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Le primaire jusqu'à 16 ans ?

Rapport du Haut Conseil de l'Éducation sur le collège – 2010


Une première lecture  de ce rapport conduit à le mettre de côté, voire à l'oublier, comme tant d'autres rapports ignorés du public et, dans le cas présent, ignorés de la quasi-totalité des enseignants.

Une réflexion plus poussée nous rappelle que, dans le passé, de tels rapports ont servi de justification  à des mesures prises et poursuivies des années durant dans l'indifférence du public. C'est l'un des mécanismes à l'œuvre dans la débâcle de l'école.

 

Consulter le texte intégral du rapport

Voir aussi le commentaire de Michel SEGAL : HCE, paroles d'experts !

 

Comme beaucoup de rapports du même genre, celui-ci marie :

 - le constat d'un certain nombre d'évidences
 - quelques contre-vérités
 - la promotion des idées de personnages qui tiennent à conserver leur influence à l'Education Nationale ; les recommandations procèdent de  "la politique du pire appliquée à la déraison réformatrice" (Nathalie Bulle)
 - et quelques propositions moins conformistes.

 

Constats

Un travail long et difficile, mené sur le terrain avec les enseignants de première ligne, aurait apporté au HCE une masse d'informations diverses et en partie contradictoires. Il aurait fallu ensuite les trier, les ordonner, et choisir les plus importantes.

Rien de tel ici : on chercherait en vain une seule vue originale sur la situation réelle dans le collège.

Le rapport se borne à la reprise de ce que tout le monde sait : le collège n'est unique que de nom, il est l'héritier de déficiences du primaire, il est "en panne" (euphémisme pour une catastrophe).

Curieusement, malgré "des performances médiocres et en baisse", "des inégalités de réussite d'origine sociales accrues", le collège actuel représente "des acquis majeurs dans la démocratisation du système éducatif". Comprenne qui pourra !

 

Quelques contre-vérités

1 - A plusieurs reprises, le rapport affirme que la Loi Fillon "impose au collège d'amener tous ses élèves à la maîtrise du socle. Il y a donc une obligation de résultat".
C'est faux.

La Loi Fillon dit ceci :
"La scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun…"
Il s'agit d'une obligation de moyens, non de résultat. Or la "maîtrise" est un résultat.

Elle dit aussi, à propos du brevet :
"Le diplôme … atteste la maîtrise des connaissances, et compétences …(définies à l'article ci-dessus)

Les titulaires du diplôme doivent maîtriser le socle, pas ceux qui  échouent au brevet. Il ne s'agit donc pas de la totalité des élèves.

Il est curieux que le HCE, créé par la Loi Fillon, en détourne les termes.


2 - Le rapport insiste beaucoup sur les différences de réussite selon l'origine sociale.

A la page 10, un graphique montre qu'un certain "score global" augmente du CM2 à la 5ème, sauf pour les élèves socialement défavorisés, pour lesquels ce score diminue du CM2 à la 5ème.

Les auteurs du rapport notent d'abord : "Non seulement le collège ne parvient pas à réduire les inégalités d'origine sociale, mais il aurait tendance à les accroître".

Suit un commentaire assez stupéfiant "On observe un creusement des inégalités imputables à l'origine sociale entre le début de la sixième et la fin de la cinquième".

Il est pourtant clair que le creusement, lui, est imputable au collège (abandon des élèves les plus faibles). Comme ce phénomène se poursuit depuis le début du CP, et alors que la principale justification de l'enseignement obligatoire devrait être de réduire fortement les inégalités dues à l'origine sociale, il est clair que les inégalités sont, pour l'essentiel, imputables à l'enseignement, et non à l'origine sociale.

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