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Une minorité d'enseignants résistent au retour de l'instruction
Sur les 270 000 professeurs des écoles que comporte l'éducation nationale, 2776 (*) enseignants ont déclaré être entrés en désobéissance depuis la rentrée scolaire 2008. Ils ne veulent pas des nouveaux programmes, du soutien scolaire, de la suppression du samedi, de la réduction des effectifs d'enseignants spécialisés, etc.
Ils sont contre et s’accrochent aux programmes de 2002 : ils n'en démordront pas et pour cela, ils boycotteront les évaluations de CE1 puisque qu'ils n'ont pas enseigné le programme actuel à leurs élèves. Participer à ces évaluations, ce serait mettre en échec leurs propres élèves sans que ces derniers ne comprennent pourquoi il leur est impossible de faire les exercices.
Ailleurs, les enseignants ont répondu présent. Certains font l'effort de se mettre à jour, effort difficile tant il était normal de ne plus demander grand chose aux élèves. Les enfants doivent travailler un peu plus qu'avant. C'est difficile pour eux car ils n'y ont pas été habitués. C'est difficile pour certains enseignants car cela exige qu'ils suivent un programme précis et qu'ils mettent en place une progression.
Mais, ils le font, sans rien dire. Ils font leur travail. Ils remplissent leur mission de service public. D'accord ou pas d'accord, peu importe : ils ne seront pas de ceux qui mettront en échec leurs élèves. Car les exigences ont changé et si l'on continue à refuser d'enseigner aux enfants ce que l'on attend d'eux, ceux-ci auront le droit de demander des comptes : professeur, vous aviez à m'enseigner telle notion et vous ne l'avez pas fait. De quel droit ? Vous aviez à m'enseigner le système alphabétique dès le début du CP et vous ne l'avez pas fait. De quel droit ?
Les inspections sanctionnent ces enseignants qui refusent de faire ce pour quoi ils sont payés. La résistance s’organise : un fonds de solidarité compensera leurs pertes de salaire. Il y a un peu de surréalisme dans cette affaire : ils ont une certaine idée de l’école et ils seront le dernier rempart contre le retour de l’instruction. Quelle drôle d’idée de vouloir faire travailler les enfants et leur apprendre ce qu’ils n’ont pas envie d’apprendre.
Ils tiendront bons : ils se considèrent victimes d’une administration sans pitié. Mais, vu sous un autre angle, les victimes, ce seraient plutôt les enfants à qui ils refusent le soutien scolaire, les notions qu'ils devraient leur apprendre pour ne pas être en retard sur les autres et pouvoir suivre ce qui se fera l'année suivante.
Alors parents, réagissez ! Dans certains endroits, vous pouvez profiter de la libéralisation de la carte scolaire pour inscrire vos enfants dans des écoles où l'on s'engage à respecter les programmes scolaires. C'est un droit que vous avez. Pensez d'abord au bien de votre enfant. Considérez que ces enseignants – et tous ceux qui résistent ici ou là en boycottant telle ou telle décision – sont les derniers dévots d’une utopie sans lendemain. Le monde qui attend vos enfants est le monde réel et leur avenir dépend de ce qu’ils auront appris aujourd’hui à l’école primaire.
(*) Nombre de désobéissants déclarés le 6 mai 2009
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Commentaires :
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Caricaturale : la perception des enseignants en désobéïssance.
Je suis effaré de ce que vous pouvez écrire sur cette contestation.
Ce qui me paraît évident, c'est que cette contestation a une dimension politique évidente. C'est la politique du ministère qui est fustigée par ces enseignants ... pas l'enseignement.
Je ne partage pourtant pas leur avis notamment à propos des programmes. Ils évoluent vers une prise en compte du socle commun, ce que ceux de 2007 ne faisaient pas suffisamment.
Et la politique du socle commun est une nouvelle façon d'aborder les choses, à intégrer dans sa pratique et son organisation d'enseignant.
Les contenus des programmes 2008 sont discutables si on les prend en détail. Ceux de 2002 l'étaient aussi.
Et pour répondre au commentaire de mchristelle81, qu'elle se rassure, l'apprentissage de la multiplication (notamment le calcul mental) n'est pas UNIQUEMENT du programme de CE1. Il est encore travaillé dans le secondaire ! (et au cycle 3).
Allez j'ajoute que pour retenir ses tables et des méthodes de calcul mental jusqu'à la maison de retraite, les adultes devraient bannir la calculatrice dans la vie de tous les jours.
J'extrais ce petit paragraphe de votre texte :
"C'est difficile pour eux car ils n'y ont pas été habitués. C'est difficile pour certains enseignants car cela exige qu'ils suivent un programme précis et qu'ils mettent en place une progression."
Parmi les documents fournis lors d'une inspection, il y a le cahier journal et une programmation. Vous avez bien lu : programmation ... c'est un peu comme une progression mais en un peu plus complexe. Elle tient compte de la différenciation nécessaire en classe, de cohérence thématique et de projet ainsi que d'une progressivité des notions abordées.
Enfin "le soutien" existe depuis longtemps, il n'est pas remis en cause (en dehors du temps scolaire), par les enseignants, bénévoles, associations etc ...
Ce qui est contesté par certains, c'est l'aide personnalisée, hors temps scolaire aussi, réalisée par les enseignants. Cette contestation est éthique. Car cette aide ne touche pas tous les enfants de part sa forme notamment.
J'ai un avis mitigé sur l'aide personnalisée. Aucun outil de cadrage n'a été fournis par le ministère. Cela a été mis en place à la va vite.
Je ne vois dans votre article que le discours de quelqu'un qui ne connait absolument pas la réalité des problèmes de l'enseignement.
Sinon les méthodes des années 50 sont très appropriées pour former des adultes de 1965. Attention, les choses ont bien changées.
Votre commentaire
Nous nous sommes rendu compte que notre fils actuellement en CE1 ne suivait pas le nouveau programme. Il ne fait pratiquement pas de calcul.Pour les évaluations, mon fils n'avait pas vu les tables de multiplications, et encore moins les divisions.Heureusement pour lui, il s'est débrouillé en ajoutant (par exemple 5*3, il a fait 5+5+5).
Je me suis procuré des anciennes méthodes de calcul sur Ebay (années 50). Je les trouve super bien faites, il y a une vraie progression et mon fils a fait d'énormes progrès en calcul mental, en vitesse et en méthode. Je le paye 50 centimes la page par jour.J'ai l'impression de le sauver en faisant ça.
Je ne m'en vante pas auprès de sa maitresse.
Nous avons presque fini le manuel de CP qui malheureusement est plus ambitieux que ce que lui fait faire sa maitresse en CE1.Nous attaquons bientôt le manuel de ce1 car nous le changeons d'école à la rentrée prochaine,l'école privée du coin qui elle, respecte les programmes.
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