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La vérité sur les nouvelles évaluations de CM2 - suite 4

De la contestation au sabotage

Beaucoup d'enseignants de CM2 ont été émus lorsqu'ils ont pris connaissance des évaluations, qui leur ont fait prendre conscience de' l'écart entre le niveau de savoir de leurs élèves et le niveau des exercices. Certains ont réagi individuellement, en décidant par exemple de faire "préparer" les exercices par leurs élèves.

Plusieurs syndicats ont organisé le sabotage de l'opération, en évoquant le boycott pur et simple – et en incitant les parents à empêcher les évaluations ou à les refuser pour leurs enfants.

Ils ont aussi proposé aux enseignants d'exclure certains items par "un tri sélectif".

Ils ont enfin demandé aux enseignants de ne pas faire remonter les résultats au ministère, ou d'en modifier la forme.

Voir à ce sujet l'enquête auprès des écoles et le projet de lettre aux parents proposé par un syndicat.

Nous ignorons dans quelle mesure ces consignes ont été suivies. Elles sont de nature à dénaturer totalement les résultats nationaux des évaluations, et à fausser les conclusions inspirées par la connaissance du monde réel. Casser le thermomètre ne fera pas baisser la fièvre.


Le comportement surprenant du ministère

Surprenant, car il était facile de prévoir les réactions de certains enseignants et d'essayer au moins de les prévenir par une campagne d'information préalable.


Il était facile de prévoir les difficultés.

•  C'est évident pour ce qui est du choix de janvier pour une évaluation dite de CM2.

•  Même si, raisonnablement, le niveau des évaluations a été placé très en-dessous du niveau conforme aux programmes 2008, le ministère ne pouvait pas ignorer l'énorme écart avec la réalité, traduite
- par le rapport du HCE de 2007 concernant le niveau réel à l'entrée en 6ème.
- par ses propres travaux sur la chute du niveau de CM2 entre 1987 et 2007, qui, au mieux, a pu être freinée en 2008-2009 par les nouveaux programmes, mais de façon très limitée en raison de l'inertie d'un énorme système.

•  Il résulte de cet écart entre le niveau réel et celui des évaluations qu'on devait s'attendre à la constatation massive de résultats très faibles, en particulier de la part d'environ 300.000 élèves qui, à chaque rentrée en 6ème ne maîtrisent pas les bases élémentaires de la lecture, de l'écriture et du calcul.  Cela pouvant concerner plus de la moitié des élèves dans les zones dites difficiles.

•  On devait en attendre d'abord de fortes réticences des enseignants les plus concernés (puisque le niveau réel varie selon les écoles), peut-être des difficultés avec les élèves et les parents lors des évaluations, et, à coup sûr, des difficultés d'acceptation des résultats les plus faibles par les élèves et les parents.

•  Dans le même ordre d'idées, on pouvait s'attendre à des déceptions de la part des élèves (et de leurs parents) obtenant des résultats médiocres alors qu'ils poursuivent des études apparemment normales et satisfaisantes, selon les appréciations fournies par l'école.


Il aurait mieux valu prévenir …

•  Sur la question de l'évaluation CM2 au mois de janvier, le mieux aurait été de choisir le mois de juin, préfigurant ainsi le futur examen de fin d'études primaires que, avec d'autres, nous préconisons. Cependant X.Darcos a toujours rejeté cette idée, en confondant cet examen avec un examen d'entrée en 6ème. Le choix de juin aurait déclenché certainement une polémique, mais pas plus que les autres mesures prises par le ministère.

•  Cela étant, même en gardant le choix de janvier, il aurait été possible d'informer à l'avance les médias, le public, et par conséquent les instituteurs, de la répartition de la notation par niveau, et de l'importance toute relative de la date de l'évaluation dans les résultats attendus.

•  Sur la question de l'écart entre le niveau réel des élèves et le niveau choisi pour les évaluations, il eut fallu dire simplement la vérité. Donc rappeler que le rapport du HCE mentionne 300.000 enfants en très grave retard à l'entrée en 6ème (40 % et non 15 % comme le répète le discours officiel) et donc préparer le public à des résultats faibles, en expliquant que l'objectif était de mesurer à l'avenir par rapport à ce point de départ les futurs progrès escomptés de la réforme des programmes et du retour à la transmission du savoir.

A quoi sert, en effet, la mise en place de nouvelles évaluations, si ce n'est à affirmer et à concrétiser le retour à l'impératif de l'instruction ? Les mouvements divers que cela eut provoqués n'étaient pas plus à craindre que la polémique actuelle.

•  Sur l'information relative aux résultats, qui doit être fournie à chaque enfant et à chaque famille, et qui incombe d'abord aux instituteurs, un cadre d'arguments généraux aurait pu être diffusé avant les évaluations.

•  Enfin, compte tenu de la grande variabilité des résultats prévisibles, qui résulte d'un passé sur lequel il est inutile de s'appesantir, il aurait sans doute été judicieux de bien annoncer à l'avance que les résultats par classe et par école seraient réservés aux enseignants, et que seuls seraient diffusés par le ministère les résultats nationaux ainsi que quelques analyses au niveau de secteurs géographiques ou de catégories d'écoles.