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Rapport PISA sur le numérique à l'école

En septembre 2015 était publié un rapport concernant le numérique dans l'enseignement, à partir de l'enquête PISA de 2012. Il s'agit donc d'élèves de 15 ans, et non d'écoliers du primaire.

L'étude porte sur "l'écrit électronique" par opposition à l'écrit sur papier. Il s'agit bien des mêmes écrits, mais vus à l'écran. L'étude a pour objet la comparaison des performances des élèves selon qu'ils travaillent sur papier et à l'écran. Elle montre que l'écart entre les deux n'est pas considérable. Ce n'est pas étonnant : l'utilité d'un écrit réside plus dans son fond que dans sa forme.

 

L'apport principal de cette étude est une constatation inattendue pour beaucoup, mais pas pour notre association : LA PERFORMANCE DES ELEVES VARIE EN RAISON INVERSE DE LA FREQUENCE DU RECOURS AU NUMERIQUE A L'ECOLE.

Pour un ensemble d'utilisations de l'ordinateur :

- "surfer" sur Internet pour un travail scolaire
- utiliser le courrier électronique à l'école
- "chatter" sur Internet à l'école
- faire des exercices, par exemple en langues étrangères et en maths

la performance moyenne s'établit ainsi :

- élèves n'utilisant jamais, ou presque jamais, l'ordinateur à l'école : 497 (sur 1000)
- élèves utilisant l'ordinateur une ou deux fois par semaine : 485
-     "             "                 "     tous les jours : 447

Ce score de 447 est très bas : sur 31 pays, seuls 3 sont au-dessous de ce seuil en français, et 5 en maths ; (la moyenne générale est 500)

 

Autre conclusion : l'utilisation des ordinateurs ne change pas l'écart entre les élèves socialement défavorisés et les autres, contrairement à une croyance basée sur deux idées scandaleusement fausses  :

- la première est que les enfants de milieux socialement défavorisés sont, en moyenne, intellectuellement inférieurs aux autres ;

- la seconde est que l'emploi d'un ordinateur est plus ludique, donc plus accessible à ces enfants.

 

Notre position, déjà exprimée sur ce site, n'est pas un scepticisme de principe. Nous admettons volontiers que le numérique deviendra, progressivement et  prudemment, un facteur de progrès dans l'enseignement. Mais cela demandera la création de très nombreuses applications spécifiques d'une discipline, d'un domaine, d'un niveau de savoir. Cela ne se fera pas sans un énorme investissement intellectuel et professionnel, et des expériences prudentes (car les erreurs pédagogiques provoquent des effets négatifs sur des décennies).

Les scores constatés plus haut ne dépendent probablement pas uniquement de la présence plus ou moins forte de l'ordinateur dans les classes. D'autres corrélations sont possibles : par exemple les pays champions de PISA, comme la Corée du Sud, sont aussi les moins équipés d'ordinateurs. C'est compréhensible : les responsables de ces pays se sont nécessairement demandés en quoi l'ordinateur pouvait soit faire gagner du temps dans leurs processus scolaires, soit majorer encore leur performance ; et il est bien évident que l'analyse des applications existantes ne les a pas convaincus de s'équiper.

Inversement, les pays les moins performants ont cru au miracle et se sont équipés par principe.

 

Comme le dit le rapporteur de l'OCDE : "Il ne suffit pas de penser aux équipements". C'est malheureusement ce que fait notre ministère, manifestement incapable de "penser" aux conditions de l'utilisation efficace de ces matériels. Le ministère "pense" plus volontiers en termes de com', à la vertu démagogique de ce gâchis financier.

 

En attendant les conclusions de l'enquête PISA 2015, nous pouvons esquisser la démarche correcte :

- d'abord, concevoir des applications spécifiques dont l'efficacité soit vérifiée par des observateurs indépendants, ce qui suppose la collaboration d'enseignants avec des développeurs ;

- ensuite, former les enseignants concernés, non pas au "numérique" mais à chaque application ;

- enfin, généraliser progressivement en équipant les classes du matériel strictement nécessaire.

Apparemment, seuls quelques pays ont emprunté ce chemin.

 

En procédant à l'inverse, les résultats sont prévisibles :

- les enseignants les plus consciencieux, et les chefs d'établissement les plus capables de résister à l'attrait des parents et des élèves pour ces nouveaux jouets, en limiteront strictement l'utilisation;

- d'autres enseignants se laisseront convaincre d'adopter cette avancée décisive du constructivisme, les élèves apprenant tout seuls grâce à des machines à lire et autres ; ils utiliseront largement les tablettes, bien acceptées par des élèves qui, hors de l'école, passent des heures chaque jour en compagnie d'écrans de toutes sortes. 

 

Voir   PISA à la Loupe N°55 : Qui sont les meilleurs lecteurs en ligne ?