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Evaluations CM2 2011 - Le sabotage

Nous avons longuement analysé les évaluations CM2 de janvier 2009 et de janvier 2010, épreuves, notation, et résultats officiels.

Ces évaluations comme celles de CE1, ont été créées par Xavier DARCOS lors de la réforme des programmes en 2008.

La troisième évaluation se place entre le 17 et le 21 janvier 2011. Elle est l'objet d'une confusion générale, y compris chez les enseignants et les parents de bonne volonté. Elle a son origine dans les oppositions et contestations systématiques, dès 2009, de la part de certains enseignants et syndicats d'enseignants, et de certaines fédérations de parents d'élèves, comme la FCPE. Le Ministre vient de faire état de "tentatives de sabotage". Ce ne sont pas que des tentatives.

Cependant, la confusion trouve aussi en partie sa source dans les déclarations et les positions prises par le Ministère dès l'origine.

 

Pourquoi une évaluation nationale ?

Dans la foulée de la publication des programmes 2008, il était normal que le Ministre se préoccupe du suivi de leur mise en application, non seulement par les processus normaux d'inspection, mais aussi par les résultats, c’est-à-dire les acquis des élèves.

D'autre part, une évaluation nationale répond à un besoin d'information des citoyens et de leurs représentants au Parlement, dans l'esprit de la Loi organique relative aux lois des finances ou LOLF (1er août 2001, gouvernement JOSPIN) : les budgets doivent être votés en relations avec des objectifs dont la réalisation doit être contrôlée à partir d'indicateurs. Il va de soi que des évaluations nationales fournissent de tels indicateurs en matière d'enseignement (toutefois cet argument n'a pas été invoqué par Xavier Darcos).

.  La logique la plus élémentaire impose que cette évaluation se place en fin de CM2. Connaissant l'opposition quasiment idéologique de certains enseignants et parents à tout examen d'entrée en 6ème (examen sans grande conséquence puisque tous les élèves passent en 6ème), le ministère a cru contourner la difficulté en plaçant l'évaluation en janvier.

Mais cela l'a conduit à développer des arguments nocifs, selon lesquels les maîtres de CM2 auraient ainsi, grâce à l'évaluation, le moyen de trairer les lacunes de leurs élèves avant la fin de l'année scolaire. Argument doublement fallacieux, d'abord parce que les bons enseignants n'ont pas besoin d"une évaluation nationale pour connaître les lacunes de leurs élèves, ensuite parce qu'il est illusoire de prétendre en 5 mois combler les lacunes résultant de 4 ans de scolarité déficiente.

Aujourd'hui, ce calendrier de janvier continue à alimenter les critiques des uns, et la confusion chez les autres.

.  Le choix de janvier a aussi réintroduit insidieusement une notion précédemment en honneur : celle de l'évaluation "diagnostique", nouvelle source de confusion. Au lieu de s'en tenir à la vérification des connaissances de l'élève, l'évaluation diagnostique prétend apprendre au maître les causes et les remèdes des difficultés rencontrées par l'élève dans les épreuves. Autrement dit on réintroduit la pédagogie dans l'examen, comme cela s'est vérifié dans les consignes de notation 2010.

  

La nature des épreuves

.  La construction des épreuves présentait dès l'origine une grave difficulté. Comme les évaluations suivaient la publication des programmes 2008, on aurait pu imaginer des épreuves – et des consignes de notation – cohérents avec les programmes 2008 de CM2.

Mais, en raison de la faiblesse générale des connaissances, due principalement à l'enseignement reçu, cela aurait conduit à des résultats très faibles, démoralisants pour les élèves et leurs parents.

Le Ministère a donc judicieusement choisi de baisser fortement le niveau des épreuves par rapport au niveau du CM2 2008. La plupart des notes attribuées ne sont pas du niveau CM2, mais CM1, CE2 et même CE1, comme le montrent nos analyses. Nous approuvons cette décision, à titre transitoire. Mais cela n'a pas été expliqué au public.

.  Aujourd'hui, certains parents constatent que leurs enfants ne peuvent pas traiter certaines questions, et en déduisent que l'évaluation est sans valeur ou carrément malhonnête.

.  Le Ministère n'a pas eu le courage d'annoncer à l'avance que, malgré des épreuves très indulgentes, les résultats 2009 et 2010 seraient faibles, mais qu'ils devraient s'améliorer au fur et à mesure de la pleine application des nouveaux programmes, jusqu'en 2015 environ.

Il aurait aussi fallu expliquer que, après la première expérience de 2009, les points faibles des épreuves seraient corrigés en 2010, qu'ensuite ni les épreuves, ni les consignes de notation ne changeraient jusqu'en 2015, pour permettre de constater la réalisation des progrès attendus des nouveaux programmes.

  

La notation bafouée

.  Le premier reproche fait à la notation était son caractère "binaire" : 0 ou 1. Reproche très exagéré, et de pur principe, car en général le binaire s'appliquait à des informations très simples.

En fait, ce que voulaient les opposants, c'est laisser une grande latitude au maître lui permettant de  tenir compte des circonstances et de ce qu'il sait de l'élève. C'est évidement en contradiction avec le caractère national des épreuves, qui suppose une correction uniforme , et donc que les maîtres aient le minimum de latitude possible dans les corrections.

Sur ce point, les opposants obtiennent progressivement satisfaction.

.  Une autre façon de fausser les résultats est de "préparer" les épreuves avec les élèves. On est là dans la rubrique du sabotage.

En 2011, un nouveau stade a été franchi, par la publication des épreuves sur Internet, à l'intention de parents auxquels on conseille vivement de préparer les épreuves avec leurs enfants, en "bachotant", cela pour détruire l'évaluation nationale. Action engagée dans l'anonymat d'Internet, par un soi-disant "Comité pour la réussite aux évaluations nationales".

Ce comportement est scandaleux, comme l'était celui des instituteurs "désobéisseurs" qui refusaient de faire passer l'évaluation. Nous espérons que les poursuites judiciaires évoquées par le Ministre pourront aboutir.

  

Des résultats "trop beaux pour être vrais"

C'était, selon nous, le cas des résultats officiels 2009 et 2010. Ce sera certainement le cas en 2011, l'Education Nationale ayant une longue pratique du maquillage.

Il n'existe aucun contrôle par sondage de la validité des résultats de chaque classe, contrôle nécessaire au vu des dévoiements annoncés.

Il n'existe pas, non plus, de contrôle ni même de description claire de ce qui se passe réellement entre la remise des résultats par le maître et la publication des résultats officiels. (Ainsi, en 2011, la FCPE demande aux parents de refuser la transmission hors de la classe des résultats de leurs enfants).

  

Conclusions

Si la tendance actuelle se poursuit un an ou deux, l'évaluation CM2 aura perdu toute valeur en tant qu'évaluation nationale.

Cela nous conforte dans notre position déjà exprimée ; l'Education Nationale n'est plus crédible en matière d'examens et de diplômes. Il est urgent de charger une autorité indépendante de la conception, de l'organisation et du contrôle des résultats des examens, dont la réalisation serait largement décentralisée.

En attendant, les évaluations dites nationales CE1 et CM2 peuvent apporter une utile information aux maîtres, aux élèves, aux parents, dans les classes où elles sont honnêtement passées et notées.