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Les acteurs du soutien scolaire

Des parents aux enseignants, en passant par le soutien payant et le soutien par des bénévoles.


Les parents et grands-parents

Ce sont les principaux acteurs du soutien scolaire. Ils agissent à titre préventif ou pour traiter les difficultés (5) .

En prévention : de très nombreux parents et grands-parents –parmi ceux qui sont informés ou qui ont tiré les conséquences de l'expérience malheureuse de l'aîné des enfants ou petits-enfants – apprennent à lire aux enfants avant l'entrée au CP.

En accompagnement : les parents interviennent massivement dans le cursus primaire, moins dans le secondaire. Il est compréhensible que nombreux soient les parents qui doutent de leur capacité à accompagner l'enseignement secondaire. Mais au primaire, l'aide des parents capables pourrait être beaucoup plus important, n'était l'état déplorable des relations entre l'école et les parents en matière d'instruction (6) .

A l'origine, la rupture de ces relations a été voulue par les penseurs de la "socialisation" de l'élève : le but affiché était de changer la société, de casser la transmission culturelle entre les générations, et l'autorité des parents sur leurs enfants.

La grande majorité des enseignants ne partage pas ces idées. Mais une nouvelle fracture est intervenue, lorsque des parents ont pris conscience de l'ampleur de l'échec scolaire et du peu qu'apprenaient leurs enfants. Certains s'en sont ouverts aux enseignants, parfois sans doute de façon maladroite et inutilement agressive, et ils ont suscité des réflexes d'autodéfense. Les doctrines de la "nouvelle" pédagogie ont alors fourni la solution : déconseiller formellement aux parents de se mêler de l'instruction de leurs enfants (dans l'intérêt des enfants, bien entendu).

Suite à cela, certains parents ont décidé d'instruire leurs enfants sans le dire à l'école, d'autres ont abandonné par crainte de conflits.

Dernier facteur majeur de l'éloignement des parents : pour soutenir et accompagner l'élève, beaucoup éprouvent le besoin de comprendre l'enseignement qui leur est dispensé. Or ils sont découragés par ce qui est demandé aux élèves, et par l'indigence, voire l'ineptie de nombreux manuels scolaires. Ils se tournent alors vers les ouvrages parascolaires qui sont souvent mieux faits dans une perspective de réelle instruction.


Le soutien scolaire payant

Il est dispensé par des indépendants, dont beaucoup d'étudiants, ou par des organismes privés désormais bien connus, sans oublier l'enseignement par correspondance. Les enseignants y jouent un rôle important. La qualité de ce soutien est très diverse, comme ses résultats.

Une limite est évidente : il est quasiment impossible de prétendre accompagner dans ses études officielles (en classe d'âge) un élève en fort retard scolaire. Dans ce cas, les organismes dispensent un soutien qui vise l'amélioration de notes à court terme, par des astuces ou par un bachotage. Ce soutien n'est pas inutile, mais il est assez superficiel : l'élève apprend par exemple des techniques pour augmenter sa moyenne de 3 points.

 

Le soutien scolaire bénévole

Il est dispensé par des indépendants, ou par des associations qui font appel à des intervenants bénévoles (7) .

Le soutien bénévole joue un rôle particulièrement utile en se substituant aux parents qui, pour des raisons culturelles ou économiques, ne peuvent accompagner eux-mêmes leurs enfants.

•  Ici encore, comme dans le cas des parents, l'état actuel de l'Education Nationale est de nature à affaiblir notablement l'efficacité du dispositif, soit que le soutien se limite strictement à ce que demande l'école à ses élèves (par exemple accompagnement limité aux devoirs et aux leçons), soit que le soutien se limite aux élèves désignés par les enseignants. D'une façon générale, les associations qui décident de collaborer avec l'Education Nationale s'interdisent de remettre en cause l'enseignement, et par là-même, s'imposent des limites dans leur action.

•  Depuis quelques années, se multiplient les initiatives en faveur des lycéens. Il s'agit souvent d'aider les bons élèves à accéder au niveau d'excellence. En échange, ils doivent fournir des efforts personnels très importants, ce qui est justifié car ce sont des adultes ou quasi adultes motivés. Ils bénéficient de rattrapage, et l'accompagnement est souvent incarné par un tuteur.

Ces réalisations ont encore un caractère expérimental et touchent un faible public. Mais elles mériteraient d’être développées tant le besoin est important.

 


Observation sur les formes de soutien extérieures au système d'enseignement

La participation des parents, des bénévoles, et du soutien payant, à l'instruction des enfants est massive, et manifeste une expansion anormale.

Cela aurait dû alerter plus tôt les pouvoirs publics, les politiques et les médias. Pourtant, l'Education Nationale est restée très discrète sur une question aussi essentielle (voir en Annexe 1 la présentation de deux études disponibles)

La première réaction face à ce phénomène provient de X.Darcos, qui propose d'intégrer largement le soutien scolaire dans l'Education Nationale.

La logique aurait voulu qu'on réalise d'abord un inventaire complet de toutes ces formes de soutien, l'analyse de leur volume et de leur valeur économique, du double point de vue des dispensateurs de soutien et des élèves bénéficiaires, avant de mettre en place un nouveau système parallèle au travail de nombreuses associations existantes(8) .


 
Les formes de soutien intégrées au système d'enseignement

•  X.Darcos a ouvert la voie en demandant aux instituteurs d'assurer deux sortes de prestations de soutien :
 - une obligatoire, de 2 heures par semaine ou 60 heures par an
 - l'autre, volontaire, pour des cours de rattrapage pendant les congés scolaires.

Nous approuvons ces initiatives, à condition de réserver les 60 heures à des soutiens temporaires aux élèves qui "décrochent" à un moment donné, pour éviter que le retard ne s'aggrave.

•  Cela étant, il faut se poser la question d'enseignants spécialisés dans l'aide aux élèves en difficulté.
Il ne s'agit pas, comme dans le cas des RASED, de former des enseignants pour traiter des problèmes psychologiques ou sociaux ; ce n'est ni leur métier, ni celui de l'école, et ces cas, relativement peu nombreux, doivent être confiés à des vrais spécialistes.

Il s'agirait d'enseignants capables de prendre en charge toute une partie de l'instruction des enfants en difficulté, ce qui signifie

- une motivation solide face à des situations difficiles
-  une formation professionnelle leur permettant de rechercher les causes de blocage, et de trouver à chaque fois une pédagogie adaptée à chaque élève
- la volonté de distinguer les élèves ayant un potentiel suffisant pour les amener au niveau considéré comme "normal" pour leur âge, ou même au-delà.
- une expertise leur permettant de déceler ce qui n’est pas acquis pour le reprendre de manière systématique.

Voir Annexe 2


Ces enseignants spécialisés compléteraient le travail des enseignants non spécialisés, qui n'ont pas la même expertise.

Les enseignants spécialisés pourraient avoir une classe courante, et effectuer leur travail d'assistance à temps partiel, ou être affectés, à temps complet au soutien scolaire pour un groupe de classes ou d'écoles. Ils pourraient travailler avec des élèves isolés ou des petits groupes.

 

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(5) Traitement = "Remédiation" dans le jargon éducatif

(6)  Par contre, on demande aux parents de s'impliquer dans ce qui ne les regarde pas : le fonctionnement de l'école et l'exercice de l'autorité dans son enceinte.


(7) Certaines associations reçoivent des subventions pour financer leur gestion courante.
 

(8)L'INSEE aurait pu réaliser cette étude