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23/10/2009

Illettrisme : Luc Ferry récidive

 

Luc Ferry

Le Figaro du 22 octobre 2009 : "Réformer le lycée ? Sans doute, mais c'est le primaire qui coule !"

Luc Ferry rappelle d'abord quelques vérités qu'il est toujours bon de répéter :
"Ce sont 35 % de nos enfants qui, à des degrés divers, peinent à lire à l'âge de 18 ans". "80 % des enfants qui ratent l'apprentissage de la lecture au CP ne rattrapent jamais leur retard".

A partir de ces constats simples, la pensée de notre philosophe déraille. Il annonce l'échec patent de la "calamiteuse" réforme menée en 2007 (sic). Il incrimine la suppression d'heures dans le primaire, alors qu'il s'agit, pour l'essentiel, d'un transfert. Il reprend tous les poncifs des pédagogistes :
      - la méthode globale a disparu depuis belle lurette
     - il faut faire de l'illettrisme une grande cause nationale (au lieu de demander à l'Education Nationale de respecter sa mission !)
     - Luc Ferry ne voudrait plus voir d'élèves terminant le CE1 sans savoir lire (alors que, comme il le constate lui-même, le problème se situe en CP).

Sa seule proposition consiste à dédoubler le CP en classes de 10 ou 12 élèves, en secondant les maîtres par des "emplois-jeunes" !


Luc Ferry plane au-dessus des réalités, qui sont fort triviales : besoin massif dès la maternelle de moyens spécifiques pour développer l'expression orale des enfants mauvais francophones, impératif de généraliser l'apprentissage alphabétique en Grande Section de Maternelle et en CP.

Des classes de niveau peuvent certes être utiles lorsque, dans un établissement, l'hétérogénéité des élèves est très forte, mais à condition de placer dans les classes les plus faibles, non pas des emplois-jeunes mais des maîtres volontaires parmi les plus expérimentés.


"De grâce, taisez-vous" avons-nous déjà demandé à Luc Ferry et Jack Lang.
Pas de regrets, Monsieur Ferry, tournez la page !

 

 


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Commentaires :

4 Commentaires

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#4 gicastellanet a écrit le 11/11/2009 17:26

A Monsieur Louis Barthas :

Nous avons exposé notre point de vue à ce sujet dans notre analyse des programmes 2008 et récemment à propos du rapport de l'Inspection Générale sur la mise en œuvre de ces programmes en 2008-2009.

Nous pensons que ces 2 heures doivent être consacrées, non pas aux élèves en grande difficulté et grand retard, mais aux élèves qui suivent normalement la classe et qui décrochent à un moment donné, quelle' qu'en soit la raison.

Ces difficultés momentanées s'aggravent si on ne les traite pas, et peuvent facilement trouver remède dans une action d'autant plus courte qu'elle est quasiment immédiate.

Considérer que ces heures sont retirées aux autres élèves revient, selon nous, à considérer qu'auparavant les maîtres ignoraient ou négligeaient ces élèves (pensant que les choses s'arrangeraient toutes seules), ou bien qu'ils s'en occupaient sans aucune incidence sur l'instruction des autres, ce qui nous semble peu réaliste.

#3 Valette a écrit le 27/10/2009 17:34

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Dans son petit livre, ´La sagesse du professeur de francais`, Cécile Revéret décrit exactement la situation devant laquelle se trouvent chaque année des centaines de milliers de petites victimes innocentes de fous criminels qui laissent perdurer en toute impunité ces méthodes globales, je dis bien ´globales`, dire le contraire est une grossière mystification.

´Caroline, une adorable fillette de sixième, est interrogée. Sa lecture est hachée, laborieuse, mais cahin-caha, très lentement et en se reprenant plusieurs fois, elle arrive au bout des phrases.

´Enchantés de voir venir si belle proie, ils se rassasièrent à belles dents.`

Ils se rassiette, rassassent, assassient, rassièrent...

Je laisse la pauvre enfant se débattre dans ses multiples tentatives pour lire rassasièrent; ses tâtonnements se perdent dans des borborygmes. Puis elle lève sur moi un regard déchirant et me dit d´une voix navrée :

- Madame, je ne peux pas lire ce mot, je ne l´ai pas appris...

Chère Caroline, en une phrase, tu as résumé tout le drame des enfants de ta génération. Ce jour précis, ton tegard éperdu me donna envie de me battre, il est à l´origine de mon engagement pour que cesse cet apprentissage insensé de la lecture : apprendre des mots par coeur.Qu´on l´appelle méthode semi-globale ou mixte, peu importe, le résultat est là : un désastre.

 

[...]Ce jour-là, je lui fis faire une découverte prodigieuse : je lui révélai simplement qu´on pouvait déchiffrer un mot inconnu; il n´était pas question d´apprendre les 50 000 mots du Petit Larousse.

