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Blanquer - suite 3

Chorales.

 

Grande nouvelle : les écoles et les collèges vont être dotés de chorales – annonce faite à plusieurs reprises par les ministres précédents. JM Blanquer précise : mise en place à la rentrée 2018 ou 2019.

Budget de subvention : 20 millions.

Nous sommes évidemment favorables au chant choral et pensons qu’il est bon pour le développement de la personnalité et donc pour les études .

  

Première approche : même si chaque établissement avait sa chorale, considérée comme une option, tous les élèves n’en feraient pas partie.

Or de très nombreuses options peuvent également répondre aux besoins des élèves et enrichir leur personnalité. :

-  des sports collectifs, à condition de l’exigence d’un respect strict des règles du jeu
–  des arts plastiques
–  de la musique (voir l’orchestre à l’école : trois ans de persévérance).
–  des travaux manuels, l’initiation aux techniques (construction de mécanismes)
–  et d’autres.

 Il est clair que toutes ne peuvent pas être obligatoires dans tous les établissements.

Nous aurions aimé ainsi que JM Blanquer justifie le caractère obligatoire des chorales (sur le papier au moins) et dise ce qu’il pense des autres options.

 

Seconde approche : Qui est le mieux placé pour choisir les options offertes par un établissement ? C’est manifestement le Chef d’établissement, qui connaît sa population d’élèves, et qui surtout connaît les ressources locales.

Certaines associations opèrent déjà dans certains domaines, et l’on peut établir des coopérations.

De très nombreuses personnes, retraitées ou non, souhaitent transmettre un savoir-faire ; elles pourraient prendre la charge totale ou partielle d’une option.

Pour cela, il faut qu’elles aient confiance dans un établissement et dans le chef d’établissement, et que ce dernier ne soit pas soumis aux directives éphémères des ministres successifs.

Cela a un nom : c’est l’autonomie réelle des établissements publics, et la liberté réelle des établissements privés.  Notre ministre serait bien avisé de promouvoir cette autonomie dans le secteur public en sélectionnant des chefs d’établissement volontaires pour cela et en leur attribuant une délégation formelle.

 

 

Le Conseil Scientifique de l’Education nationale.

 

Une nouvelle composition du Conseil a permis au ministre un nouveau tour de com’ : présenter cela comme la création de ce Conseil qui existait déjà. La composition a été modifiée, et Stanislas Dehaene nommé Président, ce que nous approuvons, non pas en considération de ses recherches, qui excèdent notre compétence, mais parce qu’il s’est déclaré nettement en faveur de la méthode alphabétique d’apprentissage de la lecture.

JM Blanquer semble croire que ce Conseil va révolutionner notre enseignement en profondeur :

« La communauté éducative bénéficiera des dernières avancées de la recherche… le Conseil mettra à la portée de tous les résultats des recherches de pointe et des expérimentations de terrain… Le Conseil aidera les professeurs à mieux saisir les mécanismes d’apprentissage et la diversité de leurs profils… Il nourrira le contenu des formations initiales et continues des professeurs, etc."  

« Ainsi nous offrirons à la communauté éducative les outils pédagogique plus adaptés à notre temps".

 

Nous espérons que Stanislas Dehaene saura mettre un peu de bon sens dans tout cela.

D’abord, il rappellera le fossé, voire le gouffre, qui distingue les études faites sur des individus isolés ou de petits groupes, de la pratique de centaines de milliers d’enseignants face à des millions d’élèves.

Il en a l’expérience personnelle, car après avoir publié en 2007 "Les neurones de la lecture", il a publié en 2011 "Des sciences cognitives à la salle de classe" dans lequel il relate une expérimentation sur 1800 élèves (environ 90 classes) qui a échoué parce que les enseignants n’ont pas suivi.

 Nous pensons qu’il serait inefficace d’instruire les enseignants sur les phénomènes d’apprentissage, même si cette information va jusqu’à la compréhension. Ce dont ont besoin les enseignants, c’est de mettre en application et de réussir.

 Présentons au ministre une suggestion : les besoins de formation initiale et continue des enseignants seront énormes pendant les 5 à 10 ans à venir. Pourquoi ne pas appliquer ces nouveaux savoirs d’abord à la formation des enseignants ? Ils seront ainsi plus aptes à appliquer les mêmes apports à leurs élèves.

 

En mentionnant la diversité des profils des élèves, peut-être JM Blanquer pense à une étude multidisciplinaire des facteurs influençant les "apprenants". Ce serait, à coup sûr, une vaste entreprise.

Dans le même esprit, ne faudrait-il pas commencer par une étude de la diversité des enseignants et de leurs savoirs – savoirs disciplinaires, savoirs pédagogiques, pratiques des métiers d’enseignants ?

 

Devant cette course à la nouveauté scientifique, nous croyons Stanislas Dehaene capable de raison garder selon le sage précepte de la NRRF (National Right of Reading Foundation) : "mieux vaut ce qui marche que ce qui est nouveau".