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La conférence de presse de Nicolas Sarkozy, 8 janvier 2008

Une priorité : l'école primaire, qui doit redevenir l'école du savoir



La conférence de presse de Nicolas Sarkozy, 8 janvier 2008
On trouve quelques phrases sur l'enseignement dans l'exposé introductif (texte intégral sur www.elysee.fr). Quatre ont retenu notre attention :


"Maintenant, il s'agit d'aller au fond des choses, c'est-à-dire de s'occuper de ce que l'on veut enseigner à nos enfants, de ce qu'on veut leur transmettre comme connaissances [ … ]
Je m'impliquerai dans la mise en oeuvre des orientations que j'ai définies dans cette lettre, pour bâtir une école du savoir, de la civilité, du respect et de la culture, une école où on inculque le goût d'apprendre, la curiosité intellectuelle, l'ouverture d'esprit, le sens de l'effort et du travail, de la pensée, mais aussi le respect de l'autorité du professeur, la politesse, où l'on enseigne le civisme."

Nicolas Sarkozy reprend intentionnelle- ment certains termes de sa Lettre aux éducateurs. Ainsi, pour la première fois depuis 40 ans, un Président de la République remet à l'honneur l'école du savoir, ce qui allait de soi au temps lointain de l'Instruction publique. A juste titre il souhaite commencer par l'école primaire :

"La priorité de cette politique éducative ira à l'école primaire, que l'on a trop longtemps délaissée sans voir que son affaiblissement était la cause principale des difficultés croissantes du collège"

Félicitons-nous de cette priorité reconnue à l'enseignement primaire, qui couronne des années d'efforts des instituteurs et des parents résistants. C'est l'axe principal de notre action depuis 9 ans. Ainsi, en 2007, nous avons organisé le colloque "L'école primaire, une étape fondatrice ", nous avons adressé aux candidats à la présidentielle une lettre centrée sur le primaire, nous avons soutenu le pacte pour la refondation de l'école initié par Laurent Lafforgue.


Dans le domaine de l'Education Nationale comme dans d'autres, il faut parfois aux hommes politiques un vrai courage pour reconnaître publiquement une évidence. Mais, ici, nous regrettons qu'une plume trop timide – ou mal informée – exprime que l'école primaire a été "délaissée", ce qui laisse supposer que personne ne s'en occupait. Or elle n'a pas été délaissée ; elle a été abandonnée à des personnages néfastes qui ont activement œuvré pour en faire ce qu'elle est avec, sauf exception, la complicité du pouvoir politique, dans une indifférence stupéfiante de la majorité des citoyens.

Tous ceux qui veulent bien s'informer savent aussi que les difficultés croissantes du collège affectent depuis longtemps les lycées, et que depuis quelques années le mal s'étend à l'enseignement supérieur, l'origine étant toujours l'enseignement primaire. Cela aurait pu être dit, sans allonger beaucoup le discours présidentiel.



"Cette politique prendra du temps, du temps pour être mis en œuvre, du temps pour produire ses effets".

En effet, il faudra bien dix ans pour refonder l'enseignement primaire. Voir à ce sujet La rentrée de Xavier Darcos : une longue période de transition – l'urgent et le transitoire.

Nicolas Sarkozy veut sans doute nous forcer à regarder cette réalité en face, non pas pour nous décourager devant l'ampleur de la tâche, mais pour nous convaincre nous-mêmes de l'urgence d'agir.

"Retroussons nos manches" disait à peu près un slogan de 1945, avant dix années de reconstruction.