La haine et les mauvais sentiments sont partout, y compris chez les élèves : « quelle fraternité ? les élèves qui échouent et ceux qui s'en sortent ont-ils quelque chose de commun ? peut-on se sentir le frère, le concitoyen de celui qui ne réussit qu'à votre détriment ? ».
Dans l'esprit de Meirieu, la réussite individuelle est une mauvaise action contre ceux qui ne réussissent pas. On comprend qu'il veuille supprimer la courbe de Gauss, concrétisant le classement des élèves en mauvais, bons et moyens. Il n'y aurait ainsi plus de bons ni de mauvais, il n'y aurait que des égaux. Meirieu ne s'inquiète guère de niveler les compétences, puisque les connaissances n'ont d'autre finalité que de classer les élèves.
Meirieu met en cause les disciplines abstraites : « Une discipline qui impose une hiérarchisation implacable et organise la séparation des êtres en compartiments étanches est contradictoire par essence avec la vocation de la scolarité obligatoire ». Telle qu'il l'imagine, cette scolarité obligatoire aurait pour but de « transmettre à tous les savoirs et la culture qui constituent le "bien commun" indispensable à l'exercice d'une citoyenneté responsable ». Le projet est idéologique et n'a plus rien à voir avec l'instruction publique et la transmission des connaissances.