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Poursuite de la reprise en main idéologique de l'enseignement

Dans l'enseignement public, cette reprise en main a été marquée, durant le ministère Peillon, par l'action de Najat Vallaud-Belkacem dans l'application de la théorie du genre. Puis, lorsqu'elle a été ministre, dans la pédagogie.

Un nouveau front a été ouvert récemment, concernant d'une part les établissements hors contrat, d'autre part l'enseignement à domicile.

Tout cela, avec le renfort de la Droite !

 

Les établissements hors contrat.

Bien distinguer dans ce secteur :

– d'une part des établissements anciens et réputés, recevant entre autres les enfants et petits-enfants de ministres de gauche comme de droite

– d'autre part les nouveaux, dont les créations augmentent chaque année, notamment à la demande de familles mécontentes de l'instruction donnée dans le privé sous contrat ; en fait partie aussi le récent réseau des écoles Espérance Banlieue.

La ministre n'ayant aucun moyen de toucher aux premiers,  elle met en place un pare-feu très simple contre la multiplication des seconds : l'autorisation préalable à la création, qui peut être refusée sous d'innombrables prétextes.

Par ailleurs, une offensive vise depuis plusieurs mois les établissements hors contrat existants, dans lesquels contrôles doivent être "renforcés".

Certes il est possible que des établissements récents, ayant peu de ressources, n'aient pas des résultats excellents. Mais, en l'absence de comparaison avec les établissements publics les moins performants, de telles inspections ne sont pas recevables.

 

L'enseignement à domicile.

Un nombre croissant de parents déscolarisent leurs enfants, pour les protéger, soit sur le plan de la moralité, soit quant à l'instruction.

Des contrôles sont opérés par l'Education nationale ; certains ont un motif partisan, par exemple un contrôle chez une professeure de français du secondaire en conflit avec l'Education nationale.

D'autres sont objectifs, et font apparaître dans certains cas une excellente instruction des enfants, dans d'autres cas des faiblesses, ou des choix de vie de certains parents ayant une incidence sur l'instruction des enfants.

Ici encore, en l'absence de toute information fiable sur les élèves du secteur public les plus mal traités, la simple comparaison avec les programmes officiels est fallacieuse.

Quant à penser que certains parents ont, en matière d'instruction, un comportement dommageable pour leurs enfants, cela relèverait de la Justice, et non de l'Education nationale.

 

La radicalisation islamique.

Pour mieux noyer le poisson, la ministre invoque, à l'appui de ses projets, le renforcement des contrôles concernant les cas de radicalisation islamique, ce qui peut se produire dans certaines écoles, mais aussi chez des enfants déscolarisés.

Ce travail dans les écoles confessionnelles excède largement la compétence des inspecteurs de l'Education nationale.

Même observation concernant les enfants des banlieues, déscolarisés, qui vivent de trafics divers.

Ainsi, la ministre, qui serait bien en peine de garantir le droit à l'éducation de tous les élèves du secteur public comme des décrocheurs de moins de 16 ans, prétend invoquer ce droit contre les écoles hors contrat et l'instruction à domicile.

Après les rythmes scolaires et la réforme des programmes, on pourrait croire que tout cela sera balayé prochainement. L'expérience montre cependant que les idées "progressistes" peuvent resurgir après une éclipse. Car, comme on sait, on n'arrête pas le progrès. 

"Vigilance", tel reste le mot d'ordre.

 

Avec le renfort de la Droite.

28 députés LR ont déposé le 27 avril 2016 une proposition de loi, qui comporte 4 articles.

Le texte intégral de cette proposition de loi est téléchargeable ici.

 

Article 1er – Texte :

"l'établissement (hors contrat NDLR) ne peut être ouvert qu'après autorisation expresse de (sic) représentant de l'État dans le département".

Exposé des motifs :  "Cela permettra de prévenir l'ouverture d'établissements où s'expriment des formes d'intégrisme religieux".

Comme ce motif - essentiel – n'est pas mentionné dans l'article, celui-ci va exactement dans le sens souhaité par la ministre, qui évidemment l'étendra à toutes les créations d'écoles hors contrat, même celles qui manifestement ne peuvent être suspectées de "prôner un islamisme radical" selon les termes des députés.

D'autre part, comme aucune école ne demandera l'autorisation en exposant qu'elle va prôner un islamisme radical, en fait le "représentant de l'État" ne pourra invoquer que des troubles à l'ordre public, basé sur des présomptions à l'égard des fondateurs officiels de l'école en question. Cela, à la suite de renseignements de police, ce qui devrait exclure toute intervention de l'Education nationale.

 

Article 4 

"L'instruction dans la famille doit faire l'objet d'une autorisation préalable de l'inspecteur d'académie et doit être justifiée par :

– l'exigence de soins médicaux ;
– une situation de handicap en attente de scolarisation dans un établissement médico-social ;
– des activités sportives artistiques ;
– des parents itinérants ;
– l'éloignement géographique d'un établissement scolaire."

Dans l'introduction de l'exposé des motifs, les députés invoquent "la déscolarisation d'un nombre croissant d'enfants, pour des motifs essentiellement religieux (…)".

La solution trouvée par les députés est radicale : c'est la quasi interdiction de l'enseignement en famille.

Aucun de ces motifs ne justifie la compétence de l'inspecteur d'académie : les motifs sont factuels et n'importe quel policier ou gendarme peut les valider. Cela ne fait pas l'affaire de la ministre, qui tout simplement renforce les contrôles – non pas dans les zones de « non droit » mais partout où l'Education nationale peut considérer que la famille est un concurrent, notamment lorsqu'elle a recours à un établissement privé d'enseignement à distance.

 

Du beau travail....

 

PS. Serviables : six députés signataires de la proposition de loi viennent de cosigner (avec 42 autres) un article s'opposant à l'autorisation préalable (Le Figaro 29/6/16)