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Relever les défis de l'intégration

L'école, espace d'intégration sociale et culturelle.
Avis du Haut Conseil de l'Intégration - 28 janvier 2011 

Ce rapport relativement long présente une masse d'informations et de réflexions qui justifierait plus d'intérêt que n’en a provoqué sa parution. Il aborde des questions très diverses qui ne peuvent être toutes traitées ici. D'ailleurs le texte que nous publions ci-dessous n'est pas un résumé, mais un choix de commentaires. C'est pourquoi nous recommandons aux personnes intéressées de consulter le texte intégral, directement accessible sur notre site.

Après une approche assez générale de la méthodologie, nous mettrons en  discussion trois thèmes du rapport :

   - l'école et le monde associatif

   - mixité sociale et carte scolaire

   - laïcité et mixité des garçons et des filles


1 - Méthodologie.

1.1 - Un tel sujet, aussi vaste et difficile, aurait pu justifier, en introduction ou en annexe, un exposé de la méthode d'étude choisie par le HCI. Le lecteur peut supposer qu'une équipe recueille des témoignages et analyse des sources, puis élabore soit des comparaisons lorsque les éléments recueillis sont incohérents ou contradictoires, soit des synthèses impliquant des choix, etc.
Il est à remarquer que les propositions ne comportent pas d'alternative.


1.2 - Dans le même esprit, une introduction ou une annexe aurait pu préciser les limites que le HCI avait imposées à son étude. Car, à côté des réponses requises à la lettre de mission, le HCI avait la liberté de s’auto saisir d'autres questions. Faculté dont il n'a pas usé à propos de la problématique Insertion-Intégration, alors qu'elle est, semble-t-il de nature à influencer fortement le comportement des élèves comme de leurs parents.

Inversement, les rapporteurs consacrent une place importante (pages 69 à 90) à des considérations générales sur le système français d'enseignement, telles que le socle commun, les compétences, les filières de fait, le redoublement etc. Or toutes ces questions se poseraient aussi même en absence d'une immigration importante. Ces questions sont en rapport direct avec l'efficacité de notre système d'enseignement, et, à notre avis, ne doivent pas être abordées sous l'angle de l'intégration.

On peut penser a priori que le HCI n'est pas particulièrement compétent dans ce domaine - et d'ailleurs plusieurs de ses propositions sont discutables même si elles reprennent celle du Haut Conseil de l'Education. Un simple paragraphe aurait suffi pour rappeler les conséquences de cet état de fait pour les élèves immigrés ou descendants d'immigrés, par exemple le texte suivant figurant page 124 :

En effet, ce qui apparaît aujourd'hui et que font ressortir, en plus des échanges, les nombreux ouvrages, rapports, voire films consacrés à son sujet, c'est un malaise global de l'école républicaine, ressenti aussi bien par les professionnels de l'enseignement que par les familles et les élèves eux-mêmes. Les causes en sont multiples et nous pourrions débattre indéfiniment sur les difficultés d'intégration professionnelle, sur la crise de l'autorité, sur la remise en cause du savoir, sur l'effet de génération, sur le "pédagogisme". Les idéologies qui traversent l’école, loin de l’apaiser, amplifient aussi le malaise.
Dans ce contexte, les élèves immigrés ou issus de l'immigration, par leur profil socioéconomique et familial, leur histoire, sont les révélateurs d’une école qui ne parvient pas à pallier les inégalités sociales et culturelles.

ou encore :

« L'échec scolaire est devenu, en quelques décennies, une expression courante. Il ne concerne pas que les enfants défavorisés. Il touche, à des degrés divers, une large majorité des élèves, comme on le constate aujourd'hui dans l'enseignement supérieur. Dans de telles proportions, c'est manifestement d'abord l'échec de l'école, échec dramatique pour les enfants défavorisés, et non une fatalité inhérente à la structure sociale de la population. »

1.3 - Le rapport présente des informations très intéressantes en termes de constat de la situation actuelle, dans les écoles et collèges. Or il est très difficile d'établir un constat objectif, dans un domaine aussi vaste par le nombre d'acteurs et la diversité des thèmes.

La difficulté est accrue par le fait que l’Education Nationale pratique couramment la rétention d'information et la censure, voire la désinformation, dans tous les domaines où sa responsabilité peut être mise en cause.

Les rapporteurs insistent à juste titre sur un point essentiel : l'absence d'évaluation fiable des résultats, qu'il s'agisse du fonctionnement courant du système d'enseignement, ou des nombreuses actions initiées continûment pour pallier telle ou telle lacune.

Dans ces conditions il est probable que les rapporteurs ont dû renoncer au constat dans un certain nombre de domaines sensibles. Cela méritait quelques explications. Ainsi on trouve page 64 la phrase suivante :
« Paradoxalement ou non, ce sont dans les réponses apportées par les établissements privés qu'il faut voir des solutions à la problématique d'association des parents à l'éducation formelle que propose l'institution »
Mais quelles sont ces réponses ?


En bonne logique, les constats doivent d'abord porter sur le réel, c'est-à-dire sur des faits avérés, soit majoritaires, soit minoritaires mais considérés par les rapporteurs comme significatifs. Tel est le cas, on le suppose, de beaucoup de faits relatés dans un rapport.

Toutefois nous regrettons que, au fil de la rédaction, la relation des faits soit trop souvent entremêlée de citations de textes officiels, d'origine française ou européenne. Car ces textes ont toutes les apparences de la positivité et, en effet, en tant que textes, leur existence est objective. Mais le lecteur peut croire qu'ils reflètent la réalité du terrain, ce qui est souvent faux.


1.4 - Le HCI présente de nombreuses propositions, qui peuvent être de natures différentes :

                 - des propositions d'objectifs, décrivant des réalités futures souhaitées, et laissant aux acteurs le soin de trouver les voies et moyens, par un processus plus ou moins long
                 - des propositions de principe, de valeur générale, voire universelle et intemporelle, exprimées en peu de mots ; leur mise en application pouvant être l'œuvre de plusieurs générations.

De telles propositions sont bien formulées dans le rapport, mais elles coexistent avec de nombreuses propositions de type réglementaire et administratif. Certaines semblent refléter la conviction que la diversité des situations et des pratiques est toujours la preuve de l'imperfection d'un système, et que cette diversité doit être réduite par la création de nouvelles structures seules habilitées à formuler des projets. Voir par exemple page 44 : proposition de création d'un « établissement public local de coopération éducative ».

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