Site www.lire-ecrire.org - version imprimable de la page "Evaluation de la politique sur la formation continue des instituteurs"
Titre: Evaluation de la politique sur la formation continue des instituteurs
Source: Association Lire-Ecrire

Evaluation de la politique sur la formation continue des professeurs du premier degré

 Ce long texte de 112 pages, téléchargeable ici, est signé par trois Inspecteurs Généraux. La lettre de mission, émanant de Najat Vallaud Belkacem, est datée du 26 juillet 2016. Le rapport a été publié en juin 2017, alors que Najat Vallaud Belkacem n’était plus ministre. Les auteurs font plusieurs allusions à la Loi de Refondation de l’école du 8 juillet 2013 (Vincent Peillon) qui, si elle est toujours en vigueur, n’est manifestement plus d’actualité.

 Cela illustre parfaitement ce qu’on appelle à l’Education nationale "formation continue" que les auteurs caractérisent en opposant besoins des enseignants et besoins des institutions. Cela suppose que les "institutions" ignorent les enseignants, ou que les enseignants ignorent les institutions (ou les deux ?)

 En effet, les besoins des enseignants évoluent lentement, parce que ce sont des êtres humains et non des machines, et parce que l’enseignement est un processus à cycle long. Quant aux institutions, elles fluctuent au rythme des réformes politiques et des modes pédagogiques. Enfin, chaque institution a sa propre logique de développement.

 

Comme les réformes sont incessantes, elles accaparent une bonne partie de la formation continue, ce qui engendre chez les enseignants découragement et désintérêt.

 Les auteurs du rapport soulignent que "l’adaptation de la formation aux besoins des bénéficiaires est le parent pauvre du dispositif" et que "les contenus de la formation déçoivent en raison de la difficulté des formateurs à partir des activités professionnelles existantes".

"73 % des professeurs ayant suivi une formation estiment n’avoir rien acquis".

  

Retour sur le rapport Villani.

Ce rapport, que nous avons commenté sur notre site, est limité à l’enseignement des maths. (On ne voit pas pourquoi JM Blanquer n’a pas demandé le même rapport pour la grammaire et la syntaxe françaises). La lettre de mission est du 23 octobre 2015, le rapport du 12 février 2018.

 

Le rapport s’ouvre sur deux constatations :

                   "Multiplier 32,50 par 100 représente un obstacle majeur pour la moitié des élèves en fin de primaire"

                   "Des enfants de 7 ans se déclarent déjà nuls en maths "

 

D’entrée, brutal rappel à la réalité essentielle

                   – les élèves

                   – leur savoir.

 

À partir de ces constats saignants, la première partie du rapport Villani, consacrée à la pédagogie, est vivante, constructive, innovante. Il y est beaucoup question des élèves et des écoles.

 

La seconde partie, consacrée aux dispositifs et aux dispositions, entre dans le détail du fonctionnement bureaucratique, attributions et compétences. Les propositions sont à caractère technocratique, respectant les dogmes établis ; elles n’échappent pas à la critique.

 NB. Il serait très facile de trouver des exemples comparables en grammaire et syntaxe françaises.

 

 

Le rapport sur la formation continue dans le premier degré,

Embrassant un domaine plus vaste que le rapport Villani, il se perd dans la multiplicité des structures et attributions, et dans des considérations ésotériques de plans, programmes, directives,  pilotage et autres termes savants.

 On y trouve quelques exemples de dysfonctionnements, le manque de formateurs, le fait que les ESPE ne contribuent pas à la formation continue, etc.

 Impression de fausse rationalité.

 Un grand absent : L’ELEVE

  

En sortir.

 

De cette impasse, la seule issue raisonnable, prônée par notre association et par d’autres, est l’autonomie des écoles, concrétisée par des délégations formelles conférées aux directeurs et directrices, au moins en ce qui concerne le projet pédagogique et le recrutement des enseignants.

 Directeurs et enseignants jugés sur l’amélioration continue du niveau des savoirs des élèves, attestée par des examens indépendants ; équipe incitée à innover par les impératifs de la situation locale.

Superstructure légère : services se substituant aux chefs d’établissement pour des fonctions annexes, services capables d’apporter une aide effective si nécessaire, responsables (tels les IEN) assurant la conformité à quelques grands principes caractérisant l’entité Instruction Publique, et compatibles avec les initiatives locales (principe de subsidiarité).