fonctionnent les fameux "centres fermés" (autrefois maisons de correction.)
Les gens qui s'en occuppent sont d'un dévouement remarquable, mais pour quelques dizaines de jeunes en difficulté, récidivistes, mineurs pour la plupart et de plus en plus jeunes (13 ans dans celui de notre région, inauguré par Rachida Dati) cela coûte la peau ...du dos. Pour en récupérer un pourcentage non négligeable, il est vrai. Mais cela fait combien de dizaines, par rapport aux quelques 165.000 jeunes qui sortent du système chaque année sans aucune qualification.
Cela se passe en général dans un beau château, il y a plus d'éducateurs que de jeunes, c'est très mal vécu par les voisins du château en question, etc...
Or, il faut savoir qu'un jeune qui n'est pas en difficulté scolaire est RAREMENT DELINQUANT.
3 )Je suis bien d'accord avec Gerry, sur les méfaits des jeux video et de la télé. Mais ce qu'on enseigne en classe, les livres "jeunesse" qu'on donne à lire
au collège, sont tellement ennuyeux, avec de plus un pourcentage important de ces collégiens qui sont en difficulté de lecture, comment ne pas être attiré par la facilité?
4 ) Et pendant ce temps-là, on continue imperturbablement à utiliser les méthodes globales depuis la MS, à 100 %, puis au CP, à plus de 95 %.
(En Limousin, 1 maître de CP, ma fille, sur 25, utilise une méthode alphabétique. Donc, tous les enfants d'immigrés, très nombreux chez nous, sont systématiquement exclus et iront d'échec en échec. Et, cerise sur le gâteau, Alain Prinsaud, qui fait du harcèlement moral dans l'école d'application de l'IUFM aux jeunes enseignants "non politiquement corrects", va probablement être nommé inspecteur. Cela promet.
Je rappelle qu'Alain Prinsaud est l'auteur des inéfables "Apprentissage de la lecture à partir de l'album", qui envoient inéluctablement les "apprenants" en orthophonie au mieux, au pire en psychologie, en psychiatrie, dans les CORIDYS, etc. Bien entendu, les bons orthophonistes, qui, comme madame Ouzilou, font le travail non fait par l'école, ne sont pas accessibles aux enfants de classes défavorisées.

Anne-Marie.
le : 08/04/2009 15:56
Mamoune
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 238
Haro sur le baudet ( la transmission du savoir)

Anne-Marie on n'est pas à la veille d'un changement dans l'esprit de la pédagogie.
Les élèves stagiaires professeurs de écoles des IUFM supportent actuellement un bourrage de crâne intensif CONTRE LE TRANSMISSIF.
On leur explique qu'il est impossible de faire un cours magistral (appelez çà comme vous voudrez), car les élèves sont incapables de rester assis sans bouger.
Il faut donc faire du constructivisme: ils découvrent ce qu'ils veulent découvrir...

Ce raisonnement choque ma logique:
Je croyais que le transmissif était mauvais parce qu'il empêcherait l'enfant de se construire, il imposerait une manière de penser.
mais non, c'est parce qu'on ne peut pas les faire rester assis....
Qui veut noyer son chien.....

Je connais des jeunes enfants qui ont la bougeotte quand ils s'ennuient
et qui sont parfaitement capables de rester concentrés sans bouger pendant plus d'une heure si quelque chose les passionne.

Et si les enfants avaient la bougeotte parce qu'on ne sait pas les intéresser ?

Apparemment les IUFM ne savent pas résoudre ce dilemme.
Ce n'est pas la peine de se donner autant de mal avec les soi-disant "sciences pédagogiques" pour arriver à ce résultat négatif.
Je sais bien qu'il y a de plus en plus d'enfants qui sont agités- parcequ'ils regardent trop la télé ou leurs jeux vidéo le soir ou pour d'autres raisons.
Ils font beaucoup d'activités en classe. Serait-ce de l'activisme ?
Je ne sais pas si les exercices de concentration mentale font partie de ces activités: ils seraient indispensables.
le : 09/05/2009 12:30
Maminou
Inscrit depuis: 03/06/2008
Interventions: 42
Redonnons la parole à Catmano:

Forcément les lardons ont peur de la note : ils savent qu'ils vont avoir 02 / 20 puisqu'ils n'ont pas appris. Mais personne ne leur a jamais dit qu'en bossant, on pouvait obtenir des résultats ? Arrêtons de larmoyer, que diable ! Il va pleurer leur patron, plus tard, s'il doit les virer parce que le travail est mal fait ? Il va geindre leur percepteur s'ils ne rendent pas leur déclaration de revenus à temps ? M'enfin ! Ils ne sont pas en sucre.

