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La musique serait-elle réservée aux cancres ?

Lors de la dernière élection présidentielle, un « petit » candidat -  Jacques Cheminade - a présenté la proposition suivante : « Généraliser la pratique du chant choral dès la maternelle. Chaque collège, chaque lycée doit pouvoir disposer de sa chorale, de sa troupe de théâtre, de son Journal, de sa petite imprimerie, de son blog de classe ».

Dans le même esprit, la Presse a rapporté une initiative privée, de l'association Orchestre à l'école www.orchestre-école.com.  Onze ans après le lancement de cette initiative, il y aurait actuellement 830 classes d'orchestre, regroupant 22 000 élèves qui suivent pendant trois ans l'apprentissage d'un instrument, en CE2 - CM1- CM2 ou 5e - 4e - 3e.

Les élèves sont choisis au départ parmi les élèves « difficiles » ou « en difficulté ». L'expérience montre que, au fil du temps, leurs résultats scolaires s'améliorent, parfois de façon spectaculaire.

Quant au théâtre, cher à notre ex-candidat, de nombreux témoignages de professeurs de collège ou lycée attestent du succès constant de la lecture dialoguée de grandes oeuvres classiques, même auprès d' élèves n'appartenant pas au même monde culturel.

Augustin d'Hunières, agrégé de lettres, raconte, dans « Homère et Shakespeare en banlieue » comment il a monté avec des élèves de son lycée de banlieue une pièce de Shakespeare.

Dans un registre différent, Guy Roux, il y a quelques années, entraînait à Auxerre un groupe d'adolescents « difficiles ». Les résultats scolaires se sont améliorés.

Tout cela est possible, tout cela marche.

 

Mais pourquoi cela marche-t-il ?

On peut sans grand risque de se tromper énumérer quelques-uns des facteurs de la réussite de ces expériences :

- les élèves sont volontaires

- ils ont des « entraîneurs » compétents, convaincus, voire enthousiastes

- les élèves apprennent - et parfois découvrent - l'effort personnel, la discipline, le refus de l'échec, la répétition, la persévérance qui paie toujours

- leurs efforts personnels, sous la férule de leur entraîneur, conduisent naturellement à une certaine réussite

- cette réussite est reconnue par l'entourage, ou même par un public.

Ils vivent ainsi la satisfaction d'être estimés par d'autres que les copains de leur bande. Ils ont aussi appris dans le cadre d'une activité structurée et dirigée, à prendre en considération les autres, quelles que soient leurs différences.

Et tout cela sans cours et sans discours de morale civique, de savoir être et de savoir vivre ensemble.

Tout cela en contradiction avec les dogmes de l'Education nationale, le laxisme, le refus de l'effort, le relativisme, le refus de reconnaître le mérite. Ayant trouvé, dans ces activités, l'estime de soi, ils ont vécu autrement leur sentiment d'un échec scolaire fatal et définitif. Ils se sont souvenus qu'au début de leur nouvel entraînement, ils désespéraient de bien faire, et qu'ils y sont arrivés par la volonté. Ils ont vu autrement leur scolarité, et ont cru à la réussite.

Peut-être aussi les enseignants les ont-ils vus d'un autre œil ?

 

Quelques questions.

- Beaucoup d'enfants sont impliqués de nos jours, dans de multiples activités para (ou péri?) scolaires. Qu'est-ce qui différencie ces occupations de celles que nous avons prises en exemple ?

Manifestement, la différence principale réside dans le haut degré d'exigence à l'égard des enfants et adolescents, la volonté de les élever, de les hisser jusqu'au plus haut niveau permis par leurs capacités. Il en va de même dans la scolarité : les enseignants efficaces sont exigeants, les bons parents aussi.

Un chef d'orchestre, un entraîneur sportif, sans exigence à l'égard de tous ceux qui leur sont confiés, ne seraient que des amuseurs.

- Pourquoi les expériences sont-elles réservées aux élèves en difficulté ? Pour leur procurer des points forts, alors que leurs camarades trouvent les points forts dans la scolarité ?

Les élèves qui vivent une scolarité sans histoire n'ont-ils pas, eux aussi, besoin de réussir dans d'autres domaines, par essais et échecs, efforts, persévérance, portés par de fortes exigences des adultes. Et cela ne leur donnerait-t-il pas l'occasion de constater que des camarades, moins performants dans leurs études, sont bien meilleurs qu'eux dans d'autres domaines ?

- Mais comment faire en sorte qu'un grand nombre d'élèves soient volontaires pour de tels défis ? La solution réside sans doute dans la multiplication des offres pour de courtes périodes d'essai à la suite desquelles l'engagement de l'élève deviendrait irrévocable.

- Puisqu'il est question de l'Education nationale, on ne peut éluder la question des moyens, insuffisants par principe. Les associations spécialisées bénévoles apportent la réponse. Une association est capable de poursuivre un même but pendant des dizaines d'années, alors que l'Education nationale change d'objectifs, et aussi de vocabulaire, tous les deux ans. Les bénévoles seraient nombreux s'ils avaient la certitude de l'intérêt du corps enseignant, et d'un contexte de qualité et d'exigence.

- Dernière question : si ces activités extrascolaires, menées dans de bonnes conditions, améliorent les résultats scolaires des élèves en difficulté, pourquoi n'en irait-il pas de même avec des activités manuelles, techniques, professionnelles ?

Pourquoi la loi Peillon a-t-elle abrogé la disposition ouvrant l'apprentissage en alternance aux élèves ayant 14 ans ?