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L'excès de divertissement audiovisuel détruit les capacités d'attention

Il faut aussi souligner "les causes d'échec scolaire extérieures à l'école, notamment sous l’influence d'un excès de divertissement télévisuel que connaissent beaucoup d'enfants. Le désintérêt scolaire qui peut en découler, les discontinuités de l'attention qui peuvent en être la conséquence, constituent d'autres facteurs pouvant renforcer les effets négatifs du dysfonctionnement actuel de l'école. je n'approfondirai pas ici l'idée essentielle cependant pour comprendre l'écolier d'aujourd'hui, qu'il est téléspectateur avant d'être écolier ''. Bien évidemment, la tâche des maîtres se trouve grandement compliquée par cette situation, nullement prise en compte par les responsables de l'institution scolaire. Il s'agit là d'un des nombreux facteurs de la condition actuelle des enfants.

 

La place grandissante tenue par le divertissement et la suggestion, amplement utilisées par les media, a fasciné un certain nombre de maîtres et de parents en quête de modernité : pas de vain didactisme, mais plutôt une approche attrayante – au risque d’être superficielle – des thèmes abordés qui ne devraient jamais lasser.

 

 Extrait de ''La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs'' L.LURÇAT
– F.X. De Guibert 1998

 

« Alain Finkielkraut l'a bien vu : avec une jeunesse qui ne vit que pour le divertissement fondé sur l'image et la sonorisation techniciennes, la seule manière de rendre l'école attrayante aux adolescents serait d’ « enseigner la jeunesse aux jeunes ». Ce à quoi tend le pédagogisme, avec son obsession d’« ouvrir l'école sur la vie », sa volonté de faire entrer à l'école le monde moderne et sa technique (télévision, ordinateurs...). Il y a une tentation très forte de faire ressembler l'école à l'univers du divertissement médiatique, ce qui la nie en tant qu'école.

 

 « La société technicienne actuelle a-t-elle organiquement besoin que tous les individus qui la composent sachent lire et écrire ? Ce n'est pas du tout certain. En tout cas une chose est sûre : elle n ‘a pas besoin qu’un grand nombre d'entre eux soient cultivés. Grâce aux progrès de la technique, les nécessités du savoir individuel sont infiniment moindres qu'aux époques antérieures. Par un effet pervers, le progrès technique, au point où il est aujourd'hui parvenu, tire la société vers le bas.

 

 « Le facteur peut-être le plus important de la déculturation de l'école est l'impact sur les enfants et les adolescents de l'image technicienne et des autres formes du divertissement médiatique (bandes dessinées, musique rock, etc.). Dès l'enfance, les médias visuels et sonores s'imposent, occupant dans les esprits et les emplois du temps la place qui aurait pu être consacrée à la lecture et donc à la culture. Plus spectaculaire aux Etats-Unis, le phénomène n’en existe pas moins dans les autres pays occidentaux.

 

 « Le divertissement engendré par la technique constitue pour les enfants et adolescents d'aujourd'hui une véritable contre-école, qui leur désapprend tout ce que leur apprend - ou devrait leur apprendre - l'école : sens de l'effort intellectuel, de la réflexion, aptitude à l'écriture, à la lecture, au raisonnement logique, qui sont le préalable à toute culture véritable. La télévision, notamment, ayant accoutumé d'enfant à se trouver constamment diverti, l'école ne peut plus que très difficilement l'instruire. Lire des livres, qui demande une concentration de l'esprit, et regarder la télévision, dont la nature est de rechercher la satisfaction du téléspectateur et non son développement, sont deux modes d'apprentissage entièrement différents, et Neil Postman voit dans ce fait le problème éducatif majeur de notre époque.

 

 « Le divertissement moderne par l'image et le son détruit chez les élèves le goût de l'effort, l'envie d'apprendre, la capacité et le désir de dire et d'analyser. En exil à l'école, le jeune téléspectateur n'accorde à l'enseignement qui lui est dispensé qu'une attention limitée et précaire. Les élèves sont de moins aptes à se concentrer et à rester concentrés : une dizaine de minutes est souvent le maximum.

 

 Extraits de ''Culture et contre-cultures'' Jean-Louis HAROUEL – PUF 1994

 Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences Morales et Politiques

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