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30/03/2009

La journée de la jupe

 

... ou quand les murs tombent

Après avoir vu le film, Xavier Darcos aurait dit : « Mais l’éducation nationale, ce n’est pas ça ! » raconte Jean-Paul Lilienfeld son réalisateur, dans un entretien sur africa.com .

 

Pourtant les réactions d'un certain nombre d'enseignants confirment bien que nous ne sommes pas si loin de la réalité. Au départ un fait divers banal situé dans un collège difficile que son principal qualifie de "garderie sociale"; Sonia professeur de français, découvre un revolver dans le sac d’un de ses élèves, elle s’en empare : dans la confusion, un coup part et blesse l’élève à la jambe. Cet incident enclenche une véritable prise d’otages qui va en particulier, lui permettre de donner son cours.

 

De nombreux rebondissements contribuent non seulement à tenir le spectateur en haleine, mais surtout à révéler les vrais visages de chacun. Ce ne sont pas simplement les masques qui tombent mais les murs ; ceux du silence, de l’hypocrisie, de l’inefficacité pédagogique, du mensonge durable de la hiérarchie de l'éducation nationale qui a préféré fermer les yeux sur ces réalités, laissant sur le carreau aussi bien des enseignants découragés que des jeunes non instruits. Le film montre aussi le mur de l'ignorance qui sépare les gens de l'extérieur des réalités des collèges tels que celui-ci.

 

En affirmant : « parce qu’au nom d’un dogme (80% de réussite au Bac), on ment aux jeunes des quartiers en leur faisant croire qu’un 12 de moyenne chez eux est le même qu’un 12 de moyenne dans un «bon» lycée. Parce qu’on revoit les grilles de notation pour approcher le dogme au plus près.», mais aussi qu’il faut « remettre le professeur au centre de l’école, pas l’élève. Celui qui sait est là pour transmettre son savoir », Jean-Paul Lilienfeld montre qu'il est en phase avec le public et une masse silencieuse d'enseignants.

 

Le grand mérite du film La journée de la jupe est de dépeindre une situation dramatique sans chercher à moraliser, ni proposer des solutions radicales. On peut juste reprocher à l’auteur d’avoir voulu aborder beaucoup de sujets et de se contenter de les survoler, mais il permet de prendre conscience de la réalité d'un système éducatif dépassé et de l’urgence d'agir pour que l'école soit refondée.

 

Initialement condamné au silence par les critiques de référence, boudé par les producteurs, sa première diffusion sur Arte a attiré 2,2 millions de spectateurs. Nous ne pouvons que nous en réjouir et vous encourager à les rejoindre.

"La journée de la jupe est un événement historique" a déclaré le philosophe Alain Finkielkraut.

 

Pour découvrir les salles qui diffusent "La journée de la jupe" :

http://www.allocine.fr/seance/filmcp_gen_cprojection=148510.html

 

 

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