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Français

• Le français occupe 28 pages, dont 21 présentent le détail de l'enseignement. Les autres sont des exercices obligés de justification et de conformité quant aux compétences, à la transversalité, à la culture commune, et autres du même tonneau.

Les 21 pages comportent 5 sections :

Langage oral
Ecriture
Lecture et compréhension de l'écrit et de l'image
Compétences linguistiques, étude de la langue
Culture littéraire et artistique
 

 

 

Compétences linguistiques, étude de la langue (grammaire, orthographe, lexique)

 • De ces 5 sections, celle consacrée à l'étude de la langue (grammaire et orthographe grammaticale, vocabulaire et orthographe lexicale) devrait conditionner toutes les autres, afin de consolider définitivement, ou plutôt aujourd'hui de combler les lacunes dans les acquis à la sortie du primaire.

 Cet impératif devrait conduire à des prescriptions précises, ce qui n'est pas le cas.

             Exemple : "Identification des principaux temps et modes des verbes"

                                    "Mémorisation des formes verbales"

L'impression générale est accentuée par l'emploi de termes faussement professionnels.

 

• Les "Attendus en fin de cycle", dont on pourrait croire qu'ils fixent des objectifs minima acceptables, sont particulièrement éclairants

               " Analyser les propriétés d'un élément linguistique

Apprécier le degré d'acceptabilité d'un énoncé

Mobiliser les connaissances orthographiques, syntaxiques et lexicales en rédaction de textes dans des contextes variés

Réviser ses écrits en utilisant les outils appropriés

Savoir analyser en contexte l'emploi d'unités lexicales…

Mobiliser en réception et production de textes les connaissances linguistiques permettant de construire le sens d'un texte …"

 

Comme la plupart des sections, celle-ci comporte un tableau synoptique de deux colonnes :

          - compétences et connaissances associées

          - exemples de situations, d'activités et de ressources pour l'élève

 En fait, la première est centrée sur les connaissances, la seconde sur une liste de leçons et d'exercices utiles, le tout sans trop de jargon.

On s'étonnera toutefois de n'y pas trouver les termes d'analyse logique et d'analyse grammaticale.

 

• Cette section est marquée par une étonnante distinction entre langage oral et langage écrit :

                   "Connaître les différences entre l'oral et l'écrit"
                   "Approche comparative de la syntaxe à l'oral et à l'écrit"

Sauf erreur, tout texte écrit en français peut être dit à haute voix en français et réciproquement. D'ailleurs les créations littéraires faites pour l'oral, comme les pièces de théâtre, sont écrites par leurs auteurs.

De plus, notre cerveau nous permet d'entendre ce que nous écrivons ou lisons mentalement.

Certes, le langage courant montre de nombreuses dérives, signe d'affaiblissement, mais de telles dérives marquent aussi l'écrit.

Des tolérances d'usage s'imposent, à l'écrit comme à l'oral. Mais la première ambition de l'école et du collège ne devrait-elle pas être d'apprendre aux élèves à s'exprimer en français correct, même simple ?         

 

 Langage oral

 • "Accéder à la pratique d'un oral codifié et socialisé" : comme l'écrit, l'oral est codifié par le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe du français ; il est socialisé par les formes courtoises (qui devraient être respectées dans l'enceinte du collège).

"Comprendre et interpréter des discours oraux complexes" : la meilleure préparation n'est-elle pas l'analyse de textes écrits de bonne tenue ?

 

• Le détail des conseils et prescriptions donne l'impression que les auteurs attendent des élèves non seulement la pratique d'un oral compréhensible (dans les deux sens du terme) et nuancé, mais encore l'éloquence, "exposer et débattre" comme prescrit dans le primaire. C'est ce que l'on enseignait aux élèves de la classe de Rhétorique (ancienne classe de 1ère).

Or, pour concevoir un discours sensé, il faut d'abord beaucoup de connaissances ; sinon c'est un exercice superficiel, ou, pire, l'incitation à la "communication", la com',  futile ou nuisible.

 Apprendre à tous les élèves comment prononcer à haute et intelligible voix des textes en prose, des poèmes, du théâtre, nous semble un objectif déjà très ambitieux pour le collège.

 

 Ecriture

• "Les élèves apprennent à enrichir leurs stratégies d'écriture", à "adopter des stratégies et procédures d'écriture efficaces".

Ainsi, les élèves, déjà constructeurs de leurs propres savoirs, sont aussi des stratèges !

Quant aux procédures, si ce sont des modèles imposés, elles ont certes le grand avantage, en français comme en maths, et plus tard en philosophie, d'éviter tout effort intellectuel.

• Que de périphrases pour éviter de parler de rédaction et de composition française !

• Exceptionnellement, des repères concrets de longueur des rédactions : 500 ou 1000 signes en 5ème (soit 100 à 200 mots, 10 à 20 lignes) – 2000 à 3000 signes en 4ème et 5ème (40 à 60 lignes).

 

Lecture et compréhension de l'écrit et de l'image.

• "Au cycle 4 se poursuit le travail amorcé au cycle précédent de construction du sens par la formulation d'hypothèses de lecture fondées sur des indices textuels qui font l'objet de justifications et de débats au sein de la classe".

C'est l'explication de texte à la sauce constructiviste. Après l'autopsie de la langue française, après les dictées négociées, l'ancien petit Champollion s'exerce, avec ses condisciples, à dégager un consensus. L'émotion, la beauté des textes, seront filtrées et banalisées par genre, registres de langues, codes linguistiques, "stratégies de compréhension du lexique".

 

• Et cela, sans omettre les "documents composites, y compris numériques, (scientifiques, médiatiques)", sans omettre non plus de lire et comprendre des images fixes et mobiles variées. Tout y est, toutes les époques, toutes les œuvres, les textes "non littéraires".

 

• Ce chapitre grandiloquent convient parfaitement aux maîtres virtuels.

  

Culture littéraire et artistique.

La culture artistique est ici fondée sur des documents visuels ou audiovisuels ; l'essentiel du travail se fait sur des écrits.

Ce chapitre est articulé par thèmes, à raison de 5 thèmes dans chaque classe du cycle, répondant à 5 "questionnements"

Se chercher, se construire
Vivre en société, participer à la société
Regarder le monde, inventer des mondes
Agir sur le monde

auxquels s'ajoute un questionnement complémentaire

 

Ces questionnements sont "obligatoires, points de passage obligés et nécessaires à la constitution d'une culture commune".

Il est précisé que "ces entrées et questionnements … ne constituent pas en eux-mêmes des objets d'étude ni des contenus de formation". Ces thèmes doivent donc être traités dans d'autres chapitres du programme de français ou d'autres disciplines.

 

L'enseignement du français, tel qu'il est défini par les nouveaux programmes, excède largement ce que l'on peut considérer comme fondamental : la maîtrise de la langue française, et la familiarisation avec la littérature française, porteuse de culture.

 

                                                                                            Suite