• En apparence, tout change : à chaque rentrée scolaire sa réforme ! Mais, pour l'enseignement de la lecture, il n'est pas question du seul changement qui vaille : l'abandon total des méthodes mixtes.
• Pour que rien ne change, on ne se contente pas de promouvoir les méthodes mixtes, on dissuade par tous les moyens les enseignants qui choisissent la méthode syllabique.
lire à ce sujet le témoignage d'une jeune institutrice en CP
• Lorsque l'échec des méthodes officielles d'enseignement de la lecture ne peut plus être dissimulé, l'Education Nationale met en place des contre-feux. Tous les moyens sont bons :
- s'agissant d'un élève, expliquer que, s'il n'a pas appris, c'est qu'il n'est pas mûr pour cela ;
- attribuer les échecs à des causes familiales ou médicales, relevant d'institutions spécialisées ;
- fausser la connaissance des résultats réels, en censurant ce qui déplaît (enquêtes OCDE), en modifiant sans cesse les modalités d'évaluation, enfin en abaissant constamment la difficulté des épreuves pour améliorer les scores. Cette pratique est régulièrement dénoncée par certains enseignants, sans grand résultat.
Voir par exemple la dictée du Brevet 2000.
Voir aussi le Rapport de la Commission Fauroux
• Quant au pouvoir politique – responsable de l'Education Nationale et de ses représentants : experts, encadrement des IUFM, inspecteurs - il fait tout pour détourner l'attention de la cause initiale des échecs : la pratique des méthodes dérivées de la méthode globale. Il s'emploie à banaliser et relativiser l'échec pour que l'accoutumance le rende plus supportable.
Ainsi, à force de répétition, les 20 % d'illettrés à l'entrée en 6ème ou les 10 % à 18 ans deviennent des banalités. Cela détourne l'attention de la seule question pertinente : pourquoi pas 95 % de réussite à la fin du CP ?
Ainsi le Ministre claironne-t-il* le lancement d'un "Plan de prévention de l'illettrisme" et la rédaction d'un Livret "Lire au CP – Repérer les difficultés pour mieux agir".
En 1984, le gouvernement MAUROY crée un "groupe permanent de lutte contre l'illettrisme" dissous en 2000 et remplacé par l'ANLCI – Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme qui a pour mission de "fédérer et optimiser les moyens de tous les acteurs qui concourent à la lutte contre l'illettrisme".
Le pouvoir politique s'attend à être applaudi pour sa détermination, mais on ne peut s'empêcher de penser que la lutte contre l'illettrisme est bien partie … pour des décennies. En quelque sorte, l'illettrisme entre dans les institutions.
Comme des pompiers pyromanes, d'un côté nos ministres alimentent la production d'illettrés en maintenant les méthodes mixtes, de l'autre côté ils prétendent lutter contre le sinistre.
Qui pourrait expliquer comment l'existence de l'illettrisme est compatible avec celle de l'Education Nationale ?
* "Nous avons conçu le plan global de prévention de l'illettrisme que vous connaissez et dont nous avons fait une priorité."
Lire au CP – Livret pour les maîtres des cours préparatoires
Ministère de l'Education Nationale – 14.01.2002
Voir aussi :
>
Témoignage d'une jeune institutrice en CP
>
La dictée du Brevet 2000
>
Rapport Fauroux
>
Lire au CP