L'INSEE vient de publier les résultats de sa dernière enquête sur l'illettrisme. Cette étude a fait, pour quelques jours, les titres dans la presse, qui mettaient en exergue deux informations :
- 1 français sur 10 est illettré
- la proportion est plus forte chez les plus âgés
Une lecture hâtive pourrait amener à conclure que la situation n'est pas si catastrophique, et qu'il n'est pas vrai que "le niveau baisse".
Quelques précisions ne sont pas inutiles pour bien mettre les choses à leur place.
• Selon une définition officielle, les illettrés sont les personnes ayant été scolarisées au moins 5 années en France, qui ne peuvent comprendre seules une information écrite : ces personnes ont des difficultés dans la vie quotidienne, pour lire un journal, remplir un chèque, etc…
• Autrement dit, le niveau requis pour ne pas être classé "illettré" est très modeste : il suffit de comprendre des écrits simples de la vie courante. Les tests de l'enquête INSEE se conforment à cette norme : lire le titre et les noms des invités d'une réunion, noter une liste de courses, comprendre le résumé d'un film, etc…
• Les tests, et leur notation, permettent de classer les personnes dans des catégories telles que :
- personnes éprouvant de graves difficultés face à l'écrit (4 %)
- personnes éprouvant des difficultés moins graves mais suffisamment fortes pour rendre difficile une communication par l'écrit (5 %)
- personnes ayant quelques lacunes et, en fait, ne maîtrisant pas complètement l'écrit (7 %)
Les personnes des deux premières catégories, soit 9 %, sont considérées comme illettrées.
• La nature de ces tests, les modalités de notation, la définition des catégories énumérées ci-dessus, sont en partie conventionnelles et d'ailleurs en évolution ; ce ne sont pas les mêmes que dans l'enquête INSEE précédente de 2002.
• La précision apparente des taux annoncés ne doit donc pas faire oublier l'imprécision foncière de la mesure.
Qu'en retenir néanmoins ?