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Le plan LANGEVIN-WALLON vu par WALLON

Les réformes proposées après la deuxième guerre mondiale dans le cadre du plan Langevin-Wallon ont été justifiées par l'inadéquation d'un système scolaire où "la coupure entre l'enseignement primaire et supérieur est devenue contraire aux exigences du présent" écrit Wallon (6).



On reprochait à l'enseignement primaire d'être "dogmatique, figé, routinier". "L'autonomie relative des différents enseignements : primaire, secondaire, technique, et les compétitions que cette autonomie relative pouvait engendrer à l'intérieur du système scolaire ont paru inconciliable avec l'unité culturelle du pays". On a mis en avant "le droit de tous les enfants à une véritable culture intellectuelle ".

"Une autre condition de la réforme est de supprimer la cloison qui vouait l'enseignement primaire à être un enseignement utilitaire pour les masses, et l'enseignement secondaire un enseignement culturel pour l'élite."

A l'ancien découpage : premier degré, classes populaires, second degré classes bourgeoises, on a opposé la division en cycles qui répondraient à des étages de l'évolution intellectuelle.

Dans le premier cycle, "âge maternel" caractérisé par des "activités dispersées à motifs immédiats". Ensuite âge de l'école, six à onze ans. C'est la période de la vie où peuvent être acquis "les différents automatismes indispensables aux opérations de la pensée et qui doivent être communs a tous les enfants".

Le second cycle, ou "cycle d'orientation", destiné à tous les enfants de onze à quinze ans, devait être la période "des options" où les enfants auraient pu révéler "leurs préférences et leurs dispositions dominantes".
Le troisième cycle, de quinze à dix-huit ans, aurait été celui de "la détermination vers les sections théorique, professionnelle et pratique".

Quelles étaient, selon Wallon, les particularités de l'enseignement primaire, qui était quasiment autonome ? "Enseignement pour le peuple, il a été soigneusement tenu à l'écart de l'enseignement secondaire et il a fonctionné en circuit fermé. Sauf exception individuelle, on était élève de l'un ou de l'autre et pas successivement de l'un et de l'autre. Aucun palier commun, pas d'ouverture de l'un sur l'autre, des examens qui ne se correspondent pas. La formation des maîtres est pour les deux radicalement distincte. (...) Que ce système ait eu ses avantages, ce n'est pas douteux. Ainsi concentré sur lui-même, l'enseignement du peuple s'est imprégné d'esprit populaire, ce qui n'était sans doute pas dans les intentions du législateur. Il a pu éviter l'évasion de ses meilleurs éléments vers d'autres situations universitaires. Il n'a pas eu à recueillir les laissés-pour-compte des autres enseignements."

L'erreur de Wallon réside, à mon avis, dans l'appréciation suivante : l’école primaire était destinée à donner une instruction "purement utilitaire". Cette appréciation réduit considérablement l'apport de l'école primaire dans les domaines de l'histoire, de la morale et des leçons de choses. Son erreur réside également dans l'opposition qu'il établit entre l'utilitaire et le culturel, comme si l'apprentissage des éléments et celui des rudiments d'histoire, de géographie, et de science n'étaient pas intrinsèquement constitutifs de l'acculturation.

Avoir bien appris à lire, à écrire et à compter ne signifiait pas qu'on accumulait les chances d'une promotion sociale. Cet aspect fondamental de l'enseignement élémentaire a cependant été détruit pour tout le monde, puisque l'enseignement primaire est à présent commun. Dans quel but ?

C'est cet enseignement qu'il faudrait revaloriser en premier lieu, il s'appuie sur l’existence d'une discipline. Il faut revaloriser la pédagogie des automatismes: lire, écrire et calculer. L'installation et la conservation des automatismes se fonde sur un enseignement méthodique, appuyé sur les exercices et la répétition. On ne doit pas l'interpréter comme une automatisation de la pensée, mais bien au contraire, comme la condition de son émancipation.

Il permet aux enfants de se forger efficacement les outils intellectuels indispensables à leur autonomie intellectuelle, afin qu'ils puissent non seulement déchiffrer, mais lire en comprenant ce qu'ils lisent et écrire pour conceptualiser leurs expériences et leurs pratiques. En réalité, l'enseignement primaire tel qu'il fut conçu est un enseignement indispensable à tous les enfants, car il permet d'acquérir efficacement des connaissances dont on conservera l'usage tout au long de la vie. L'enseignement des éléments se pratiquait de la même manière dans les autres établissements.

 

L. LURÇAT

 


6. Henri Wallon, " Où en est la réforme de l'enseignement en France ? ",
Cahiers laïques
, 5, sept-oct 1951

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