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Scène parlementaire



Question parlementaire

Apprentissage de la lecture de M. Philippe Vitel à M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

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Compte-rendu officiel :

Gilles de Robien interrogé par les parlementaires au sujet des méthodes de lecture

M. Philippe Vitel - Monsieur le ministre de l'éducation nationale, le 6 septembre dernier, jour de la rentrée scolaire, vous avez rappelé les mesures mises en ouvre pour assurer la réussite de nos douze millions d'élèves, dont les nouvelles dispositions à même de faciliter l'apprentissage de la lecture par le décodage et l'identification des mots, méthode qui rend rapidement l'enfant autonome. Malheureusement, de nombreux enseignants se montrent récalcitrants face à cette décision ministérielle (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste) pourtant justifiée et attendue. Les parents, en revanche, insistent pour que la circulaire du 3 janvier 2006, qui précise les conditions d'un apprentissage sûr et rapide de la lecture, et l'arrêté du 24 mars 2006, modifiant les programmes en conséquence, prennent immédiatement effet dans toutes les classes de cours préparatoire.
La situation actuelle est inacceptable. Elle provoque des conflits entre parents et enseignants, au détriment des enfants qui n'ont pas à subir les conséquences de cette mauvaise volonté (Protestations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des députés communistes et républicains).

M. Maxime Gremetz - C'est honteux !

M. Philippe Vitel - Quelles sont les décisions et, éventuellement, les sanctions, que vous allez être amené à prendre pour que vos orientations soient respectées ?

M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche - L'apprentissage de la lecture est une clé de la réussite scolaire et de l'apprentissage du socle commun de connaissances et de compétences. Il commence dès le cours préparatoire.

M. Patrick Roy - Avant !

M. le Ministre - .par le déchiffrage des syllabes, pour faire le lien entre les lettres et les sons, permettant au plus grand nombre d'apprendre à lire dans les meilleures conditions possibles. C'est cela la règle de l'école de la République. Il y faut beaucoup de pédagogie et de persuasion. J'ai donc fait éditer une plaquette à 350 000 exemplaires pour les maîtres, ainsi qu'un DVD qui donne l'avis des scientifiques, et je saisis toutes les occasions de sensibiliser les recteurs, ainsi que les inspecteurs - ils étaient 2 000 hier lors de notre rencontre à la Sorbonne.
Mais il y a des résistances.

M. Christian Bataille - Vive la résistance !

M. le Ministre - .dues pour la plupart à une méconnaissance, à une mauvaise information, voire parfois à une désinformation. J'ai donc confié une mission sur ce point à l'Inspection générale, et j'en ferai le meilleur usage, car nous avons un devoir impérieux. D'ailleurs, selon un sondage SOFRES (« Ah ! » sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des députés communistes et républicains), 63 % des enseignants et 82 % des parents approuvent cette réforme (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP). Un maître d'école est responsable dans sa classe, mais la liberté pédagogique - c'est la loi - s'exerce dans le cadre des instructions officielles. La profession d'enseignant, ce n'est pas une profession libérale ou indépendante, c'est une fonction publique, au service d'une mission éminente (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).