La guerre des méthodes a fait long feu car, selon l'auteur (R.GOIGOUX ndlr), moins de 10% des 35000 enseignants de CP utilisent encore des méthodes syllabiques, mixtes ou globales qui sont toutes en voie de disparition.
Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, 90% donc, tout aussi ignorants, utilisent d'autres méthodes comme celles citées par l'auteur : Abracadalire, Crocolivre, Gafi, Ribambelle, etc dont il estime le plus sérieusement du monde que « si elles ont fait la preuve de leur efficacité, elles présentent cependant un défaut majeur, celui de n'avoir pas de nom, pas même un qualificatif qui permettrait de les regrouper et de les distinguer des trois précédentes »
C'est pour combler ce qu'il considère comme une grave lacune que notre universitaire créatif propose de leur attribuer enfin le nom qu'elles méritent à ses yeux. ! C'est ainsi que le 2 septembre 2005 marquera dans l'histoire des pédagogies la naissance des « méthodes intégratives » qui sont d'ailleurs, nous affirme l'auteur, les seules qui existent depuis de nombreuses années alors que les autres ont pratiquement disparu du paysage !
Et voilà !, il suffisait d'un zeste de créativité sémantique pour que les Abracadalire, Crocolivre, Gafi, Ribambelle…etc…, puissent poursuivre sans obstacle leur brillante carrière !
Mais brillante pour qui ? Pas pour les élèves en tous cas si l'on regarde année après année les résultats en début de classe de 6 ème des évaluations faites par le ministère
Voici ceux de la rentrée 2004 (ils sont publics et peuvent être consultés sur le site web du ministère) :
-item « maîtriser les outils de la langue pour lire » : 42,5 % n'ont pas acquis cette compétence
-item « maîtriser les outils de la langue pour écrire » : 53% n'y parviennent pas
-item « produire un texte » : 39,5% en sont incapables !
Serait il possible, vu leur ancienneté, que les méthodes « intégratives » chères à notre grand maître aient quelques responsabilités dans les performances désastreuses des élèves de 6 ème affichées par l'administration dont il est un membre éminent ?.
A vrai dire, il reste à notre magicien un petit effort à faire pour évacuer cette question iconoclaste ; il lui suffit de « casser le thermomètre » des évaluations ou d'en créer un autre plus complaisant permettant de valoriser comme il sied aux yeux de l'opinion sa « révolution culturelle ».
Je ne serais pas étonnée que ce soit l'un de ses prochains chantiers !