Caroline doit avoir 25 ans maintenant. Or la situation ne s´est pas améliorée. Elle a empiré.Lire exécuter alors que le verbe exulter est imprimé, parce qu´on ne connaît pas le verbe exulter, parce qu´on ne l´a pas ´appris`, ne pas réagir devant le non-sens, sont des situations quotidiennes. Tellement fréquentes qu´elles en deviennent anodines.Pour les élèves,c´est comme cela qu´on lit maintenant. S´y reprendre à plusieurs fois un mot sur trois, c´est devenu la norme.`

 

Ayant un petit-fils qui se trouve dans cette situation dramatique, à l´âge de 10 ans, je suis vraiment dans le même sentiment de colère que Cécile. Toute la famille vit avec son mal de vivre un vrai calvaire.

Quand il dit :A quoi ca sert que je vive, je suis nul, j´y arriverai jamais, j´en verrais bien quelques-uns passer au tribunal pour crime contre les enfants, atteinte aux droits de l´Homme, non respect du devoir de l´Education Nationale, qui est l´Instruction avant tout.

 

Anne-Marie Valette.

#2 Valette a écrit le 27/10/2009 17:31

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Dans son petit livre, ´La sagesse du professeur de francais`, Cécile Revéret décrit exactement la situation devant laquelle se trouvent chaque année des centaines de milliers de petites victimes innocentes de fous criminels qui laissent perdurer en toute impunité ces méthodes globales, je dis bien ´globales`, dire le contraire est une grossière mystification.

´Caroline, une adorable fillette de sixième, est interrogée. Sa lecture est hachée, laborieuse, mais cahin-caha, très lentement et en se reprenant plusieurs fois, elle arrive au bout des phrases.

´Enchantés de voir venir si belle proie, ils se rassasièrent à belles dents.`

Ils se rassiette, rassassent, assassient, rassièrent...

Je laisse la pauvre enfant se débattre dans ses multiples tentatives pour lire rassasièrent; ses tâtonnements se perdent dans des borborygmes. Puis elle lève sur moi un regard déchirant et me dit d´une voix navrée :

- Madame, je ne peux pas lire ce mot, je ne l´ai pas appris...

Chère Caroline, en une phrase, tu as résumé tout le drame des enfants de ta génération. Ce jour précis, ton tegard éperdu me donna envie de me battre, il est à l´origine de mon engagement pour que cesse cet apprentissage insensé de la lecture : apprendre des mots par coeur.Qu´on l´appelle méthode semi-globale ou mixte, peu importe, le résultat est là : un désastre.

 

[...]Ce jour-là, je lui fis faire une découverte prodigieuse : je lui révélai simplement qu´on pouvait déchiffrer un mot inconnu; il n´était pas question d´apprendre les 50 000 mots du Petit Larousse.

Caroline doit avoir 25 ans maintenant. Or la situation ne s´est pas améliorée. Elle a empiré.Lire exécuter alors que le verbe exulter est imprimé, parce qu´on ne connaît pas le verbe exulter, parce qu´on ne l´a pas ´appris`, ne pas réagir devant le non-sens, sont des situations quotidiennes. Tellement fréquentes qu´elles en deviennent anodines.Pour les élèves,c´est comme cela qu´on lit maintenant. S´y reprendre à plusieurs fois un mot sur trois, c´est devenu la norme.`

 

Ayant un petit-fils qui se trouve dans cette situation dramatique, à l´âge de 10 ans, je suis vraiment dans le même sentiment de colère que Cécile. Toute la famille vit avec son mal de vivre un vrai calvaire.

Quand il dit :A quoi ca sert que je vive, je suis nul, j´y arriverai jamais, j´en verrais bien quelques-uns passer au tribunal pour crime contre les enfants, atteinte aux droits de l´Homme, non respect du devoir de l´Education Nationale, qui est l´Instruction avant tout.

 

Anne-Marie Valette.

#1 LouisBarthas a écrit le 27/10/2009 13:45

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Vous dites que qu'il y a simplement eu un transfert d'heures concernant les nouveaux horaires : non, la semaine de classe est passée à 24 h au lieu de 26 h. Seuls quelques élèves conservent 26 h en Aide Personnalisée. Ces 2 h nous manquent beaucoup.

Ce qu'il aurait fallu faire, c'est augmenter de 2 h l'horaire des élèves en difficultés.

Ceci dit, cette Aide Personnalisée est une très bonne chose, en tout cas bien plus efficace que les prises en charge par le Rased.

De toute façon, même à 28 h un élève en difficultés aurait moins d'heures de classe que jusqu'en 1968 où la semaine était de 30 h.

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