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Réduction des heures de cours dans l'enseignement primaire

  

La décision de réduire de deux heures l'horaire hebdomadaire a suscité des protestations récurrentes : "on augmente les programmes et on diminue les horaires".


Notre position :

•  Il faut distinguer les nombreuses classes, où, malgré la publication des nouveaux programmes, se perpétuent les principes et les pratiques précédemment en honneur, et les classes où l'impératif est la transmission méthodique du savoir.

Dans les premières, le constructivisme, la "socialisation" de l'élève, génèrent des activités dévoreuses de temps : "découverte", débats, travail en groupe et autres. Ce temps perdu pour l'instruction est sans commune mesure avec les deux heures hebdomadaires, et l'application effective des nouveaux programmes entraînera des progrès considérables.

Dans les secondes, dont les maîtres se consacrent à l'instruction méthodique de leurs élèves, dans un esprit d'exigences ambitieuses, on conçoit que le temps disponible paraisse toujours trop court. Cependant, les deux heures ne sont pas perdues, puisqu'elles doivent être consacrées à des élèves en difficulté, auxquels les enseignants consacraient nécessairement un temps pris sur les 26 heures de l'ancien horaire.


•  A l'égard de ces deux heures de soutien, nous rappelons notre position : ces deux heures répondent bien aux besoins des élèves en difficulté temporaire, de ceux qui, pour une raison ou une autre, "décrochent" et prennent du retard, en cours d'année, dans une ou plusieurs disciplines. Le maître, qui s'en aperçoit rapidement, peut réagir immédiatement, pour éviter que les difficultés s'aggravent.

En effet, ces deux heures représentent à peu près 60 heures par an. Si, dans une classe, six élèves se trouvent en difficulté à des moments différents et sur des questions différentes, ils peuvent bénéficier chacun de 10 heures de cours particulier, a priori suffisantes. Dix élèves en difficulté pourraient encore bénéficier, en moyenne, de six heures de soutien.


•  Ces deux heures ne peuvent répondre aux besoins des élèves en grande difficulté et en grand retard, qui, dans l'état actuel des choses, exigent la mise en œuvre de moyens d'une toute autre ampleur.

Or le ministère n'a présenté aucun plan d'urgence à la hauteur du problème posé par les 300.000 élèves qui, chaque année, entrent en 6ème sans maîtrise suffisante de la lecture, de l'écriture et du calcul. Comme, dans le même temps, il annonce une forte diminution du nombre des enseignants spécialisés des RASED (Réseaux d'aide et de soutien aux élèves en difficulté), certains enseignants s'inquiètent à l'idée que les deux heures en question soient le moyen trouvé pour leur faire porter toute la charge de ce soutien très lourd.

 

Voir aussi les libres propos de Bernard Viallet

 

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