On veut que les élèves obtiennent des résultats mais cela ne doit pas leur demander trop de sacrifices. Je crains fort que la notion même d'effort ait disparu dans les établissements scolaires... J'en suis attristé.

Ecrit par : Le Pingouin | 08 mai 2009

Et s'ils ne savaient pas comment on s'y prend pour "faire des efforts", pour "travailler", tout simplement ?

Je vous dis ça parce que je l'ai vécu avec ma fille il y a une dizaine d'années et que je le vis actuellement avec certains de mes élèves.

"Mais j'ai fait du mieux que j'ai pu !", "Puisque je te dis que j'avais révisé !", chouinait la gamine quand je tordais le nez en signant un contrôle.

"Ah oui ! J'ai oublié la retenue !", "Beh si, je le savais que c'était "ais", mais j'y ai plus pensé !", me disent mes péquelets lorsqu'ils viennent faire corriger leurs exercices à mon bureau.

L'année dernière, la mère d'un de ces zozos me disait que son fils se plaignait à la maison : "La maîtresse, elle me dit de réfléchir dans ma tête, mais moi, je ne sais pas comment on fait pour faire marcher son cerveau."

Elle a eu toutes les peines du monde à lui faire comprendre que son cerveau saurait très bien faire cela automatiquement s'il consentait à lui fournir la matière à traiter et à se concentrer quelques secondes sur le travail demandé (il était au CP) et que, tant qu'il regarderait d'un œil glauque son cahier de mathématiques sans même chercher à lire les nombres qu'on lui proposait d'additionner, son cerveau ne pourrait en effet se mettre à "marcher".

Quand, en plus, contrairement à cette mère d'élève, les parents se mettent en travers, difficile d'apprendre à un élève ce que signifient réellement les mots "effort", "application" ou "travail".

N'oublions pas que, depuis qu'il est tout petit, on déploie des trésors d'énergie pour qu'il n'ait jamais, mais alors jamais, à fournir le moindre effort.
Que par ailleurs, afin de faire entrer l'école dans le monde et le monde dans l'école, on ne lui a jamais appris à faire la part des choses entre l'école obligatoire et les activités ludiques facultatives.

Hier, j'ai rencontré un ami, professeur de piano dans une école de musique. Il s'est plaint de ces ponts du mois de mai qui désorganisent la semaine scolaire. Il déplorait le choix de l'Inspecteur d'Académie qui avait fait basculer sur des mercredis les heures de classe qui ne seraient pas effectuées du fait de ces ponts.
Celui-ci ne tenait pas compte, selon lui, des activités extra-scolaires des gamins et les contraignait à fréquenter l'école au détriment du sport ou de la musique.
J'avoue que je n'ai même pas pensé à lui rétorquer : "Oui, mais l'école est obligatoire alors que ce que tu leur fais faire relève du facultatif, du loisir."

N'oublions pas enfin que depuis la Petite Section de maternelle, l'Ecole demande à nos élèves de "savoir" sans avoir jamais appris, de "s'exprimer" sans jamais réfléchir au préalable, de "créer" sans leur laisser le temps de s'approprier les outils de la création et qu'elle évalue vite, très vite, toutes ces compétences, tous ces savoirs, non pas pour vérifier qu'ils ont retenu, qu'ils ont appris, qu'ils savent appliquer, transférer des règles sues, mais tout simplement pour avoir à l'instant T une photographie des connaissances de chacun d'entre eux.

Où auraient-ils appris à concentrer leur énergie le jour d'un devoir ou d'une composition alors qu'on leur a toujours demandé exactement le contraire ?
Comment auraient-ils pu trouver seuls, sans aucune aide, et même souvent en dépit des encouragements répétés à ne surtout pas le faire, qu'ils doivent contrôler ce qui va sortir de leur bouche ou de leur stylo ?
Comment peuvent-ils savoir que ce qu'on leur demande à l'école relève de l'obligatoire alors qu'autour d'eux, tout se vaut et qu'on leur serine à longueur de journée que l'important, c'est de se réaliser là, tout de suite, maintenant ?

Ecrit par : catmano | 09 mai 2009


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