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Autopsie de l'école républicaine

par Michel Segal, Ed.Autres Temps - 2008

Michel Segal n'est pas un professeur comme les autres : il a commencé à enseigner à 41 ans, ce qui, dans la France d'aujourd'hui, n'est pas vraiment habituel. A partir de son expérience dans les collèges en ZEP, il nous livre son diagnostic sur le scandale que nous dénonçons depuis longtemps : chaque année, 200 à 300.000 enfants sont massacrés dans le primaire, avant d'être pourris dans le secondaire. Pour ces enfants, l'école républicaine est bien morte.

L'auteur énonce 7 principes destructeurs, qui "prennent très exactement le contrepied des principes d'une école juste" :

L'école ne doit pas être un sanctuaire, mais un lieu de vie
L'école doit être un lieu d'apprentissage de la citoyenneté
L'enfant doit être placé au cœur du système scolaire
Il faut former davantage les enseignants (NDLR : non pas aux disciplines qu'ils enseignent, mais aux pseudo "sciences de l'éducation")
Il faut amener x % d'une classe d'âge au bac
Il faut donner l'égalité des chances de réussite scolaire à tous
L'élève doit construire son savoir

L'auteur déroule les conséquences de ces principes, exemples à l'appui ; il explique aussi pourquoi les ZEP en sont, pour les pédagogistes, le champ idéal d'application et d'expérimentation.

Ces principes procèdent tous, à divers degrés, du refus de la transmission du savoir, et nous connaissons bien leur responsabilité dans la débâcle de l'école.

Cependant, la grande originalité de l'ouvrage n'est pas là : elle est dans le domaine de l'éducation, et précisément dans la description et l'explication de la véritable contre éducation que subissent les enfants. L'élève au centre, qui discute d'égal à égal avec son maître, qui "s'exprime" et "débat" est en définitive traité comme un petit adulte qu'il n'est pas. Il est ainsi privé de ce qu'il attend et auquel il a droit : être guidé par des adultes dont il accepte naturellement l'autorité.

Un homme de conviction, un livre d'abord facile, bourré d'informations.

Le citoyen qui se veut éclairé ne peut pas ignorer l'immense drame national de l'enseignement : cet ouvrage lui fera découvrir un univers étrange et des faits incroyables.

Citations:

   . L'école n'a pas joué son rôle. Elle n'a enseigné ni l'exigence vis-à-vis de soi-même, ni le goût de l'effort, ni le sens du travail, ni l'humilité devant les savoirs.

. En refusant l'instruction, l'école les a incités à ne pas quitter leur monde d'enfants

. L'école, en refusant d'accomplir sa mission, forme maintenant, depuis une dizaine d'années, et à la chaîne, des générations entières d'hommes qui n'en sont pas et qui vivent dans un monde illusoire.

. L'école se mêle de prendre la place des familles au lieu d'instruire. . Ceux qui déclarent si facilement que des parents éduquent mal ou peu leurs enfants oublient ou méconnaissent le rôle de l'école qui crée de terribles dégâts dans l'éducation donnée par les familles (NDLR familles de milieu modeste)

. Cette école, qui se croit moderne, veut leur apprendre à transgresser les règles avant même de leur apprendre à s'y soumettre . L'important n'est plus de penser juste et de savoir énoncer ce qu'on pense, mais d'avoir quelque chose à dire : l'expression d'une opinion personnelle a la même importance que la réponse correcte à la question posée.

Commander le livre :

Blog de l'auteur :

Michel-Segal
"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" Albert Camus
LE POINT
14/12 - 2016 noreply@midiblogs.com (Michel Segal) Actualités

Dans Le Point, Jean-Paul Brighelli me fait l'honneur de m'interroger sur les résultats du TIMSS 2015, l'interview est ici.

Slobodan Despot
3/06 - 2015 noreply@midiblogs.com (Michel Segal) Actualités

Voici un texte tout à fait remarquable et jouissif.

Vous pouvez le lire sur le blog de son auteur.

Slobodan écrit et parle merveilleusement bien, et il me fait l'honneur de citer mon travail dans cet autre texte, écrit pour sa chronique dans le journal suisse Le Matin.

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