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Titre: Décret du 19 mai 2015 : dissolution du socle commun
Source: Association Lire-Ecrire

Du 31 mars au 19 mai : dissolution du socle commun

Le Décret du 19 mai 2015, dit de la Réforme du collège, modifie dans son article 1, les termes de l'article D 332-2 du Code de l'éducation.

Ancienne rédaction : "Le collège dispense à chaque élève, sans distinction, une formation générale qui doit lui permettre d'acquérir au moins le socle commun…"

Nouvelle rédaction : "Le collège dispense à chaque élève, sans distinction, une formation générale qui lui permet d'acquérir, au meilleur niveau de maîtrise possible, le socle commun…"

L'ancienne rédaction impliquait d'abord que le socle commun reçoive une définition précise, opérationnelle, vérifiable, pour que le Parlement puisse constater son acquisition par (presque) tous les élèves. Nous savons que cela n'a jamais été le cas, depuis la Loi Fillon de 2005 jusqu'à maintenant (mai 2015).

La nouvelle rédaction signifie clairement que l'Education nationale se reconnait incapable de mener (presque) tous les élèves à un niveau objectivement défini. Désormais, tous les niveaux sont bons.

Par exemple, de très nombreux élèves de 16 ans ne savent ni lire ni écrire : rien n'interdit de prétendre qu'ils ont atteint le meilleur niveau de maitrise qu'il leur était possible, et qu'il était possible à l'Education nationale de leur procurer.

Le socle –minimum – commun à tous s'est ainsi transformé en plafond – maximum – pour tous : il y a de la place pour tous entre le sol et le plafond.

Ce plafond est défini par les programmes, et l'on a bien compris que, pour la ministre, prétendre dépasser le plafond serait la marque d'un élitisme bourgeois intolérable.

 

 

 

Curiosité : on notera que le Décret du 19 mai ne fait aucunement mention du Décret du 31 mars entièrement consacré au socle commun. On peut s'interroger sur le flou général qui préside à l'élaboration de la réforme du collège comme aux projets de programmes : confusion mentale ?  incompétence ?  désorganisation ?  prédominance de l'idéologie sur le monde réel ?

 

Sauf nouvelle innovation du ministère, la porte a été ainsi refermée sur le socle commun, corollaire obligé de l'enseignement obligatoire.

Il faudra la rouvrir.

 

La question est toujours posée.