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• Le livre comporte 300 pages, dont 160 devraient être  qualifiées d'annexe, car il s'agit principalement de témoignages de tiers, en partie contradictoires. Les 140 pages restantes sont largement occupées par une interview de l'auteur par Jérôme Salter, qui s'étend sur 90 pages.

Cependant, c'est tout au long des 300 pages que l'auteur s'exprime par allusions, réflexions, propositions ou professions de foi. Les mêmes thèmes reviennent à plusieurs reprises, sous des formes différentes, et le lecteur en est un peu désorienté.

 

Les traits marquants

• Alain Juppé ne manifeste aucune indignation, aucune révolte à l'égard d'un système d'enseignement dévoyé dont 150.000 à 300.000 élèves sont naufragés chaque année.

Aucun sentiment d'urgence. L'une des convictions fermement exprimée par l'auteur est le refus de toute rupture. Il veut "apaiser, rassembler et réformer", formule louable mais qui risque de prendre beaucoup de temps…

 

• Personne – et surtout pas un responsable politique – n'est obligé de dire tout ce qu'il pense. Quant à nous, nous ne voulons pas interpréter les éventuelles arrière-pensées de l'auteur. D'après ce qu'il nous dit, nous  constatons deux grandes lacunes.

 

D'une part, le constat, la description de la situation actuelle, est curieusement incomplète. Rien n'est dit sur ce qui se passe à l'étranger, en Angleterre, en Suède, au Québec où Alain Juppé a vécu plusieurs années.

Presque rien n'est dit sur l'école privée sous contrat, non pas libre mais domestiquée par l'Education nationale, qui en bloque le développement, au mépris de la liberté de choix des parents. Absolument rien sur la floraison des écoles privées hors contrat, qui assurent un service public sans soutien de l'Etat.

Rien donc sur le fait aveuglant que, même en France, des établissements scolaires fonctionnent sans l'énorme superstructure d'une organisation étatique, ce qui, même sans condamner l'existence d'un enseignement géré par l'Etat, devrait néanmoins s'imposer à la réflexion d'un responsable politique.

 

D'ailleurs, l'auteur épouse très facilement les dogmes et le vocabulaire de l'Education nationale. Le plus frappant à cet égard est l'inscription suivante en tant que "première priorité nationale" :

"Assurer à tous les jeunes français une maîtrise complète de la langue française et du socle commun des savoirs fondamentaux à la fin du collège". Cela dénote une ignorance fâcheuse des avatars du socle commun depuis son introduction dans la Loi par François Fillon. Ce n'est qu'un exemple ;  bien d'autres affirmations sont conformes au Credo de l'Education nationale (cf par exemple "Le programme doit clairement être une déclinaison du socle". cf aussi "l'école du socle").

Il n'y a cependant pas lieu de désespérer. Comme le dit Alain Juppé, son livre n'est pas un programme de gouvernement, et le débat est ouvert. Il a encore le temps de s'informer sur les réalités d'aujourd'hui, ne serait-ce qu'en parcourant notre site.

 

De bonnes idées

• L'ouvrage d'Alain Juppé n'est pas dénué d'idées intéressantes qui restent en général à concrétiser, mais là aussi, l'auteur n'est pas obligé de dire tout ce qu'il pense. Exemples :

- Question : "quel est le maître-mot de votre ouvrage" ?  Réponse : "La notion de réussite, de mérite fondée sur l'égalité des chances… Permettre à chacun de saisir sa chance : telle est ma conception de l'égalité".

• "Il convient d'élargir la possibilité d'entrer dans le métier plus tardivement, après d'autres expériences professionnelles, et favoriser réciproquement la reconversion d'enseignants qui le souhaitent" (et d'autres qui ne le souhaitent pas mais qui ne sont pas faits pour ce métier NDLR)

 

• Alain Juppé se déclare pour une certaine autonomie des collèges, en remarquant que les 20 % généreusement alloués par Najat Vallaud-Belkacem sont "factices".

(Il n'a évidemment pas noté que le terme d'autonomie ne devrait s'appliquer qu'aux établissements publics ; pour le secteur privé, c'est la liberté qu'il faudrait mettre en avant).

 

• Enfin, il se prononce clairement pour la création d'une agence d'évaluation véritablement indépendante. Cela rejoint une proposition de notre association d'une autorité indépendante, donc dotée de son propre budget et de ses propres moyens d'expertise et de contrôle : nous pensons que l'existence de cette autorité est la condition nécessaire d'une véritable autonomie des établissements publics, et d'une véritable liberté des établissements privés ; mais, en amont, il faut d'abord rétablir la primauté de la transmission des savoirs, car il serait impensable, et d'ailleurs impossible, d'évaluer les véritables acquis des élèves dans le domaine de la morale, les valeurs de la République, etc… ; seuls les savoirs disciplinaires peuvent être évalués.

                                                                                                      suite